
La Marine française, appuyée par le Royaume-Uni, saisit le pétrolier Tagor de la flotte fantôme russe dans l'Atlantique ; le Kremlin crie à la « piraterie »
Les forces navales françaises, avec le soutien d'un hélicoptère britannique, ont arraisonné et saisi le pétrolier sanctionné Tagor dans l'Atlantique dimanche, la quatrième interception de ce type d'un navire suspecté d'appartenir à la flotte fantôme russe depuis septembre. Le Kremlin a dénoncé une opération qui confinerait à la piraterie internationale.
L'interception
Des commandos de la Marine française ont descendu en rappel d'un hélicoptère sur le pont du pétrolier Tagor dimanche, s'emparant du navire à environ 400 milles nautiques (plus de 740 kilomètres) à l'ouest de la péninsule bretonne. Le président Emmanuel Macron a annoncé l'opération lundi sur X, en publiant une vidéo de l'arraisonnement. Le navire avait quitté Mourmansk le 30 mai, à destination de Limbé, au Cameroun, et battait un pavillon dont les autorités françaises ont rapidement déterminé qu'il était probablement frauduleux.
Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que la Russie mène depuis plus de 4 ans contre l'Ukraine.
Le procureur de la République de Brest, Stéphane Kellenberger, a déclaré que le capitaine russe avait refusé à plusieurs reprises de se conformer aux ordres français, obligeant les autorités à prendre le contrôle du navire. Une enquête pénale a été ouverte pour défaut de pavillon et refus d'obéir aux ordres. Les 23 membres d'équipage ont été escortés par la Marine nationale jusqu'à un mouillage pour inspection approfondie.
Le rôle britannique
Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a confirmé qu'un hélicoptère opérant depuis la frégate HMS Somerset a fourni un soutien pendant l'opération. Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait annoncé en mars que les forces britanniques étaient autorisées à arraisonner les navires russes sanctionnés. Cependant, une analyse de BBC Verify a révélé que près de 200 navires de la flotte fantôme ont traversé les eaux britanniques entre l'annonce de Starmer et le 11 mai.
Avec nos alliés, nous intensifions nos efforts contre les navires de la flotte fantôme afin de couper les financements de l'invasion criminelle de l'Ukraine par Poutine.
La flotte fantôme
La Russie utiliserait des centaines de pétroliers vieillissants pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole, essentielles au financement de la guerre en Ukraine sans déclencher d'inflation intérieure ni d'effondrement monétaire. Le Tagor est le quatrième navire suspecté d'appartenir à cette flotte fantôme que la France a intercepté depuis septembre 2025. Les interceptions précédentes incluent le Boracay en septembre, le Grinch en janvier 2026 et le Deyna en mars 2026. Le Grinch a été libéré en février après avoir payé une amende de plusieurs millions d'euros, et la France a annoncé en avril qu'elle doublerait les pénalités pour les infractions de pavillon.
- Pétrolier Boracay arraisonné au large de la Bretagne ; le capitaine plus tard condamné par contumace à un an de prison et 150 000 € d'amende.
- Pétrolier Grinch intercepté en mer Méditerranée.
- Grinch libéré après paiement d'une pénalité de plusieurs millions d'euros.
- Pétrolier Deyna arraisonné en mer Méditerranée.
- La France annonce le doublement des pénalités pour infractions de pavillon afin de renforcer la lutte contre la flotte fantôme.
- Pétrolier Tagor arraisonné dans l'Atlantique avec soutien d'un hélicoptère britannique ; enquête pénale ouverte à Brest.
La réaction du Kremlin
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié l'opération d'illégale et a déclaré qu'elle confinait à la piraterie internationale. Il a ajouté que la Russie prenait des mesures pour assurer la sécurité de la cargaison du pétrolier. L'ambassade de Russie à Paris a confirmé que le capitaine est un citoyen russe et a demandé aux autorités françaises des informations sur le sort des ressortissants russes à bord.
Nous considérons ces actions comme illégales ; elles confinent à la piraterie internationale. Nous sommes catégoriquement en désaccord avec le fait qu'elles soient menées en toute conformité avec le droit international.
Enjeux environnementaux et juridiques
Macron a souligné que les navires qui bafouent les règles maritimes de base constituent également une menace pour l'environnement et la sécurité publique. Le Tagor avait changé plusieurs fois de pavillon, ayant auparavant battu ceux de Madagascar et du Cameroun, et serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon Opensanctions.org. L'arraisonnement a été effectué conformément à la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer, qui permet l'inspection des navires suspectés de battre un faux pavillon.


