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La France monte à bord du pétrolier russe de la « flotte fantôme » Tagor dans l'Atlantique avec le soutien du Royaume-Uni, quatrième interception de ce type

Les forces navales françaises, appuyées par le Royaume-Uni, ont intercepté dimanche le pétrolier russe sanctionné Tagor dans l'océan Atlantique, a annoncé le président Emmanuel Macron, alors que Paris intensifie sa répression contre les navires contournant les sanctions imposées en raison de la guerre en Ukraine.

L'interception

Le personnel de la Marine nationale française est monté à bord du Tagor dimanche matin dans les eaux internationales de l'Atlantique, à plus de 400 milles nautiques (environ 740 kilomètres) à l'ouest de la pointe de la Bretagne. Le navire venait de Mourmansk, dans le nord de la Russie. Le président Emmanuel Macron a confirmé l'opération lundi, déclarant qu'elle avait été menée « avec le soutien de plusieurs partenaires, dont le Royaume-Uni, dans le strict respect du droit de la mer ».

Il est inacceptable que des navires contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que la Russie mène contre l'Ukraine depuis plus de quatre ans.

Après qu'une équipe d'inspection est montée à bord du pétrolier, un examen de ses documents « a confirmé les soupçons concernant l'irrégularité du pavillon arboré », selon la préfecture maritime de l'Atlantique. Un rapport a été transmis au procureur de la République à Brest, qui a compétence dans le cadre du système judiciaire maritime français. Le navire est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour des vérifications supplémentaires.

La flotte fantôme

La Russie s'appuie sur une soi-disant « flotte fantôme » — souvent des pétroliers vieillissants naviguant sous pavillon étranger, avec des structures de propriété opaques et une documentation douteuse — pour continuer à exporter du pétrole malgré les restrictions occidentales. Les estimations françaises situent la taille de cette flotte entre 800 et 1 000 navires, tandis que les statistiques de l'UE citées par les médias polonais suggèrent que près de 590 navires pourraient être impliqués. Le Tagor lui-même est sous sanctions de l'Union européenne, du Royaume-Uni, de l'Ukraine et des États-Unis. Selon le Trésor américain, le navire navigue sous pavillon panaméen, bien que le service de suivi des navires VesselFinder indique qu'il arbore actuellement le pavillon de Madagascar.

Ces navires, qui ne respectent pas les règles les plus élémentaires de la navigation maritime, constituent également une menace pour l'environnement et la sécurité de tous.

Macron a souligné que la détermination de la France à lutter contre la flotte fantôme est « constante et totale ».

Un schéma de mise en application

L'abordage de dimanche marque la quatrième opération de ce type menée par la France contre des pétroliers liés à la Russie. Les interceptions précédentes incluent le Boracay, arrêté au large de la Bretagne en septembre 2025 alors qu'il naviguait sans pavillon ; le Grinch, détenu en mer d'Alboran le 22 janvier 2026 sous un faux pavillon comorien ; et le Deyna, intercepté en Méditerranée occidentale le 20 mars 2026. Les trois navires ont finalement été libérés après que leurs propriétaires ont payé des amendes.

Interceptions françaises de pétroliers de la flotte fantôme russe
  1. Boracay intercepté au large de la Bretagne alors qu'il naviguait sans pavillon
  2. Grinch détenu en mer d'Alboran sous un faux pavillon comorien
  3. Deyna intercepté en Méditerranée occidentale soupçonné d'opérer sous faux pavillon
  4. Tagor arraisonné dans l'Atlantique à l'ouest de la Bretagne avec le soutien du Royaume-Uni

Suite à l'affaire du Deyna, le gouvernement français a annoncé le 8 avril 2026 son intention de doubler les pénalités pour les infractions de « défaut de pavillon » et de « refus de se conformer », visant à renforcer son arsenal juridique contre les navires de la flotte fantôme.

Dimension internationale

L'opération souligne la coordination croissante des Occidentaux contre le contournement des sanctions en mer. L'implication du Royaume-Uni met en évidence l'alignement continu de Londres sur les efforts européens de mise en application maritime. Le Tagor, comme d'autres navires interceptés, est soupçonné de transporter du pétrole brut russe vers des destinations telles que la Chine et l'Inde, aidant Moscou à maintenir des revenus qui financent son effort de guerre. La communication publique de Macron sur les réseaux sociaux, accompagnée d'images de l'abordage, signale l'intention de Paris de démontrer visiblement sa détermination à faire respecter les sanctions.

Brest · Mourmansk

8 sources

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