
La France propose de nouveaux frais pour les classes préparatoires publiques et les BTS dans le projet de budget 2027
Le gouvernement français prévoit de faire payer 178 € par an aux étudiants non boursiers en BTS et 270 € en classes préparatoires à partir de 2027, mettant fin à la gratuité dans les filières publiques des lycées.
Des frais d'inscription proposés pour les filières du supérieur
Le projet de loi de finances pour 2027 introduit des frais d'inscription annuels pour les étudiants non boursiers inscrits en brevet de technicien supérieur (BTS) et en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) rattachées à des lycées publics. Selon l'article 54 du texte présenté le 1er octobre 2026, les étudiants non boursiers paieront 178 € par an en BTS et 270 € par an en CPGE. Les boursiers, les pupilles de la Nation et de la République, ainsi que les étudiants titulaires du statut de réfugié ou de demandeur d'asile resteront totalement exonérés. Ces frais seront également indexés chaque année sur l'inflation.
Les filières des lycées publics n'ont historiquement pas facturé de frais de scolarité, même si les étudiants de CPGE acquittent déjà d'autres frais obligatoires de l'enseignement supérieur. Les élèves de prépa doivent s'inscrire en parallèle dans une université pour environ 180 € par an et payer la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), qui s'élève à 105 € pour les étudiants non boursiers cette année. Avec les 270 € de frais d'inscription, le coût annuel direct pour un étudiant non boursier en CPGE passera de 285 € à 555 €. Selon le projet de loi, la mesure représente 33 millions d'euros de crédits au sein du budget de l'Éducation nationale.
- Coût annuel actuel
- 285 €
- Coût annuel proposé en 2027
- 555 €
Disparités de dépenses publiques et effectifs
Dans le texte budgétaire, le gouvernement défend la nouvelle structure tarifaire au nom de l'équité, qualifiant la gratuité des inscriptions dans les filières des lycées publics de singularité au sein du système d'enseignement supérieur français. Les responsables font valoir que la gratuité uniforme s'applique sans considération des ressources des étudiants, contrairement au système universitaire où les frais d'inscription varient selon les revenus et le statut. Le gouvernement qualifie également de modestes les sommes d'inscription prévues.
L'administration souligne que les CPGE et les BTS nécessitent des dépenses publiques annuelles plus élevées que les cursus universitaires classiques. La dépense de l'État par étudiant s'élève en moyenne à 19 000 € par an en CPGE et à 17 000 € par an en BTS, contre 12 500 € par an pour les étudiants à l'université. La proposition note aussi la croissance des effectifs sur le long terme dans ces filières sélectives. Les classes préparatoires sont passées de quelques milliers d'étudiants à la fin des années 1940 à 40 000 en 1980, 64 000 en 1990 et 87 000 en 2024. En parallèle, les BTS accueillent aujourd'hui 217 000 étudiants dans le pays.
- Classes préparatoires (CPGE)
- 19000 €
- BTS
- 17000 €
- Cursus universitaires
- 12500 €
Vives critiques syndicales et politiques
L'annonce de cette mesure a coïncidé avec des manifestations étudiantes, des blocages de lycées et des affrontements signalés dans plusieurs villes françaises. Les dirigeants syndicaux et les responsables politiques de gauche ont rejeté les dispositions du projet. Intervenant sur Franceinfo le 1er octobre 2026, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a critiqué le calendrier budgétaire et mis en cause l'approche du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Alors que nos lycées sont en feu, au sens propre comme au sens figuré malheureusement, le budget contient une provocation supplémentaire en instaurant des frais d'inscription pour les étudiants de BTS et de classes préparatoires.
Binet a appelé les partis politiques à amender le projet de loi de finances 2027 ou à voter la censure du gouvernement si les mesures restent en l'état, affirmant que le texte ne prévoit aucune ressource supplémentaire pour les lycées. Revenant sur les incidents, Binet a déclaré que la violence nuit au mouvement tout en condamnant la stratégie sécuritaire du gouvernement, jugeant irresponsable de gérer les manifestations lycéennes via le ministère de l'Intérieur. Le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a écrit sur X que le gouvernement avait choisi une mobilisation active de la jeunesse pour approfondir l'injustice sociale dans l'enseignement supérieur.


