Généré par IA·En savoir plus
© The Next Web
Diplomatie·-2 h

La France abandonne Palantir du contrat DGSI six mois après le renouvellement, mise sur le français ChapsVision

Six mois après avoir renouvelé son contrat avec Palantir pour trois ans, la DGSI se prépare à abandonner l’américain au profit d’ArgonOS de ChapsVision, dans le cadre d’une initiative de souveraineté en IA de 655 millions d’euros annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le changement

La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) remplacera les outils d’analyse de données de Palantir par ArgonOS, une plateforme développée par l’entreprise française ChapsVision, a annoncé mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu. La décision constitue un revirement brutal : Palantir avait annoncé en décembre 2025 le renouvellement de son contrat avec la DGSI pour trois ans, prolongeant une relation qui durait depuis près d’une décennie. Le gouvernement n’a pas expliqué comment les deux décisions s’articulent, laissant une séquence embarrassante.

Ce remplacement est l’aboutissement d’un appel d’offres lancé en 2022 pour un outil de traitement de données hétérogènes. ChapsVision a concouru aux côtés de la coentreprise Thales-Eviden Athea et d’autres. Fin 2025, aucun des candidats nationaux n’avait atteint le stade opérationnel, ce qui a maintenu Palantir en place. L’annonce indique que le gouvernement juge désormais l’alternative nationale suffisamment mature pour s’y engager.

Poussée de souveraineté

Lecornu a présenté cette décision dans le cadre d’une initiative plus large visant à placer la technologie souveraine au cœur de l’État français. Dans une vidéo sur les réseaux sociaux, il a annoncé 655 millions d’euros (760 millions de dollars) de nouveaux investissements publics dans le développement de l’IA propre au pays et a déclaré que tous les fonctionnaires auront accès à un assistant IA basé sur la technologie de Mistral AI, une entreprise française.

Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le domaine numérique.

Il a ajouté que la France ne doit pas « dépendre de la bonne volonté de certains partenaires, capables de fermer le robinet d’accès » à l’intelligence artificielle – une référence directe à la décision de Washington la semaine dernière de couper l’accès au modèle Fable d’Anthropic pour les utilisateurs non américains.

Tendance européenne

La décision française s’inscrit dans une réévaluation européenne plus large. Le service de renseignement intérieur allemand, le BfV, a récemment choisi ChapsVision plutôt que Palantir pour sa propre analyse de données, et la Bundeswehr a insisté pour obtenir un cloud sécurisé sans accès structurel à des entreprises étrangères. Au Royaume-Uni, des parlementaires ont appelé plus tôt ce mois-ci le National Health Service à mettre fin à son contrat de 330 millions de livres sterling avec l’entreprise américaine.

La dépendance à un petit nombre de fournisseurs basés aux États-Unis représente une vulnérabilité claire.

Commission parlementaire britannique pour la science, l'innovation et la technologie

Le bureau du maire de Londres a également bloqué une tentative de la Metropolitan Police de travailler avec Palantir. La tendance est que les gouvernements européens reconsidèrent la part de leurs infrastructures les plus sensibles qui devraient fonctionner sur des logiciels américains.

Contexte politique et commercial

Palantir a été cofondé par Peter Thiel, un milliardaire de droite proche du président américain Donald Trump et soutenu par la CIA. L’entreprise a travaillé avec le gouvernement américain pour identifier les immigrants sans papiers et les cibles dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Des groupes de campagne avertissent que ses produits risquent la surveillance de masse et des violations de la protection des données ; Palantir insiste sur le fait qu’il fournit simplement des services puissants de traitement de données.

La branche française de Palantir n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. La coupure de Fable a déjà suscité des appels à une plus grande indépendance en IA de la part de candidats de tout l’éventail politique pour l’élection présidentielle française de l’année prochaine.

Chronologie du retrait français de Palantir
  1. La France lance un appel d'offres pour un outil de traitement de données hétérogènes.
  2. La DGSI renouvelle le contrat Palantir pour trois ans supplémentaires.
  3. L'accès au modèle Fable d'Anthropic coupé pour les utilisateurs non américains.
  4. Le Premier ministre Lecornu annonce que la DGSI remplacera Palantir par ChapsVision ArgonOS et dévoile un plan IA de 655 millions d'euros.
  5. Des parlementaires britanniques exhortent le NHS à mettre fin au contrat Palantir ; le BfV allemand a déjà choisi ChapsVision.
Paris

5 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie