
La FIFA accuse l'UEFA de campagne de dénigrement devant les tribunaux américains à propos des droits de la Coupe du monde
La FIFA a déposé des requêtes devant les tribunaux fédéraux américains pour empêcher l'UEFA d'obtenir des documents internes destinés à d'éventuelles procédures pénales suisses contre le président Gianni Infantino au sujet d'un accord d'investissement abandonné de 4,2 milliards de dollars pour la Coupe du monde.
Confrontation juridique devant les tribunaux américains
L'instance dirigeante du football mondial, la FIFA, a déposé des requêtes devant les tribunaux fédéraux des États-Unis pour bloquer les demandes de divulgation soumises par son homologue européen, l'UEFA. Cette action en justice fait suite à la demande de l'UEFA d'obtenir des documents internes, des communications et des témoignages sous serment d'entités américaines concernant le projet abandonné FIFA Forward Enterprise. L'UEFA a soumis quatre demandes de citation à comparaître distinctes dans trois États américains à la fin du mois d'août 2026, dont une requête ex parte devant le tribunal de district des États-Unis pour le district sud de New York. Les responsables européens ont déclaré qu'ils avaient l'intention d'utiliser les documents obtenus pour étayer d'éventuelles procédures pénales en Suisse contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour des soupçons de mauvaise gestion criminelle. Dans une motion en intervention déposée le 1er septembre 2026 par les filiales FIFA Americas Inc. et FWC2026 US Inc., l'avocat H Christopher Boehning a demandé au tribunal de New York de reporter toute décision et de permettre à la FIFA de s'opposer formellement aux demandes d'ici le 30 septembre 2026.
Bien que ces requêtes soient présentées comme des actes juridiques avec des intitulés et des numéros de dossier, elles ne sont guère plus que des communiqués de presse en soutien à la campagne de dénigrement de l'UEFA contre la FIFA et sa direction.
Projet d'investissement privé abandonné
Le litige juridique porte sur le projet controversé FIFA Forward Enterprise, qui visait à transférer les opérations commerciales et événementielles des Coupes du monde masculine et féminine à une société commerciale dédiée. Selon les termes de la proposition, la société d'investissement privée Thrive Capital, dirigée par Joshua Kushner, aurait acquis une participation de 20 % dans l'entité via un véhicule d'investissement nommé Thrive Eternal pour 4,2 milliards de dollars, avec la participation consultative supplémentaire de JP Morgan. L'UEFA a critiqué cette valorisation comme un prix hors marché négocié sans enchères ouvertes ni consultation adéquate des 211 associations membres de la FIFA. En réponse à la proposition initiale, les 55 nations membres de l'UEFA se sont réunies en session d'urgence fin juillet 2026 et ont menacé de boycotter totalement les futures compétitions de la FIFA. Face à l'opposition unifiée des instances dirigeantes régionales, la FIFA a retiré le plan d'investissement le 31 juillet 2026, incitant l'UEFA à lever son boycott des tournois proposé.
- La FIFA retire la proposition FIFA Forward Enterprise suite à l'opposition des confédérations régionales
- L'UEFA dépose des demandes de divulgation devant les tribunaux fédéraux américains pour obtenir des documents de la FIFA et des partenaires commerciaux
- La FIFA soumet une motion en intervention devant le tribunal fédéral de New York pour stopper les demandes de divulgation de l'UEFA
- Date limite demandée par la FIFA pour déposer une opposition formelle aux citations à comparaître de l'UEFA
- Date prévue pour la prochaine élection présidentielle de la FIFA
Conflits de compétence et rivalités commerciales
Dans son mémoire du 1er septembre 2026, la FIFA a affirmé que l'UEFA n'a pas qualité pour demander une divulgation aux États-Unis car aucune procédure pénale active n'existe en Suisse. L'équipe juridique de la FIFA a fait valoir que l'UEFA a contourné les autorités judiciaires suisses en s'adressant directement aux tribunaux américains et n'a subi aucune perte financière directe d'une proposition qui n'a jamais été mise en œuvre. L'instance dirigeante a soutenu que la divulgation forcée violerait les obligations de confidentialité et exposerait des documents commerciaux exclusifs impliquant Infantino et des conseillers externes. La FIFA a également affirmé que l'opposition européenne était motivée économiquement pour préserver la domination des compétitions de clubs et des tournois internationaux européens sur les marchés en développement. Pour étayer son argument, la FIFA a cité le président de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto'o, affirmant qu'un financement accru pour les petites associations membres permettrait à davantage de joueurs de rester dans leurs championnats nationaux plutôt que de partir vers des équipes européennes.
Pression politique avant l'élection présidentielle
Les dépôts de plainte coïncident avec la détérioration du soutien politique à Infantino alors qu'il se prépare pour un éventuel quatrième mandat présidentiel en mars 2027. La résistance à l'administration d'Infantino s'est consolidée dans trois instances continentales, l'UEFA étant rejointe par la Confédération asiatique de football et la CONCACAF pour discuter d'un éventuel vote de défiance. Plusieurs fédérations nationales de football ont également retiré leur soutien officiel à sa candidature après l'opération commerciale. Alors qu'une objection précédente déposée par la FIFA dans le district sud de la Floride a été accordée par un juge le lendemain, le tribunal de New York doit maintenant déterminer si les responsables du football européen peuvent contraindre les partenaires financiers américains à divulguer des informations avant la fin septembre 2026.

