
La Diète polonaise adopte la « lex szarlatan » pour lutter contre la pseudo-médecine, avec des amendes allant jusqu'à un million de złotys
La Diète polonaise a voté à 232 voix pour, 34 contre et 162 abstentions en faveur du projet de loi « lex szarlatan », accordant au médiateur des patients de nouveaux pouvoirs pour émettre des avertissements publics, imposer des amendes allant jusqu'à un million de złotys et intervenir dans les affaires civiles liées aux pratiques pseudo-médicales.
Répartition des votes
La chambre basse du parlement polonais a adopté vendredi l'amendement à la loi sur les droits des patients, avec 232 voix pour, 34 contre et 162 abstentions. Les partis de la coalition au pouvoir (Coalition civique, Gauche, Parti paysan polonais, Centre et Pologne 2050) ont soutenu le texte, tout que le cercle parlementaire Razem. La Konfederacja et la Konfederacja Korony Polskiej ont voté contre. Droit et Justice (PiS) s'est largement abstenu (160 députés), avec sept votes contre et 19 absents.
La réglementation actuelle ne permet pas à l'institution du médiateur des patients de traiter avec les fraudeurs et les charlatans.
Nouveaux pouvoirs pour le médiateur des patients
La loi, rédigée par le ministère de la Santé avec le médiateur des patients, dote ce dernier d'outils pour agir contre les services qui contredisent les connaissances médicales actuelles. Le médiateur pourra émettre des avertissements publics lorsqu'une partie se livre à des pratiques pouvant mettre en danger les patients, et prendre des décisions provisoires ordonnant l'arrêt immédiat d'actions spécifiques avant la conclusion de la procédure. Le médiateur obtient également le droit d'exiger l'ouverture de procédures civiles concernant les droits des patients et d'y participer, avec le même statut qu'un procureur.
La législation concerne également la phytothérapie, visant à séparer la phytothérapie sûre et séculaire qui soutient le traitement conventionnel du charlatanisme dangereux. Une fois la loi en vigueur, aucune entité ne sera autorisée à fournir des services de santé sans être officiellement inscrite au registre des entités exerçant une activité médicale.
Amendes et exécution
Le ministère de la Santé et le médiateur des patients ont fixé des sanctions financières substantielles. Les violations des droits collectifs des patients peuvent entraîner des amendes allant jusqu'à un million de złotys, tandis que le défaut de coopération avec le médiateur est passible d'une amende allant jusqu'à 100 000 złotys. Des sanctions peuvent être imposées même si une entité cesse ses activités juste avant qu'une décision ne soit rendue.
Débat et amendements
Lors de la deuxième lecture jeudi, la Konfederacja a demandé le rejet du projet de loi. Plusieurs députés ont proposé des amendements. Marcelina Zawisza (Razem) a estimé que le projet était trop étroit, limité aux services pseudo-médicaux, et qu'il devrait également couvrir le commerce de préparations et de dispositifs vendus aux malades comme de faux espoirs. Jarosław Sachajko (Démocratie directe) a cherché à exclure l'ostéopathie, l'acupuncture, la naturopathie et la médecine traditionnelle chinoise du catalogue des services pseudo-médicaux lorsque le praticien possède des qualifications documentées et n'induit pas les patients en erreur.
Un mécanicien ayant un niveau d'études secondaires, décrit par le journaliste Michał Janczura, s'est fait passer pour un gynécologue et a perforé l'utérus de femmes. Certaines d'entre elles sont mortes.
Le projet est une réponse au traitement du cancer par des méthodes d'efficacité non prouvée, à l'abandon du traitement au profit de la méditation, ou au traitement de maladies par biorésonance.
Les opposants ont averti que la définition de la pseudo-médecine est trop large et pourrait nuire à la médecine complémentaire légitime, au coaching santé et aux thérapies naturelles. Ils ont fait valoir qu'elle limite la liberté de choix des patients et menace les pratiques alternatives telles que l'homéopathie, la naturopathie, la bioénergétique et certaines formes d'acupuncture pratiquées en dehors des professions médicales.
Prochaines étapes
Le projet de loi est maintenant transmis au Sénat. S'il est adopté, il sera soumis au président Karol Nawrocki pour signature.

