
Le mandat de la Cour suprême s'achève : les droits de douane et le décret sur le droit du sol de Trump annulés, mais le pouvoir exécutif renforcé
La Cour suprême des États-Unis a conclu un mandat décisif en invalidant les droits de douane et le décret sur le droit du sol du président Trump, tout en lui accordant simultanément une autorité inédite sur les agences fédérales et l'application des lois sur l'immigration.
Un mandat décisif
La Cour suprême a clos son mandat mardi, rendant des décisions dans près de 60 affaires. La supermajorité conservatrice de six juges a offert des victoires longtemps attendues au mouvement juridique conservateur, tout en freinant parfois les politiques les plus audacieuses du président Trump.
Les lourdes défaites de Trump
Une coalition idéologiquement diverse a invalidé les droits de douane généralisés du président sur les importations en provenance de presque tous les partenaires commerciaux. La Cour a également rejeté catégoriquement la tentative de Trump de mettre fin au droit du sol pour les bébés nés de parents immigrés sans papiers et de visiteurs temporaires, une politique qui allait à l'encontre de plus de 125 ans de jurisprudence. Les juges ont également empêché Trump de licencier immédiatement la gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa D. Cook, sur la base d'allégations non prouvées.
Tant pis pour notre pays.
Renforcement du pouvoir présidentiel
Malgré ces revers, la majorité conservatrice a annulé un précédent vieux de 90 ans, ouvrant la voie aux présidents pour licencier les dirigeants des agences indépendantes en raison de désaccords politiques. Cette décision, prise par 6 voix contre 3, bouleverse la structure du gouvernement fédéral et affaiblit la capacité du Congrès à limiter le président. Elle soulève des questions sur la capacité des agences régulant le travail, les élections, les communications et l'environnement à continuer de fonctionner de manière indépendante.
Le titre pourrait être « La Cour freine Trump », mais la ligne directrice est une concentration du pouvoir vers la présidence, vers la Cour elle-même et loin du Congrès, des agences fédérales et des électeurs.
Immigration et droit de vote
La Cour a affirmé la large autorité présidentielle en matière d'application des lois sur l'immigration, se rangeant du côté de l'administration sur la limitation de l'amnistie et la suppression du statut de protection temporaire pour des centaines de milliers d'immigrés. Elle a également rendu plus difficile la demande de protection pour les réfugiés. Par ailleurs, la majorité conservatrice a considérablement restreint la loi sur le droit de vote, permettant aux États dirigés par les républicains de redessiner les circonscriptions électorales et de démanteler les circonscriptions à majorité noire avant les élections de mi-mandat.
L'exception de la Réserve fédérale
Dans une exception notable, la Cour a protégé l'indépendance de la Réserve fédérale en bloquant le licenciement immédiat de la gouverneure Cook. Cette décision a préservé la capacité de la banque centrale à fixer la politique monétaire sans pression politique directe, même si d'autres agences indépendantes ont perdu leur protection.
Il y aura des exceptions occasionnelles, mais je pense que c'est une Cour très conservatrice et très forte, avec la conception la plus large du pouvoir présidentiel que nous ayons jamais vue.


