
La Chine bloque la déclaration conjointe du G20 à Asheville, 19 membres soutiennent le texte de la présidence sur le commerce
Un sommet financier du G20 à Asheville s'est achevé sans communiqué conjoint après que la Chine a contesté le langage sur les déséquilibres commerciaux, poussant les États-Unis à publier une déclaration de la présidence soutenue par 19 membres.
Consensus rompu sur le commerce chinois
La réunion de deux jours du G20 des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales à Asheville, en Caroline du Nord, s'est conclue mardi sans communiqué conjoint après que la Chine a rejeté le texte économique proposé. En lieu et place d'une déclaration unanime, les États-Unis ont publié une déclaration de la présidence approuvée par 19 membres. Des responsables du Trésor américain ont confirmé que les délégués chinois ont contesté quatre domaines spécifiques, notamment le langage sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, la dépendance aux exportations, la surveillance du Fonds monétaire international et les restructurations de dettes souveraines. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent avait exhorté les États membres à réexaminer leurs conditions commerciales avec Pékin, citant une hausse de 23,9 % sur un an des exportations chinoises en juillet. Le commissaire européen à l'Économie Valdis Dombrovskis a noté que la résolution des déséquilibres nécessite que la Chine dépense davantage et que les États-Unis réduisent leur déficit commercial annuel, qui dépasse 1 000 milliards de dollars. La déclaration finale de la présidence a omis les mentions explicites des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
Nous pensons que les économies non marchandes qui déversent un flux ininterrompu d'exportations bon marché n'est pas durable.
Frictions européennes et présence russe
Des responsables européens ont exprimé leur frustration lors des réunions d'Asheville face à la présence du ministre russe des Finances Anton Silouanov, invité par la délégation hôte. Une photo de groupe traditionnelle des responsables financiers a été prise lundi sans Silouanov suite aux objections des représentants européens, qui ont noté avoir été informés tardivement de son arrivée. Dombrovskis a mis en garde contre une normalisation du statut diplomatique de Moscou alors que ses forces poursuivent leurs opérations militaires en Ukraine. Le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne a confirmé que la présence du ministre russe a suscité un malaise parmi les participants. Bessent a défendu l'engagement, déclarant que Silouanov n'est pas soumis à des sanctions personnelles et que le dialogue diplomatique reste essentiel.
Je sais que certains Européens ont eu un goût amer, mais je pense qu'il est très important de dialoguer.
- Des frappes militaires sur l'Iran provoquent des perturbations dans le détroit d'Ormuz et sur les marchés énergétiques mondiaux.
- Kevin Warsh prend ses fonctions de président de la Réserve fédérale des États-Unis.
- La Chine enregistre une augmentation de 23,9 % de ses exportations sur un an, intensifiant l'examen des déséquilibres commerciaux.
- Les délégués européens excluent le ministre russe des Finances Anton Silouanov de la photo de famille du G20 à Asheville.
- Les États-Unis publient une déclaration de la présidence soutenue par 19 membres après que la Chine a rejeté quatre sections du projet de communiqué.
Pressions de la dette et divergences politiques
Le sommet s'est déroulé alors que la dette mondiale a atteint près de 353 000 milliards de dollars plus tôt dans l'année, coïncidant avec une volatilité sur les marchés de la dette souveraine. Les rendements des obligations d'État ont augmenté mardi dans plusieurs économies, le rendement des obligations à 10 ans du Japon atteignant 3 % pour la première fois depuis 1996 et les rendements britanniques augmentant de 10 points de base. Le président de la Réserve fédérale américaine Kevin Warsh, participant à sa première conférence internationale sur la politique économique depuis son entrée en fonction en mai, a déclaré qu'une expansion des investissements avait inversé les schémas d'épargne mondiaux antérieurs. Les alliés ont également exprimé des inquiétudes concernant les politiques américaines plus larges, notamment les différends tarifaires avec le Canada, la déréglementation intérieure et une décision du Trésor américain de vendre des réserves en euros pour soutenir le yen japonais. Le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a soutenu que l'élargissement des barrières commerciales éroderait la confiance et nuirait à l'économie mondiale.
Nous avons travaillé très dur sur un communiqué, mais nous voulons nous assurer qu'il reflète les intérêts américains et les priorités de l'Amérique d'abord, et si nous ne parvenons pas à une conclusion, cela nous convient.

