
Le gouvernement belge lève l'arriéré estival : annualisation du temps de travail, interdiction d'importation des colonies israéliennes et vente de Belfius sur la table
Après une séance de nuit, le noyau du cabinet du Premier ministre Bart De Wever a approuvé l'annualisation du temps de travail, une interdiction d'importation en provenance des colonies israéliennes, une taxe d'embarquement inférieure aux prévisions et le lancement des discussions sur la privatisation de Belfius.
Une session marathon au 16 Wetstraat
Le Premier ministre Bart De Wever a réuni son noyau de cabinet vendredi matin pour une séance qui s'est prolongée jusqu'à samedi matin. Vers 5h00, les ministres sont sortis avec de la fumée blanche sur un ordre du jour chargé qui avait lié des dossiers politiquement sensibles pendant des mois. Les accords permettent au gouvernement de partir en vacances d'été avec plusieurs dossiers phares réglés.
- Le noyau du cabinet se réunit au 16 Wetstraat pour des négociations nocturnes.
- Accord trouvé sur un ensemble de dossiers incluant la réforme du temps de travail et l'interdiction d'importation.
L'annualisation du temps de travail brise l'impasse
Le point le plus âprement débattu était l'annualisation du temps de travail, une réforme défendue par le ministre de l'Emploi David Clarinval (MR). Au lieu de compter les heures par semaine, la réforme les calculera par année, une conception destinée à aider les employeurs dans les secteurs à fortes variations saisonnières, tourisme, loisirs, horticulture, événements et activités offshore, à gérer les charges de travail sans recourir au chômage temporaire. Le système ne peut être appliqué qu'avec l'accord explicite du travailleur et garantit le même salaire mensuel brut quel que soit le nombre d'heures réellement travaillées ce mois-là. Vooruit avait bloqué les progrès pendant des semaines, arguant que la suppression des limites hebdomadaires éroderait les majorations pour heures supplémentaires et donc le pouvoir d'achat. Le compromis trouvé inclut un engagement à compenser toute perte démontrable de pouvoir d'achat, levant le dernier obstacle.
L'interdiction d'importation des produits des colonies avance
Liée politiquement à la réforme du travail, l'introduction d'une interdiction d'importation en provenance des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés a été approuvée. La mesure découle d'un engagement pris par le gouvernement à la fin de l'été dernier en réponse aux bombardements et à l'augmentation du bilan humain à Gaza. Si le principe était déjà acquis, les détails pratiques restent manquants, selon les médias belges.
Taxe d'embarquement réduite et autres dossiers validés
La taxe d'embarquement sur les vols de plus de 500 kilomètres était initialement prévue à EUR 10 mais a été ramenée à EUR 7 dans le paquet final. Les ministres ont également donné leur feu vert à un durcissement de la loi sur le football, à l'introduction d'un système de crédit familial, à la mise en œuvre d'accords sociaux dans la police et la défense, à une norme de performance énergétique et à une garantie de service minimum dans les prisons.
Belfius et Ethias : une poussée de privatisation
Le gouvernement s'est également tourné vers la privatisation partielle de Belfius, la banque entièrement détenue par l'État belge. Le parti libéral MR, la famille politique de M. Clarinval, souhaite regrouper la vente d'une partie de Belfius avec une cession de participations dans l'assureur public Ethias. Le ministre des Finances contactera désormais les gouvernements régionaux pour savoir s'ils sont disposés à vendre leurs participations.
Le ministre des Finances contactera les régions pour voir si elles acceptent de vendre leur participation.
Une bataille budgétaire se profile après les vacances
Ces dossiers bouclés, les ministres peuvent partir en vacances, mais une tâche bien plus lourde les attend à leur retour. Le gouvernement doit se mettre d'accord sur une trajectoire budgétaire pluriannuelle allant jusqu'en 2029, construite sur un effort supplémentaire de 10 milliards d'euros. Cette négociation promet de rouvrir d'anciennes divisions au sein de la coalition sur les dépenses, la fiscalité et les prestations sociales.


