
La BCE relève son taux directeur de 25 points de base à 2,5 % à Berlin
La Banque centrale européenne a relevé ses coûts d'emprunt de 25 points de base à 2,5 % le 10 septembre 2026, en réponse à la hausse des prix de l'énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Décision à Berlin
La Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 10 septembre 2026, portant le taux de référence de 2,25 % à 2,5 %. La décision a eu lieu lors de la réunion annuelle de politique monétaire du Conseil des gouverneurs tenue à Berlin. Cette mesure représente la deuxième hausse des taux mise en œuvre par la banque centrale en 2026, portant les coûts d'emprunt à leur plus haut niveau depuis mars 2025. La BCE avait précédemment augmenté ses taux de 25 points de base le 11 juin 2026, première hausse depuis septembre 2023, avant de les laisser inchangés lors de sa réunion de juillet. Le Conseil des gouverneurs a déclaré que cette augmentation vise à ramener l'inflation à son objectif à moyen terme de 2 %.
- La BCE relève son taux de référence de 25 points de base à 2,25 %
- Le Conseil des gouverneurs maintient les taux à 2,25 % à l'unanimité
- La BCE augmente son taux de référence de 25 points de base à 2,5 %
La hausse des coûts de l'énergie alimente l'inflation
La décision fait suite à une accélération des hausses de prix dans la zone euro liée au conflit au Moyen-Orient. L'inflation globale de la zone euro a atteint 3,3 % en août 2026, contre 2,9 % en juillet, son plus haut niveau depuis septembre 2023. L'inflation énergétique est passée de 10,3 % en juillet à 14,3 % en août. Sur les marchés des matières premières, le pétrole brut Brent s'échangeait près de 100 dollars le baril après avoir augmenté d'environ 14 % depuis juillet, tandis que le gaz naturel européen a grimpé de plus de 30 % pour approcher 80 €. Au Portugal, l'Institut national de la statistique a rapporté que l'inflation d'août a atteint 3,3 %, en hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à juillet, une augmentation presque entièrement due aux coûts du diesel. La banque centrale a abordé les risques économiques persistants dans sa déclaration de politique monétaire après la décision.
Les perspectives restent très incertaines, avec des risques haussiers pour l'inflation et des risques baissiers pour la croissance économique.
- Inflation globale (juillet 2026)
- 2.9 %
- Inflation globale (août 2026)
- 3.3 %
- Inflation énergétique (juillet 2026)
- 10.3 %
- Inflation énergétique (août 2026)
- 14.3 %
Position de la banque centrale et communications
Les marchés financiers avaient anticipé cette hausse de 25 points de base avant la réunion de septembre, tournant leur attention vers les attentes politiques pour le reste de 2026. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a noté après la réunion de juillet que les données de septembre éclaireraient les futures décisions sur les taux d'intérêt. Roman Ziruk, principal stratège en devises chez Ebury, a examiné la stratégie de communication de la banque centrale après l'annonce des taux.
Nous estimons qu'il est peu probable que Lagarde s'engage sur une tendance des taux d'intérêt, car cela irait à l'encontre de son ton, étant donné qu'en juin elle a rejeté l'étiquette de hausse préventive et qu'en juillet elle a indirectement évoqué une nouvelle hausse en septembre, conservant son mantra de dépendance aux données.
Ziruk a déclaré que relever les taux au-delà de 2,5 % crée des risques pour la croissance économique, arguant que des coûts d'emprunt plus élevés sont inappropriés lorsque les pressions inflationnistes proviennent du côté de l'offre. Il a ajouté que des taux élevés augmentent les tensions sur les marchés obligataires à un moment où les finances publiques sont confrontées à des pressions budgétaires.
Perspectives pour la politique monétaire future
Les analystes d'Ebury et de XTB ont noté que les marchés avaient pleinement intégré ce deuxième ajustement des taux, bien que certains investisseurs envisagent de nouvelles hausses potentielles en décembre 2026 ou mars 2027. Michael Krautzberger, directeur mondial des investissements des marchés publics chez Allianz Global Investors, a évalué l'environnement actuel des taux directeurs.
Maintenir les taux stables est en soi une forme d'assouplissement.
Krautzberger a noté que de nouvelles hausses nécessiteraient une accélération de l'inflation tirée par la demande pour que la banque centrale justifie une politique restrictive. Ziruk a estimé que la décision de septembre marque la conclusion des hausses de taux, bien qu'il ait déclaré que les perspectives dépendent de l'évolution du conflit au Moyen-Orient.


