
La BCE maintient son taux de dépôt à 2,25 % alors que la crise du détroit d'Ormuz maintient le Brent près de 100 $ et qu'une hausse en septembre se profile
La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs jeudi, marquant une pause après la première hausse en trois ans en juin, alors qu'elle évalue les retombées inflationnistes du blocus du détroit d'Ormuz et du Brent proche de 100 $.
Décision inchangée
La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés jeudi, maintenant le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %, le taux de refinancement principal à 2,40 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Cette décision était largement attendue après que le Conseil des gouverneurs a procédé à une hausse de 25 points de base en juin, la première en trois ans, portant le taux de dépôt de 2,00 % à son niveau actuel.
La BCE a reconnu que les prix de l'énergie, bien que très volatils, sont actuellement proches du scénario de base des projections des services de l'Eurosystème de juin, mais restent bien au-dessus des niveaux d'avant le conflit. Le communiqué a souligné que l'impact inflationniste total de la perturbation énergétique ne s'est pas encore matérialisé.
L'incertitude reste élevée et l'impact inflationniste du choc énergétique ne s'est pas encore pleinement manifesté. Le Conseil des gouverneurs surveille donc de près l'intensité et la durée du choc, ainsi que ses effets indirects et de second tour.
L'inflation se modère mais les risques énergétiques persistent
L'inflation globale de la zone euro est tombée à 2,8 % en juin, en baisse de quatre dixièmes par rapport à 3,2 % en mai, tandis que l'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, s'est maintenue à 2,4 %. Ce ralentissement a donné à la BCE une marge de manœuvre pour marquer une pause, mais le répit pourrait être temporaire. Le Brent a flirté avec la barre des 100 dollars le baril jeudi, poussé à la hausse par la reprise des hostilités entre les États-Unis, l'Iran et Israël et la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement qui transporte normalement environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole.
Bien que l'inflation se soit temporairement modérée, le marché continue d'anticiper un scénario de prix élevés pour plus longtemps.
Contexte géopolitique
Le conflit, qui a débuté fin février 2026 et dure maintenant depuis plus de 140 jours, a maintenu le détroit effectivement bloqué. Une brève trêve et une réouverture partielle il y a un mois ont permis une certaine marge de manœuvre désinflationniste, mais la récente escalade, avec de nouveaux bombardements et l'impasse des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran, a inversé cette tendance. Plusieurs sources ont noté que la hausse des taux de juin a été décidée alors que les négociations semblaient plus proches d'une percée qu'elles ne le sont aujourd'hui.
- Début des hostilités États-Unis-Iran-Israël, trafic du détroit d'Ormuz perturbé
- La BCE relève son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25 %, première hausse en trois ans
- La BCE maintient ses taux à 2,25 %, prévient que le choc énergétique ne s'est pas pleinement matérialisé
- Prochaine réunion de la BCE ; les prix du marché impliquent environ 80 % de chances d'une hausse des taux
Attentes du marché et des analystes
Les marchés financiers avaient intégré une probabilité de 92 % d'un statu quo, selon l'outil ECB Watch cité par El Periódico. L'attention s'est déjà tournée vers la prochaine réunion du 10 septembre, où le même outil attribue environ 80 % de chances à une hausse des taux. Les analystes de Natixis CIB ont mis en garde contre le fait que la récente poussée d'inflation est largement due à l'offre, liée aux tensions géopolitiques et aux coûts de l'énergie, et que la BCE devrait éviter une réponse trop agressive qui pourrait nuire à la croissance. Ebury a noté que si les pressions géopolitiques persistent et continuent de faire monter les prix de l'énergie, une hausse en septembre ne peut être exclue. Generali Investments, Crédit Mutuel et J Safra Sarasin s'attendent également à ce que la BCE réévalue après la pause estivale, surtout si les pourparlers entre Washington et Téhéran restent dans l'impasse.
- May 2026
- 3.2 %
- June 2026
- 2.8 %
- Sous-jacente (juin)
- 2.4 %
La suite
La BCE s'en tient à son approche dépendante des données, refusant de s'engager à l'avance sur une trajectoire de taux spécifique. La pause estivale permet de gagner du temps pour de nouvelles lectures de l'inflation et des projections macroéconomiques actualisées attendues en septembre. Un conflit prolongé au Moyen-Orient raviverait les pressions sur les prix et renforcerait un biais plus restrictif, tandis que toute percée diplomatique qui rouvrirait le détroit d'Ormuz pourrait atténuer l'urgence de resserrer davantage.


