
Israël suspend ses opérations offensives au Sud-Liban après l'effondrement d'une trêve qui fait des dizaines de morts
Une trêve entre Israël et le Hezbollah s'est effondrée en quelques heures, faisant au moins 35 morts et menaçant l'accord-cadre américano-iranien. L'armée israélienne a désormais reçu l'ordre de cesser ses attaques offensives dans le sud du Liban.
Trêve et violations immédiates
Une trêve entre Israël et la milice du Hezbollah est entrée en vigueur vendredi à 16 heures, heure locale, négociée par les États-Unis et le Qatar avec le soutien de l'Iran. En quelques minutes, les deux parties se sont mutuellement accusées de violations. Les autorités libanaises ont signalé d'intenses frappes aériennes israéliennes dans le sud et l'est du pays, tandis que l'armée israélienne a affirmé que le Hezbollah avait tiré plus de 50 projectiles sur ses forces dans la même zone.
Pour autant que nous sachions, il y a désormais un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah après l'échange de tirs d'aujourd'hui.
La Défense civile libanaise a décrit avoir récupéré 16 corps rien que dans la ville de Nabatieh. Le ministère de la Santé a indiqué que sept personnes avaient été tuées dans une frappe aérienne sur Qennarit et que 13 autres avaient été blessées. Les médias d'État ont rapporté des morts supplémentaires à Sohmor, Arabsalim, Rihan et dans le district de Tyr.
Bilan des victimes et accusations mutuelles
L'armée libanaise a accusé Israël d'empêcher toute solution qui rétablirait la stabilité, affirmant que deux de ses propres soldats figuraient parmi les morts. La veille de l'entrée en vigueur de la trêve, 83 personnes avaient déjà été tuées dans des frappes israéliennes, selon le ministère de la Santé. Israël a confirmé que cinq de ses soldats étaient morts dans des affrontements dans le sud du Liban sur une période de 48 heures.
La Tsahal ne mène pas d'attaques offensives, mais agit exclusivement de manière défensive dans la zone de sécurité.
Des combattants du Hezbollah ont déclaré avoir répondu à une avancée des troupes israéliennes. La milice a insisté sur le fait qu'elle respectait toujours la trêve, mais qu'elle résisterait à toute tentative de s'emparer de davantage de territoire.
Changement de posture militaire israélienne
Samedi soir, l'armée israélienne a annoncé avoir reçu des instructions actualisées sur le cessez-le-feu de la part de la direction politique. Le porte-parole a déclaré que les opérations se limitaient désormais à des actions défensives à l'intérieur d'une zone de sécurité le long de la frontière, y compris le droit de riposter si le Hezbollah violait la trêve. Les forces israéliennes restent déployées dans la zone de Tebnit, où elles ont découvert ce que l'armée décrit comme une importante installation souterraine du Hezbollah s'étendant sur plus d'un kilomètre.
Ces mesures défensives incluent le droit de riposter si le Hezbollah ne respecte pas le cessez-le-feu et continue d'attaquer nos soldats ou nos civils.
La zone de sécurité unilatérale, décrite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu comme une barrière entre le Hezbollah et le nord d'Israël, est considérée comme un territoire illégalement occupé par le gouvernement libanais.
Menace sur l'accord-cadre américano-iranien
La violence met en péril l'accord-cadre signé mercredi par Washington et Téhéran, qui prévoit un cessez-le-feu régional et couvre explicitement le Liban. L'Iran avait insisté pour que tout accord avec les États-Unis inclue la fin des hostilités au Liban, où le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre iranienne début mars.
- Les États-Unis et l'Iran signent un accord-cadre pour un cessez-le-feu régional incluant le Liban
- Le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre en vigueur, annoncé par les États-Unis
- Les deux parties s'accusent mutuellement de violations ; les frappes aériennes israéliennes reprennent, tuant des dizaines de personnes
- L'armée israélienne reçoit des instructions actualisées sur le cessez-le-feu et suspend les opérations offensives
L'envoyé spécial américain Steve Witkoff s'est rendu en Suisse pour des pourparlers préliminaires sur un possible accord nucléaire. Jared Kushner est déjà sur place, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtschi, devait se rendre à son tour samedi. Le Pakistan a également poursuivi ses efforts de médiation.


