
Israël commémore les trois ans des attaques du 7 octobre, Netanyahu sous pression renouvelée sur les avertissements d'avant-guerre
Des proches endeuillés ont observé des minutes de silence dans le sud d'Israël mercredi matin, tandis que de nouvelles frappes militaires touchaient Gaza et que les interrogations se multipliaient sur des notes de renseignement ignorées avant l'assaut de 2023.
Cérémonies dans tout le sud d'Israël
Des familles et des citoyens à travers Israël se sont rassemblés mercredi matin pour marquer les trois ans des attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas. À 06 h 29 heure locale, à la minute exacte où l'assaut a commencé, les personnes en deuil réunies sur le site du festival de musique Nova, près du kibboutz Reim, ont baissé la tête pour une minute de silence devant des portraits entourés de fleurs. Des cérémonies commémoratives se sont tenues dans toute la région frontalière, notamment au kibboutz Kfar Aza et au kibboutz Nir Oz. L'assaut a fait 1 221 morts (environ 1 200 selon plusieurs estimations officielles) et 251 personnes enlevées emmenées dans la bande de Gaza. Sur le seul site du festival Nova, les assaillants ont tué au moins 370 personnes et pris 44 otages. Au kibboutz Nir Oz, 47 habitants ont été tués et 76 enlevés, dont Carolin Bohl, une ressortissante allemande de 22 ans. Sa mère, Sonja Bohl-Dencker, a décrit l'effet de la mort de sa fille :
Ce jour-là, je me suis effondrée, j'ai crié, très longtemps et très fort.
Frappes continues et sort des otages
Alors que les rassemblements commémoratifs se tenaient à l'aube, des participants sur le site de Nova ont dit avoir entendu de fortes détonations de l'autre côté de la frontière, dans la bande de Gaza. Des frappes aériennes israéliennes ont tué deux personnes mercredi matin à Gaza-ville ; l'hôpital Al-Shifa et la Défense civile de Gaza ont confirmé que l'une des victimes était un volontaire des secours d'urgence. Si une trêve a été conclue en octobre 2025, lorsque les derniers otages survivants ont été libérés, l'armée israélienne a poursuivi ses opérations aériennes visant des groupes armés. Les autorités sanitaires palestiniennes font état de 74 000 à 77 000 morts à Gaza depuis octobre 2023. Les conditions de vie dans le territoire restent difficiles, de nombreux civils déplacés vivant dans des campements de tentes.
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- Un premier accord temporaire permet la libération d'un premier groupe d'otages
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- Les familles observent une minute de silence sur le site du festival Nova pour le troisième anniversaire
Les avertissements du renseignement avant l'assaut
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est de nouveau interrogé sur les avertissements détaillés du renseignement reçus avant l'attaque de 2023. Un document de 40 pages baptisé « Mur de Jéricho » par les autorités israéliennes décrivait les tactiques exactes de l'assaut transfrontalier plus d'un an avant qu'il ne se produise. En juillet 2023, un analyste de l'unité 8200 a identifié un exercice militaire du Hamas reprenant ce document, mais des officiers supérieurs ont écarté le rapport comme un scénario imaginaire. Entre mars et juillet 2023, la Direction du renseignement militaire israélien a envoyé quatre lettres d'avertissement à Netanyahu, indiquant que les fractures politiques internes autour de la réforme judiciaire avaient réduit la posture de dissuasion du pays.
Conséquences politiques et refus d'une commission d'enquête
Netanyahu soutient que les chefs militaires et du renseignement ne l'ont pas alerté le matin de l'assaut, affirmant qu'un avertissement plus précoce aurait permis une intervention militaire efficace. Si les responsables de l'armée et des services de sécurité ont démissionné après avoir reconnu leur responsabilité, Netanyahu refuse toujours la création d'une commission d'enquête d'État. Des articles des journalistes israéliens Shlomi Eldar et Ruth Yuval ont détaillé un appel chiffré du président émirati Mohamed bin Zayed moins de deux semaines avant l'attaque, avertissant d'une action imminente du chef du Hamas Yahya Sinwar. L'ancien chef du renseignement égyptien Abbas Kamel a également lancé des avertissements directs. L'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré que Netanyahu n'avait jamais transmis ces avis étrangers aux responsables de la défense. Des proches endeuillés, dont le militant pacifiste Maoz Inon, dont les parents sont morts à Netiv HaAsara, continuent de s'adresser aux institutions internationales pour appeler à une réconciliation régionale :
Ces vingt dernières années, pour les Israéliens et les Palestiniens qui vivaient si près de la frontière, les roquettes, les sirènes et les tirs étaient devenus une musique de fond constante et quotidienne. C'était devenu normal.


