
L'envoyé d'Israël à l'ONU qualifie Ceuta d'« enclave coloniale » alors que 60 000 migrants entrent en Espagne ; un ministre d'extrême droite se moque de Sánchez et invite les réfugiés de Gaza
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a affirmé à tort que l'Espagne avait déclaré l'état d'urgence et a qualifié Ceuta d'enclave coloniale, tandis que le ministre Itamar Ben Gvir a félicité sarcastiquement le Premier ministre Sánchez et l'a exhorté à accueillir la population de Gaza, alors qu'environ 60 000 entrées irrégulières submergeaient l'enclave espagnole.
Passe d'armes diplomatique de responsables israéliens
Alors que l'Espagne peinait à gérer l'arrivée d'environ 60 000 migrants irréguliers dans son enclave nord-africaine de Ceuta, deux hautes figures israéliennes ont lancé des attaques parallèles contre le gouvernement de Pedro Sánchez, exploitant la crise pour régler des comptes après les critiques de Madrid sur la campagne militaire israélienne à Gaza.
Danny Danon, représentant permanent d'Israël auprès des Nations unies, a écrit sur les réseaux sociaux tard le 30 juillet que « l'Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l'état d'urgence à Ceuta suite à la crise provoquée par sa politique migratoire ». Cette affirmation était fausse : aucun état d'urgence national n'a été déclaré, bien que le président de Ceuta en ait demandé un. Danon a ajouté : « Peut-être qu'avant de continuer à nous faire la leçon, il est temps qu'elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique. »
L'Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l'état d'urgence à Ceuta suite à la crise provoquée par sa politique migratoire. Peut-être qu'avant de continuer à nous faire la leçon, il est temps qu'elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique.
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, figure d'extrême droite connue pour ses déclarations incendiaires, a posté son propre message sarcastique à Sánchez. « Mes félicitations au président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, pour son profond engagement à accueillir l'immigration et la 'diversité humaine' », a-t-il écrit, ajoutant que Sánchez devrait « ouvrir les portes de l'Espagne et accorder refuge aux habitants de Gaza qui demandent à émigrer », qualifiant cela d'« excellente occasion de contribuer un peu plus à la 'diversité humaine' de l'Espagne ».
Mes félicitations au président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, pour son profond engagement à accueillir l'immigration et la 'diversité humaine'. En tant que personne qui manifeste une grande préoccupation pour le Hamas et les habitants de Gaza, je l'appelle à passer des paroles aux actes : ouvrir les portes de l'Espagne et accorder refuge aux habitants de Gaza qui demandent à émigrer.
La chargée d'affaires d'Israël en Espagne prend ses distances
Dana Erlich, chargée d'affaires d'Israël à Madrid, a rapidement pris ses distances avec les propos de Danon. « Le commentaire fait par l'ambassadeur d'Israël à l'ONU sur cette question ne représente pas la position de l'État d'Israël », a-t-elle déclaré. « Nous suivons de près la situation à Ceuta. »
Ces frictions diplomatiques faisaient suite à des mois de tensions : Sánchez faisait partie du petit nombre de dirigeants européens qui ont publiquement qualifié la campagne militaire à Gaza de génocide, citant les 20 000 enfants palestiniens tués selon des ONG comme Save the Children, et son gouvernement a fermé le territoire espagnol aux cargaisons d'armes destinées à Israël.
La crise migratoire se déroule à Ceuta
Sur le terrain, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a déclaré aux journalistes le vendredi 31 juillet qu'environ 60 000 personnes étaient entrées dans la ville depuis le Maroc depuis tôt le matin précédent, à pied ou à la nage. Des sources du ministère de l'Intérieur ont estimé les arrivées du 30 juillet à environ 50 000. Au moins 34 décès ont été confirmés par les autorités espagnoles, tandis que certains rapports faisaient état de 57 morts parmi ceux qui ont tenté d'atteindre le sol espagnol par la mer.
- Les migrants commencent à traverser vers Ceuta depuis le Maroc à pied et à la nage
- Le président de Ceuta estime à 60 000 entrées en 24 heures ; le ministère de l'Intérieur parle d'environ 50 000
- Plus de 25 000 retournent volontairement au Maroc, départs à 150 par minute
- Au moins 34 décès confirmés, certaines sources faisant état de 57 morts
Vendredi en fin de matinée, plus de 25 000 personnes étaient retournées volontairement au Maroc, avec des départs à un rythme de 150 par minute. Le gouvernement espagnol a souligné qu'aucun état d'urgence formel n'avait été déclaré et que le cadre juridique pour un état d'urgence national ne couvre pas les crises migratoires, seulement les catastrophes naturelles ou technologiques.
Plusieurs États membres de l'UE ont réagi à cette vague en appelant à la suspension temporaire de l'Espagne de la zone de libre circulation de Schengen, bien qu'aucune mesure officielle n'ait été prise.

