
Infantino cherche le soutien de Trump alors que la présidence de la FIFA est en jeu après l'échec d'un accord commercial
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a tenté à plusieurs reprises et sans succès de joindre Donald Trump par téléphone depuis vendredi, après l'effondrement d'un plan de vente des droits commerciaux de la Coupe du monde à une société de capital-investissement et le retrait de soutien de fédérations membres pour sa candidature à la réélection.
La rupture avec Washington
Gianni Infantino cherche à se couvrir politiquement aux États-Unis après l'effondrement de son projet commercial phare, mais la porte de la Maison-Blanche semble se fermer. Le président de la FIFA a tenté à plusieurs reprises de joindre Donald Trump par téléphone à partir de vendredi, lorsque son plan visant à confier une partie des activités commerciales de la Coupe du monde à Thrive Capital, la société de Josh Kushner, a échoué face à l'opposition farouche de l'UEFA et d'autres confédérations. Trump a cessé de répondre à ses appels, selon le New York Post et d'autres médias citant des sources informées. Un appel distinct, soi-disant prévu lundi avec le secrétaire d'État Marco Rubio, a été publiquement démenti à la fois par le Département d'État et la FIFA.
Nous savons tous qu'il s'agit de sauver son poste. À ce stade, rien d'autre n'est en jeu.
Dylan Johnson, secrétaire d'État adjoint aux affaires publiques mondiales du Département d'État, a posté sur X que le New York Post « devrait vérifier ses sources ou… aurait simplement pu nous demander ». Une source de la FIFA a déclaré à OutKick qu'aucun appel avec Rubio ou tout autre responsable de l'administration Trump n'était prévu ni n'a eu lieu. Une source proche de Rubio, consultée par La Stampa, n'a pas exclu qu'une conversation ait eu lieu, mais l'a décrite comme une « simple conversation » à un niveau très informel, aucune demande officielle n'a été faite.
Le projet qui a déclenché la révolte
Les ennuis d'Infantino ont commencé avec FIFA Forward Enterprise, une proposition de vendre une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, dont une société dirigée par Josh Kushner, le frère du gendre de Trump. Les fédérations membres de l'UEFA ont voté à l'unanimité pour menacer d'un boycott, et le plan a été retiré le 1er août. Le repli n'a pas calmé la réaction : il a ouvert une brèche que les opposants au sein de la FIFA exploitent désormais.
Gianni nous a énormément aidés à organiser la meilleure Coupe du monde de tous les temps. Le président l'apprécie beaucoup. Je suis sûr que le président fera tout son possible pour l'aider.
Les fédérations se désistent
Le soutien à la candidature d'Infantino pour un mandat 2027–2031 s'érode d'heure en heure. Rien que lundi, quatre fédérations ont annoncé qu'elles retiraient leur soutien en l'espace d'un peu plus de quatre heures, dont la Fédération de football de Serbie. La Finlande et le Pays de Galles avaient déjà déclaré qu'elles ne le soutiendraient pas, et l'Angleterre serait en train de pencher dans le même sens. L'UEFA a menacé d'une action en justice, et la position officielle de la confédération CONCACAF a été décrite comme une brèche dans la base de soutien la plus solide d'Infantino. Ses opposants au sein de l'organisation disposent désormais du nombre nécessaire pour présenter une motion de censure.
Soft power ou survie
Infantino a présenté ses démarches auprès de l'administration Trump comme un outil de soft power pour les États-Unis. Personne dans le monde du football n'y croit. L'objectif réel, selon plusieurs médias, est de trouver des alliés puissants capables de faire pression sur les fédérations membres pour qu'elles le maintiennent en fonction avant l'élection présidentielle de la FIFA prévue le 18 mars 2027, avec une date limite de dépôt des candidatures le 18 novembre 2026. Le président français Emmanuel Macron se serait aligné sur le chef de l'UEFA Aleksander Ceferin pour préserver l'unité du football mondial et éviter une scission durable entre les continents.
La suite
Les semaines à venir montreront si Infantino peut reconstruire un consensus institutionnel ou si la révolte prend suffisamment d'ampleur pour le forcer à partir avant même que l'élection n'ait lieu. Pour l'instant, le président de l'instance dirigeante du football mondial se retrouve isolé dans son propre siège zurichois, regardant ses alliés clés reculer et attendant un appel que la Maison-Blanche ne renvoie pas.


