
Des incendies de forêt brûlent 900 hectares dans le sud de la France, le Premier ministre Lecornu va présider une cellule de crise
De multiples incendies alimentés par la chaleur et le vent ont brûlé environ 900 hectares dans les départements de l'Aude et de l'Hérault, tandis qu'un autre incendie près de Marseille a ravagé entre 200 et 260 hectares. Le Premier ministre Sébastien Lecornu se rend à Marseille jeudi pour présider une cellule interministérielle de crise consacrée à la chaleur, aux incendies et à l'adaptation.
Un incendie ravage l'Aude et l'Hérault
Un incendie a démarré vers 16h30 mercredi près d'Oupia dans l'Hérault et s'est rapidement propagé dans l'Aude voisine sous l'effet de vents forts et de conditions sèches. Jeudi matin, il avait brûlé environ 900 hectares de pinède et de végétation basse, mais la tête du feu a été fixée et n'avance plus. Le maire de Sainte-Valière a noté que les arbres morts et les broussailles laissés par la tempête Nils en février ont servi de combustible.
Le feu s'est propagé très vite parce que la tempête Nils a abattu beaucoup de végétaux, et cela devient un combustible pour l'incendie.
Évacuations et lutte nocturne
Les habitants des communes de Pouzols-Minervois et Mailhac ont été évacués mercredi soir. Béatrice Bourrel, une assistante maternelle de 54 ans de Pouzols-Minervois, a décrit la scène.
Nous avons été évacués hier vers 17 heures ; on voyait les flammes depuis la route. Le village était noir de fumée, c'était impressionnant.
Christophe Gimenez, un apiculteur, est resté pour protéger ses ruches. « Je suis là depuis 5 heures du matin, a-t-il dit. J'ai mes chiens ici et mes abeilles ; s'il faut évacuer, c'est immédiat. »
Tôt jeudi, les autorités ont annoncé que le feu principal était fixé, ce qui signifie que le front de flammes avait cessé de progresser. Cependant, les flancs nord et sud restaient actifs, et des rafales de vent atteignant 60 km/h menaçaient de raviver les flammes. Tous les massifs forestiers de l'Aude ont été fermés au public et plusieurs routes départementales coupées.
Moyens de lutte déployés
Au plus fort des opérations, jusqu'à 800 pompiers et 150 véhicules ont été mobilisés, appuyés par un avion bombardier d'eau Dash et quatre Canadair. Deux bulldozers ont dégagé des chemins d'accès dans un terrain accidenté. Le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux, chef d'état-major des sapeurs-pompiers de l'Hérault, a déclaré : « La tête du feu n'avance plus, mais nous avons eu du vent toute la nuit, ce qui l'a réactivé et renforcé ce matin. »
- L'incendie démarre près d'Oupia (Hérault) et se propage dans l'Aude.
- 550 pompiers, quatre Canadair, deux avions Dash et un hélicoptère sont engagés.
- Le feu de Rognac fixé après 50 hectares ; le feu de Lançon-Provence continue.
- Tête du feu Aude-Hérault fixée ; les flancs restent actifs.
- Le Premier ministre Lecornu attendu à Marseille pour la cellule de crise.
Deuxième foyer près de Marseille
Deux autres incendies ont éclaté mercredi dans les Bouches-du-Rhône. À Rognac, un feu de 50 hectares a été fixé tôt jeudi, entraînant l'évacuation de cinq habitations. À Lançon-Provence, un incendie plus vaste a brûlé entre 200 et 260 hectares et restait actif jeudi matin. Entre 500 et 600 habitants de La Fare-les-Oliviers ont été évacués. Le chef des pompiers Jean-Luc Beccari a déclaré que les équipes « ont combattu toute la nuit dans une zone assez inaccessible, avec des conditions météorologiques extrêmement défavorables ». Il espérait fixer l'incendie en milieu de matinée.
- Aude & Hérault
- 900 hectares
- Lançon-Provence
- 260 hectares
- Rognac
- 50 hectares
Réponse gouvernementale
Le Premier ministre Sébastien Lecornu est attendu à Marseille jeudi pour présider une nouvelle cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule, aux incendies de forêt et aux mesures d'adaptation nécessaires. Six départements méditerranéens ont été placés en risque très élevé d'incendie, Météo France avertissant qu'une troisième vague de chaleur en quelques semaines commence. Aucune victime n'avait été signalée jeudi en milieu de journée.


