
L'ancien ministre néerlandais de la Santé Hugo de Jonge témoignera devant la commission Covid le dernier jour avant la pause estivale
La commission d'enquête parlementaire sur la réponse néerlandaise au Covid-19 entendra vendredi sa figure centrale, alors que l'ancien ministre de la Santé Hugo de Jonge comparaît pour la première fois devant le comité à La Haye.
Le moment arrive
Après six semaines et 36 auditions de témoins au cours desquelles son nom a été cité à plusieurs reprises, Hugo de Jonge (CDA) comparaîtra vendredi après-midi devant la commission d'enquête parlementaire examinant la réponse des Pays-Bas à la pandémie de Covid-19. Cette séance est la dernière audition avant la pause estivale du comité ; les travaux reprendront le 24 août, date à laquelle De Jonge doit comparaître une seconde fois. De Jonge, aujourd'hui commissaire du Roi en Zélande, a été ministre de la Santé de 2020 à 2022 et est devenu le visage public de la politique néerlandaise de lutte contre le coronavirus après que son prédécesseur Bruno Bruins (VVD) se soit effondré lors d'un débat en mars 2020 et ait démissionné.
- Le ministre Bruno Bruins s'effondre lors d'un débat ; Hugo de Jonge reprend le portefeuille du coronavirus.
- Rutte envoie un SMS à De Jonge : « Avec Ferd contre le reste. »
- Le gouvernement envisage de passer du système 3G au système 2G ; De Jonge propose la fermeture complète des écoles.
- De Jonge témoigne pour la première fois devant la commission d'enquête parlementaire.
- Les auditions de l'enquête reprennent ; De Jonge doit comparaître une seconde fois.
'Dans la tempête'
De Jonge a pris le portefeuille du coronavirus au début de la pandémie et, avec le Premier ministre Mark Rutte (VVD), a dirigé la réponse nationale lors de dizaines de conférences de presse du mardi et de débats parlementaires. Un entretien de 2020 dans le NRC a capturé sa posture : « Il n'y a qu'une seule façon de ne commettre aucune erreur, c'est de rester les bras croisés sur la touche. Je me suis tenu en pleine tempête. » Au sein du cabinet, De Jonge a poussé pour éviter la surcharge des soins de santé, frustrant parfois les ministres axés sur l'économie. Le comité a cité un SMS de Rutte à De Jonge datant de fin 2020 : « J'ai apprécié notre coopération. [...] Avec Ferd [Grapperhaus, ministre de la Justice, CDA] contre le reste. » L'ancienne ministre Mona Keijzer a confirmé cette caractérisation lors de son audition de mercredi.
La stratégie de « l'homme sur la Lune »
Le ministère de De Jonge devait coordonner de manière centralisée les tests, les masques, les services de santé municipaux (GGD) et la répartition nationale des patients hospitalisés dans un paysage de soins de santé entièrement décentralisé. Il a déclaré au NRC : « Sur tous les fronts, la possibilité d'exercer un contrôle central fait défaut. » Le ministère a dû « improviser » tout au long de la pandémie, a-t-il dit. Le Conseil néerlandais de sécurité a ensuite décrit l'approche de De Jonge comme une « stratégie de l'homme sur la Lune » : pour mobiliser des organisations sur lesquelles il avait peu de contrôle formel, De Jonge faisait régulièrement de grandes promesses publiques qui n'étaient pas toujours tenues. Le Conseil de sécurité a conclu que cela équivalait à « trop promettre et ne pas tenir ». Des courriels internes montrés au comité ont capturé la dynamique : des fonctionnaires ont décrit le ministère comme submergé par les briefings parlementaires « et les idées quotidiennes d'Hugo ». Un haut fonctionnaire a écrit à un collègue : « En fait, Hugo veut tout faire lui-même. »
Politique de vaccination et « danser avec Janssen »
Le plaidoyer énergique de De Jonge en faveur de la vaccination a suscité des critiques croissantes à mesure que la crise s'aggravait. Il a présenté l'épidémie comme une « pandémie des non-vaccinés » et a assimilé la vaccination au port de la ceinture de sécurité : « Le fait que vous puissiez encore avoir un accident grave en portant une ceinture de sécurité n'est pas une raison pour ne pas en mettre une. » Sa volonté de lier le statut vaccinal au système de pass sanitaire (le système 3G basé sur un code QR pour les vaccinés, guéris ou testés) a généré des frictions particulières. Fin 2021, le gouvernement a envisagé de passer à un système 2G qui exclurait un test négatif, une mesure que les critiques ont qualifiée de mandat de vaccination de facto. L'un des épisodes les plus douloureux pour De Jonge a été la campagne « dansen met Janssen » (danser avec Janssen), qui encourageait les jeunes à sortir après une seule injection de Johnson & Johnson, alors que le vaccin nécessitait des semaines pour offrir une protection complète. De Jonge a ensuite reconnu que c'était une erreur de jugement.
Questions en suspens
Le comité interrogera De Jonge sur les réunions dites « Catshuis », des réunions en petit comité à la résidence officielle du Premier ministre où des mesures clés contre le Covid ont été préparées et où, selon le témoignage de Rutte, des « idées extrêmes » ont été discutées. Aucun procès-verbal n'a été pris de ces réunions. L'affaire de l'achat de masques avec l'entrepreneur Sywert van Lienden plane également ; De Jonge s'est précédemment excusé par écrit de ne pas avoir informé le Parlement de ses contacts avec cette figure désormais controversée. La séance de vendredi matin entendra d'abord Robèr Willemsen, ancien président de Koninklijke Horeca Nederland (KHN), qui a été un critique virulent des politiques de De Jonge et des restrictions imposées au secteur de l'hôtellerie-restauration.
Il n'y a qu'une seule façon de ne commettre aucune erreur, c'est de rester les bras croisés sur la touche. Je me suis tenu en pleine tempête.
Ce qui nous attend
De Jonge a déclaré qu'il se réjouissait de l'audience mais a récemment reconnu qu'il la redoutait aussi, notamment parce que les menaces et l'intimidation contre les personnes impliquées ont augmenté à mesure que l'enquête dominait l'actualité. Les travaux du comité reprennent le 24 août, date à laquelle De Jonge reviendra pour un second tour de témoignage.


