
Le Parlement hongrois vote pour rester dans la CPI, annulant le retrait d'Orbán avant la date limite de juin
Les députés hongrois ont voté massivement mercredi pour annuler le départ du pays de la Cour pénale internationale, revenant sur une décision du précédent gouvernement de Viktor Orbán à quelques jours seulement de l'entrée en vigueur du retrait.
Un vote parlementaire décisif
Le Parlement hongrois a approuvé une législation abrogeant le retrait du pays du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Le vote a vu 133 députés du parti au pouvoir Tisza soutenir la mesure, tandis que 37 députés du Fidesz s'y sont opposés et que cinq représentants du mouvement « Notre Patrie » se sont abstenus. La nouvelle loi annule formellement la législation précédente et interrompt le processus de retrait initié l'année dernière.
Rester au sein de la CPI est essentiel pour garantir que les responsables de crimes internationaux soient tenus de répondre de leurs actes, protégeant ainsi la paix et les droits de l'homme.
La décision initiale d'Orbán
En avril 2025, le Premier ministre de l'époque, Viktor Orbán, a annoncé que la Hongrie allait entamer son retrait de ce qu'il a appelé une « cour politique ». L'annonce a eu lieu alors qu'il accueillait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Budapest, malgré un mandat d'arrêt de la CPI contre Netanyahu pour des crimes de guerre présumés pendant le conflit à Gaza. Le gouvernement d'Orbán avait qualifié le mandat de « cynique » et avait refusé de l'exécuter.
La CPI est devenue un tribunal politique qui a perdu son impartialité, comme le démontrent ses décisions concernant Israël.
Le revirement de Magyar
Péter Magyar, qui a mené le parti centriste Tisza à une victoire écrasante aux élections législatives le mois dernier, avait promis à plusieurs reprises de stopper le retrait avant son entrée en vigueur le 2 juin. Son gouvernement a déposé le projet de loi lundi, l'acheminant rapidement au Parlement. La législation doit maintenant être signée par le président Tamás Sulyok, un nommé de l'ère Orbán que Magyar a appelé à démissionner.
La Hongrie va interrompre le processus de retrait de la CPI et exécuter les mandats d'arrêt qu'elle a émis, y compris celui contre Benjamin Netanyahu.
Contexte international
L'organe législatif de la CPI a salué le revirement de la Hongrie comme « essentiel » pour la responsabilité des crimes les plus graves du monde. La cour basée à La Haye, fondée en 2002 et soutenue par 125 États membres, a été confrontée à des défis importants. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, son administration a imposé des sanctions à 11 responsables de la CPI, entraînant l'annulation de cartes de crédit et la disparition de comptes numériques. Le revirement de la Hongrie l'empêche de devenir le seul État membre de l'UE à ne pas reconnaître la juridiction de la cour, rejoignant des pays comme la Chine, Israël, la Russie et les États-Unis qui refusent de le faire.
- Orbán annonce le retrait de la Hongrie de la CPI tout en accueillant Netanyahu à Budapest
- Péter Magyar élu, promet d'annuler le retrait de la CPI
- Le gouvernement de Magyar annonce qu'il va interrompre le processus de retrait ; l'organe législatif de la CPI salue la décision
- Le gouvernement soumet un projet de loi en procédure accélérée au Parlement
- Le Parlement vote 133 contre 37 pour rester dans la CPI
- Date à laquelle le retrait de la Hongrie aurait dû prendre effet
La suite
La loi attend désormais la signature du président Tamás Sulyok pour achever le processus législatif. Magyar a également indiqué que la Hongrie exécuterait désormais les mandats d'arrêt de la CPI, y compris celui contre Netanyahu, marquant une rupture nette avec la politique étrangère d'Orbán. Cette décision représente un changement diplomatique significatif pour la Hongrie et un coup de pouce pour le tribunal international en difficulté.


