
Hegseth annonce un réexamen de six mois de la présence militaire américaine en Europe après le refus des alliés de soutenir les frappes contre l'Iran
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré aux ministres de la Défense de l'OTAN que les alliés qui ont refusé l'accès aux frappes contre l'Iran ont échoué à un test, et a annoncé un réexamen de six mois des forces américaines en Europe.
La confrontation à Bruxelles
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a prononcé un discours de 12 minutes au siège de l'OTAN à Bruxelles que les responsables ont qualifié de glacial. Il a accusé les alliés européens d'un refus « honteux » de soutenir les États-Unis pendant leur conflit avec l'Iran, connu sous le nom d'Opération Epic Fury. De nombreuses capitales ont soit dit non, tenté d'embrouiller les demandes dans des débats juridiques, ou critiqué publiquement les États-Unis, a-t-il déclaré.
Comme le président Trump l'a dit, et à juste titre, il a fixé un test pour nos alliés : soutenir l'Amérique quand nous leur avons demandé de l'aide, et bien trop nombreux sont ceux qui ont échoué.
Annonce du réexamen OTAN 3.0
Hegseth a annoncé un réexamen complet de six mois par le Pentagone de l'empreinte militaire américaine en Europe, y compris les niveaux de forces, les bases, les droits d'accès et les autorisations de survol. Ce réexamen s'inscrit dans le cadre d'une poussée vers ce qu'il a appelé l'OTAN 3.0, un rééquilibrage dans lequel l'Europe assume la responsabilité principale de sa propre défense.
Ce sera un véritable réexamen. Il sera conçu pour garantir que l'OTAN évolue rapidement et irréversiblement vers un état où l'Europe est en tête, assumant le rôle principal et la responsabilité de la défense du continent européen.
Il a déclaré que l'effort impliquerait des consultations avec le Congrès et les alliés, mais a clairement indiqué que les futures contributions américaines dépendront de la capacité des alliés à atteindre leurs objectifs de dépenses de défense.
- Le secrétaire adjoint à la Défense, Elbridge Colby, annonce un réexamen des forces américaines en Europe lors d'une réunion de l'OTAN.
- Le Pentagone informe les alliés qu'il réduira ses contributions au modèle de forces de l'OTAN, limitant la disponibilité des avions, des navires et des ravitailleurs.
- Hegseth annonce un réexamen de six mois de toutes les forces et bases américaines en Europe et accuse les alliés d'un comportement honteux concernant l'Iran.
- Le sommet des dirigeants de l'OTAN commence à Ankara, avec le réalignement de l'OTAN 3.0 prévu pour dominer l'ordre du jour.
Pression sur les dépenses de défense
La confrontation fait suite à des mois de pression de l'administration Trump sur les alliés européens pour qu'ils augmentent leurs budgets de défense à 5 % du PIB, un objectif convenu l'été dernier à La Haye. Hegseth a déclaré que certains alliés ont compris le message et ont agi, mais d'autres ne parviennent toujours pas à reconnaître ce qu'il a appelé le besoin historique de reconstruire une alliance militaire significative et forte. Il a averti que les contributions annuelles américaines à l'OTAN seraient réduites là où les alliés ne dépensent pas avec l'urgence requise.
Déjà, le Pentagone a retiré 5 000 soldats d'Allemagne, annulé le déploiement d'un bataillon de missiles à longue portée là-bas, et informé les alliés en mai qu'il réduisait la disponibilité des avions de chasse, des avions ravitailleurs, des avions de surveillance navale et des navires de guerre précédemment engagés dans les plans de forces de l'OTAN. Selon le quotidien allemand Die Welt, les réductions pourraient également inclure l'un des deux groupes aéronavals de porte-avions alloués à l'alliance et toute la capacité de missiles de croisière lancés par sous-marin.
Rutte tente d'apaiser les tensions
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a cherché à faire baisser la température après la session. Il a présenté le réexamen comme une redistribution des forces, non un retrait punitif, et a insisté sur le fait que la Maison-Blanche avait reconnu les progrès réalisés depuis ses demandes initiales en février. Rutte a noté que les dépenses européennes et canadiennes ont augmenté et que les États-Unis voient toujours de la valeur dans l'alliance.
Je pense qu'il est important que cet allié, qui a pendant de nombreuses années dépensé bien plus pour la défense que les Européens et les Canadiens réunis, continue d'appliquer cette pression tout en reconnaissant que de grands progrès ont été accomplis.
Rutte s'est également félicité de l'accord américano-iranien, déclarant que les alliés sont satisfaits de l'accord et que les capacités de missiles et nucléaires de l'Iran ont été dégradées. Il a mis en lumière une coalition d'environ 40 pays dirigée par la France et le Royaume-Uni qui pourrait aider aux opérations de déminage dans le détroit d'Ormuz, notant que l'Europe dispose de capacités (brise-glaces, dragueurs de mines) que les États-Unis n'ont pas.
Prochaines étapes
Les alliés font maintenant face à un sommet des dirigeants les 7 et 8 juillet à Ankara, où les dépenses de défense et le réexamen de l'OTAN 3.0 domineront l'ordre du jour. Hegseth a clairement indiqué que le réexamen est une évaluation réelle et que certains pays échoueront tandis que d'autres réussiront avec brio. Le résultat façonnera la présence militaire américaine à long terme en Europe alors que l'administration Trump déplace son axe stratégique vers la Chine et l'Indo-Pacifique.


