
Hamas élit Khalil al-Hayya comme nouveau chef politique, mettant fin à près de deux ans de vacance à la tête
Khalil al-Hayya, le principal négociateur du groupe pendant la guerre de Gaza, a été élu lundi à la tête de son bureau politique, occupant un poste vacant depuis qu'Israël a tué Yahya Sinwar en octobre 2024.
Le 20 juillet 2026, le Hamas a annoncé l'élection de Khalil al-Hayya à la tête de son bureau politique, mettant fin à une vacance à la tête qui durait depuis la mort de Yahya Sinwar en octobre 2024. Al-Hayya, 65 ans, a été l'adjoint de Sinwar et le principal négociateur du groupe dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu avec Israël. Ce vote interne, décrit par le responsable du Hamas Mahmoud Mardawi comme une course serrée face à l'ancien dirigeant Khaled Meshal, consolide le pouvoir après des mois de délibérations d'un conseil intérimaire de cinq membres.
La vacance à la tête
Depuis que Sinwar a été tué par les forces israéliennes à Gaza en octobre 2024, le Hamas était dirigé par un conseil présidé par le responsable vétéran Mohamed Darwish. Le groupe n'avait pas nommé de chef politique depuis qu'Israël avait assassiné deux dirigeants en succession rapide : Ismail Haniyeh à Téhéran en juillet 2024 et Sinwar trois mois plus tard. Al-Hayya était membre de ce conseil intérimaire, ce qui fait de son élévation un transfert contrôlé plutôt qu'une surprise, comme le note ZEIT ONLINE.
- L'attaque menée par le Hamas contre Israël tue environ 1 200 personnes et prend 250 otages.
- Ismail Haniyeh assassiné par Israël à Téhéran.
- Yahya Sinwar tué par les forces israéliennes à Gaza.
- Accord de cessez-le-feu signé entre le Hamas et Israël.
- Khalil al-Hayya élu chef politique du Hamas.
Qui est Khalil al-Hayya ?
Né à Gaza en 1960, al-Hayya a quitté le territoire peu avant les attaques du 7 octobre 2023 pour coordonner avec des alliés à l'étranger, dont un haut commandant iranien, selon des documents internes du Hamas obtenus par The New York Times. Il est considéré comme plus proche de l'Iran que certaines autres figures du Hamas. Pendant la guerre, il faisait la navette entre le Qatar et l'Égypte, servant de principal négociateur pour un accord de cessez-le-feu et de libération des otages. Cet accord a finalement été signé en octobre 2025, mais sa mise en œuvre complète reste bloquée.
Impasse du cessez-le-feu
Plus de neuf mois après la trêve négociée par les États-Unis, le Hamas n'a pas désarmé, les forces israéliennes poursuivent des bombardements quasi quotidiens à Gaza, et de nombreux Gazaouis restent dans des camps de tentes ou des maisons à moitié détruites. La guerre, déclenchée par l'assaut mené par le Hamas le 7 octobre 2023 qui a tué environ 1 200 personnes et pris 250 otages, a dévasté la bande de Gaza. Les responsables de la santé à Gaza font état de plus de 70 000 morts, un décompte qui ne distingue pas entre civils et combattants mais inclut des milliers d'enfants.
Bilan personnel
Al-Hayya a perdu plusieurs de ses fils lors de frappes israéliennes. Une attaque à Doha en 2025, qui visait de hauts responsables du Hamas, a tué l'un de ses fils, selon Deutsche Welle. Un autre fils, Azzam al-Hayya, a été tué dans une frappe aérienne israélienne à Gaza début mai 2026, comme l'a rapporté le NYT. ORF note que quatre de ses fils ont été tués au total. Al-Hayya lui-même a survécu à la tentative d'assassinat à Doha.
Et maintenant ?
L'élection d'al-Hayya pourrait influencer les négociations bloquées sur la prochaine phase du cessez-le-feu. Ses liens étroits avec l'Iran et son rôle d'architecte de l'accord d'octobre 2025 en font un candidat de la continuité, mais la lutte de pouvoir interne avec Meshal suggère des divisions au sein du Hamas. La capacité du groupe à gouverner Gaza ou à parvenir à un règlement durable reste incertaine alors que la crise humanitaire s'aggrave.
