
Begoña Gómez soumet les billets d'avion pour Londres et accuse le juge Peinado d'exiger une preuve « impossible » en raison du système de frontière numérique britannique
L'épouse du Premier ministre espagnol a présenté ses billets d'avion à un tribunal de Madrid le 15 juillet 2026 tout en faisant appel formellement d'une ordonnance judiciaire qu'elle qualifie de violation de la présomption d'innocence, après que l'abolition des tampons physiques sur les passeports par le Royaume-Uni l'a laissée dans l'impossibilité de produire les marques d'entrée et de sortie demandées par le juge.
Contexte
Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, a comparu mercredi devant le tribunal d'instruction n° 41 de Madrid après que le juge Juan Carlos Peinado lui a demandé de prouver que son voyage autorisé au Royaume-Uni était exclusivement destiné à la remise de diplôme de sa fille. Le juge avait levé provisoirement l'interdiction de voyager et la confiscation du passeport imposées le 20 juin 2026, lorsque Gómez a été mise en examen pour quatre infractions présumées et considérée comme un risque de fuite. L'autorisation exceptionnelle permettait de se rendre à Londres entre le 11 et le 14 juillet pour la cérémonie, mais refusait explicitement un autre voyage demandé pour un sommet de l'OTAN à Ankara.
Si le parquet ou l'organe d'instruction lui-même nourrit des doutes sur le fait que la personne mise en examen a fait un usage approprié de l'autorisation accordée, c'est à eux d'enquêter et de prouver les faits qui pourraient constituer une infraction, et non à cette défense de démontrer l'absence de comportement illicite que personne n'a prouvé.
L'exigence du juge
Le lundi 14 juillet 2026, le juge Peinado a rendu une ordonnance écrite notant que le passeport de Gómez, qu'elle avait personnellement restitué au tribunal de la Plaza de Castilla dimanche, ne portait aucun tampon d'entrée ou de sortie du Royaume-Uni. Il lui a accordé cinq jours pour prouver que le passeport n'avait été utilisé que pour le voyage autorisé à Londres. Le juge a prévenu que l'absence de preuve pourrait constituer une violation de la mesure de précaution au titre de l'article 468.1 du Code pénal espagnol.
La réponse de Gómez
Son avocat, l'ancien ministre socialiste Antonio Camacho, a soumis les billets d'avion (aller vers Londres, retour depuis Bristol) accompagnés d'un appel formel. Il a fait valoir que le Royaume-Uni a supprimé l'apposition de tampons physiques sur les passeports dans le cadre de son système frontalier numérique, utilisant à la place des portes électroniques automatisées, des passeports biométriques et des registres électroniques de contrôle de l'immigration. Camacho a qualifié l'ordonnance du juge de probatio diabolica, une demande de preuve impossible ou disproportionnellement difficile à satisfaire, contraire à l'article 24.2 de la Constitution espagnole et à l'article 6.2 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Le Royaume-Uni a aboli l'apposition de sceaux physiques sur les passeports dans le cadre de son système frontalier numérique, ce qui signifie que le passeport de ma cliente ne porte et ne peut porter aucune trace de passage frontalier, qu'elle ait voyagé ou non dans ce pays.
Ce que demande la défense
La demande de Camacho prie le juge Peinado de révoquer entièrement l'ordonnance et de reconnaître que la charge de la preuve incombe au parquet. Si le juge insiste sur une vérification, la défense l'engage à utiliser les voies de coopération judiciaire internationale pour demander directement les registres électroniques d'entrée et de sortie auprès de la UK Border Force ou de l'ambassade britannique en Espagne. L'appel indique que seules ces autorités détiennent les registres électroniques qui pourraient confirmer les déplacements de Gómez pendant la période autorisée.
- Le juge Peinado a mis en examen Begoña Gómez pour quatre chefs d'accusation, a imposé la confiscation du passeport, l'interdiction de voyager et des pointages bimensuels au tribunal comme mesures de précaution, invoquant un risque de fuite.
- L'avocat de Gómez a demandé l'autorisation de voyager à l'étranger du 7 au 10 juillet pour Ankara (sommet de l'OTAN) et Londres (remise de diplôme de sa fille).
- Un juge suppléant (Peinado étant en congé) a autorisé le seul voyage Londres-Bristol, refusant la partie Ankara.
- Voyage à Londres pour la cérémonie de remise de diplôme de sa fille.
- Retour depuis Bristol ; remise du passeport au tribunal de la Plaza de Castilla à Madrid.
- Le juge Peinado a émis une ordonnance de cinq jours exigeant la preuve que le passeport n'a été utilisé que pour le voyage autorisé, notant l'absence de tampons britanniques.
- La défense de Gómez a déposé un appel, soumis les billets d'avion et demandé à Peinado de révoquer cette exigence « impossible » ou de solliciter les registres numériques de la UK Border Force.
La suite
Le juge Peinado était en congé lorsque l'autorisation de voyage a été accordée par un juge suppléant, qui a limité la permission au seul voyage Londres-Bristol et refusé la partie Ankara. Peinado est désormais de retour et doit statuer sur l'appel. L'affaire se poursuit dans le contexte d'une enquête plus large qui a déjà conduit à la mise en accusation de Gómez devant un jury pour quatre chefs d'accusation, avec des mesures de précaution en vigueur jusqu'à la date du procès.


