
L’Iran entame six jours de funérailles pour Ali Khamenei, tué en février lors de frappes américano-israéliennes, des millions de personnes attendues
Les cérémonies publiques pour l’ancien Guide suprême, tué le premier jour des frappes aériennes américano-israéliennes le 28 février, ont débuté samedi à Téhéran. Les autorités attendent entre 12 et 20 millions de personnes en deuil pendant six jours de cortèges à travers l’Iran et l’Irak.
Les cérémonies publiques débutent à Téhéran
Le corps d’Ali Khamenei, le Guide suprême ayant exercé le plus longtemps depuis la Révolution islamique de 1979, a été déposé vendredi à la Grande Mosquée de l’Imam Khomeini à Téhéran, où les responsables et des délégations étrangères ont rendu hommage. La visite publique a débuté samedi matin, les autorités estimant qu’entre 12 et 20 millions de personnes participeront aux funérailles de six jours. Aux côtés du cercueil de Khamenei reposent les dépouilles des membres de sa famille tués lors de la même attaque du 28 février : une fille, un gendre, une belle-fille et une petite-fille de trois ans.
C’est l’un des moments les plus importants de l’histoire du pays.
Un périple de six jours à travers l’Iran et l’Irak
Les funérailles traverseront plusieurs villes avant l’inhumation le 9 juillet. Après la visite publique à Téhéran de samedi à lundi matin, une procession principale traversera la capitale lundi, lorsque l’espace aérien de la ville sera complètement fermé. Mardi, les cérémonies se déplaceront à Qom, le centre de la hiérarchie chiite iranienne, à environ 140 km au sud de Téhéran. Mercredi, des cortèges auront lieu dans les villes saintes irakiennes de Najaf et de Karbala, deux des sites les plus sacrés pour les musulmans chiites. Khamenei sera enterré jeudi au sanctuaire de l’Imam Reza à Mechhed, sa ville natale dans le nord-est de l’Iran.
- Les responsables et les délégations étrangères rendent hommage à la Grande Mosquée de Téhéran
- Début de la visite publique ; des millions de personnes attendues pendant le week-end
- Procession funéraire principale à travers le centre de Téhéran ; espace aérien complètement fermé
- Cérémonies à Qom, centre de la hiérarchie chiite iranienne
- Cortèges à Najaf et Karbala, en Irak
- Inhumation au sanctuaire de l’Imam Reza à Mechhed
Délégations étrangères et dirigeants absents
Environ 30 délégations étrangères ont assisté aux cérémonies initiales, dont le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, l’ancien président russe Dmitri Medvedev, le ministre afghan des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi, et des représentants du Hezbollah et du Hamas. Le vice-président turc, le vice-ministre indien des Affaires étrangères, un haut responsable chinois et le président du Parlement bangladais étaient également présents. Aucun dirigeant européen n’a été invité. L’absence notable était celle de Modjtaba Khamenei, qui a succédé à son père comme Guide suprême début mars. Il a été blessé lors de la même attaque et n’est plus apparu en public depuis, ne communiquant que par des déclarations attribuées. Un ayatollah décrit comme son représentant en Inde a cité des préoccupations de sécurité pour expliquer son absence, tandis que des spéculations persistent sur son mauvais état de santé.
Dispositif de sécurité et logistique massive
Téhéran a été transformée en forteresse. Les routes dans une grande partie du centre-ville sont fermées aux véhicules privés, l’aéroport est partiellement fermé et le sera complètement lundi, et l’espace aérien est restreint. Les bureaux gouvernementaux sont fermés de samedi à lundi. Les hôtels ont offert des réductions de 50 %, les écoles et les mosquées ont été préparées pour accueillir les personnes en deuil, et les horaires des bus et des trains ont été modifiés. Les médias d’État ont rapporté que 50 millions de pains seraient cuits pour nourrir les participants.
Pourparlers de paix au point mort et mécontentement intérieur
Les funérailles ont lieu dans le contexte d’un processus de paix fragile. Un accord préliminaire avec les États-Unis a été signé il y a plus de deux semaines, avec un délai de 60 jours pour parvenir à un accord complet, mais les négociations sont au point mort. Les pourparlers médiatisés par le Qatar le 1er juillet se sont concentrés sur le détroit d’Ormuz et le Liban, tandis que le programme nucléaire reste une question lointaine. Les deux parties ont convenu de se retrouver après les funérailles.
Ceux qui sont présents ont choisi le bon côté de l’histoire.
Les autorités iraniennes présentent l’événement comme une démonstration d’unité et de force après des mois de guerre et de protestations contre le coût de la vie. Pourtant, les analystes notent que le soutien public à la République islamique est mince. De nombreux Iraniens sont épuisés par des décennies de sanctions et de répression, et lorsque la nouvelle de la mort de Khamenei s’est répandue en février, des habitants de certaines parties de Téhéran ont rapporté avoir entendu des acclamations depuis les fenêtres.


