
Frappe de drone sur un tribunal de village au Darfour : 35 morts, une ONG accuse l'armée soudanaise
Une attaque de drone en plein jour a visé un tribunal traditionnel à Garra al-Zawaya, au Darfour-Nord, où des civils s'étaient réunis pour des audiences locales. Emergency Lawyers a accusé l'armée d'être responsable ; les FSR ont fait état de 37 morts et 50 blessés.
Une frappe de drone sur un tribunal traditionnel du village de Garra al-Zawaya, dans l'État du Darfour-Nord au Soudan, a tué au moins 35 personnes dimanche 2 août, selon l'organisation de défense des droits Emergency Lawyers. L'attaque s'est produite vers 13 heures locales (11 h GMT) alors que des civils s'étaient rassemblés sous un arbre pour assister à des audiences sur des affaires et litiges locaux. L'organisation, qui documente les exactions des deux camps dans la guerre civile vieille de trois ans, a accusé l'armée soudanaise régulière d'avoir mené la frappe.
L'attaque
Le bâtiment du tribunal, une institution traditionnelle utilisée pour résoudre les conflits locaux et tribaux, a été endommagé par la frappe. Un témoin qui s'est exprimé auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat a déclaré que la séance se tenait avec la participation de responsables communautaires locaux. Parmi les morts figurent quatre chefs tribaux et deux commandants des Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires, a ajouté le témoin.
Des civils s'étaient rassemblés pour assister à des audiences sur un certain nombre d'affaires et de litiges locaux.
Le village est sous contrôle des FSR, près de la ville de Kabkabiya, à environ 150 kilomètres à l'ouest d'el-Fasher. El-Fasher était le dernier bastion de l'armée au Darfour avant que les FSR ne s'en emparent lors d'une offensive sanglante en octobre 2025.
Réactions
L'armée soudanaise n'a pas immédiatement répondu à l'accusation. Le gouvernement autoproclamé des FSR a condamné l'attaque, la qualifiant de « crime horrible », et a fait état de 37 morts et 50 blessés.
La guerre dans son ensemble
Le conflit entre l'armée, dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, et les FSR, commandées par son ancien adjoint Mohamed Hamdan Dagalo, a éclaté en avril 2023. Il a tué des dizaines de milliers de personnes, déplacé plus de 11 millions d'autres et déclenché ce que les Nations unies décrivent comme la crise de la faim la plus grave au monde. La guerre a de fait divisé le Soudan en deux : l'armée contrôle le nord, l'est et le centre, tandis que les FSR ont consolidé leur emprise sur le Darfour, à l'ouest, et sur une partie du sud.
Guerre des drones et bilan civil
L'utilisation de drones est devenue un trait de plus en plus marqué du conflit ces derniers mois. Selon l'ONU, plus de 1 000 civils ont été tués dans des frappes de drones au cours des cinq premiers mois de 2026. Les enquêteurs de l'ONU ont précédemment déclaré que les violences liées au siège et à la prise d'el-Fasher par les FSR portaient « les marques d'un génocide ». Les FSR sont issues des milices Janjaweed, accusées d'atrocités au Darfour au début des années 2000.
- La guerre civile éclate entre l'armée soudanaise et les FSR.
- Les FSR s'emparent d'el-Fasher, dernier bastion de l'armée au Darfour, après une offensive sanglante.
- Plus de 1 000 civils tués dans des frappes de drones, selon l'ONU.
- Une frappe de drone touche un tribunal traditionnel à Garra al-Zawaya, tuant au moins 35 personnes.


