
La France lutte contre des incendies de forêt intenses : 25 000 hectares brûlés, soit le double de la surface incendiée à la même date l'année dernière
Plus de 8 000 départs de feu ont ravagé 25 000 hectares en France depuis le début de la saison, soit le double de la surface brûlée au 10 juillet 2025. Une sécheresse sévère et une vague de chaleur ont placé 63 départements en risque élevé d'incendie, dont un en très élevé.
Ampleur des incendies
La France fait face à une saison de feux de forêt d'une intensité exceptionnelle, a déclaré Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, lors d'une conférence de presse vendredi 10 juillet 2026. Plus de 8 000 départs de feu ont brûlé 25 000 hectares depuis le début de la saison, exactement le double de la surface incendiée à la même date l'an dernier. La veille seulement, plus de 40 incendies ont été signalés. Les données du Système européen d'information sur les feux de forêt (Effis) confirment cette flambée : 7 800 hectares ont brûlé au cours des huit premiers jours de juillet 2026, contre un peu plus de 4 400 hectares pour l'ensemble du mois de juillet 2025.
Nous vivons une saison de feux de forêt d'une intensité exceptionnelle, avec plus de 8000 départs de feu pour 25 000 hectares, soit le double de ce qui a été mesuré l'an dernier à la même date.
Météo France a placé 63 départements en risque élevé d'incendie vendredi, tandis que la Haute-Garonne est en risque très élevé. Sa PDG, Virginie Schwartz, a souligné qu'avec une sécheresse importante de la végétation et des températures toujours élevées, le public doit faire preuve d'une grande prudence.
Dans le contexte d'une sécheresse importante de la végétation et du niveau encore élevé des températures, une grande prudence est demandée.
- 2026 (jusqu'au 10 juillet)
- 25000 hectares
- 2025 (jusqu'au 10 juillet)
- 12500 hectares
Incendie de Die et évacuations
Dans le département de la Drôme, un incendie de forêt près de Die brûle depuis sept jours dans un terrain escarpé et inhabité, proche des contreforts du Vercors. Malgré les efforts d'environ 570 pompiers, la zone brûlée est passée de 3 000 à 3 500 hectares jeudi. Environ 400 personnes ont été évacuées, notamment d'un camping, alors que les flammes avançaient. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a rapporté mercredi que plus de 325 départs de feu avaient été enregistrés dans tout le pays ce jour-là, soulignant l'ampleur de la crise.
- 325 départs de feu enregistrés dans tout le pays ; le ministre de l'Intérieur appelle à la solidarité des employeurs
- Météo France place 59 départements en danger d'incendie élevé ou très élevé ; l'incendie de Die atteint 3 500 hectares
- La DGSCGC annonce 25 000 hectares brûlés depuis le début de la saison ; l'incendie de Die provoque l'évacuation de 400 personnes ; plus de 40 incendies signalés en un jour
Mobilisation des moyens
La Sécurité civile a déployé ce que Julien Marion a appelé des moyens sans précédent : 2 240 pompiers spécialisés dans les feux de forêt et 640 véhicules de lutte. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise interministérielle vendredi. Le ministre de l'Intérieur a exhorté les employeurs à libérer les pompiers volontaires afin qu'ils puissent rejoindre l'effort, appelant à la solidarité.
Critique du syndicat des pompiers volontaires
Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, a déclaré à franceinfo que la situation devient très, très critique. Il a souligné que la surface brûlée début juillet a déjà dépassé le chiffre de juillet 2025. Ménard a estimé qu'une demande du gouvernement aux employeurs est perçue comme un échec de l'État, contrastant avec les demandes directes des travailleurs eux-mêmes qui sont bien accueillies.
Nous avons dépassé le volume brûlé l'an dernier et nous ne sommes qu'au début du mois de juillet.
Il a également souligné le rôle précaire des volontaires, qui représentent 68 % des interventions mais sont pour la plupart des salariés travaillant sur leur temps libre, à un coût quatre fois inférieur à celui des professionnels. Ménard a dénoncé une très grande précarité et l'utilisation des volontaires pour maîtriser les budgets. Une réunion entre la direction de la Sécurité civile et les syndicats prévue cette semaine a été reportée au début de la semaine prochaine. La possibilité de réquisitionner des pompiers professionnels pour reporter leurs congés d'été est également en discussion.


