
La presse espagnole croit en la magie de Yamal alors que la France de Mbappé aborde la demi-finale du Mondial en équipe « la plus redoutée »
Les voisins européens se rencontrent le 14 juillet à 21h00 à Dallas, la France de Kylian Mbappé étant largement considérée comme favorite mais une presse espagnole confiante misant sur Lamine Yamal et le souvenir de deux récentes victoires.
Le favori contre l'espoir
Alors que la première demi-finale de la Coupe du monde approche, la presse et les joueurs français affichent un front calme et uni. Le Monde rapporte qu'après qu'Ousmane Dembélé a marqué le deuxième but lors de la victoire 2-0 en quarts de finale contre le Maroc, il a immédiatement fait signe au onze de départ de célébrer avec les remplaçants. L'article présente ce moment comme emblématique d'une équipe où, selon les mots de Dembélé, « l'unité est dans l'ADN de ce groupe ». Le sélectionneur Didier Deschamps, dont l'équipe vise une troisième finale consécutive de Coupe du monde, a construit une équipe que le quotidien espagnol El País décrit comme « la plus redoutée grâce à son arsenal offensif », ayant « écrasé toutes ses rencontres » jusqu'à présent.
L'unité est dans l'ADN de ce groupe.
Médias espagnols : 'Nous avons un pressentiment'
De l'autre côté des Pyrénées, le ton, le matin du match, mêle le respect de la puissance française à un fort courant d'optimisme. Le quotidien sportif madrilène Marca affiche en la une la phrase « Nous avons un pressentiment », qualifiant la France de « colosse du football » armé de Mbappé, Michael Olise et Dembélé, mais présentant Lamine Yamal comme une « garantie contre l'équipe gauloise ». Le quotidien barcelonais Mundo Deportivo qualifie l'affrontement de « première finale » et concède que « les Bleus, menés par Mbappé, sont favoris face à une Espagne qui compte sur la magie de Yamal ». Sport publie une photo souriante de l'ailier du Barça avec le titre « En route pour la finale ! » et assure aux lecteurs que Yamal arrive « en grande forme et prêt à écrire l'histoire ».
Nous avons un pressentiment.
Les Bleus, menés par Mbappé, sont favoris face à une Espagne qui compte sur la magie de Yamal.
Le poids de l'histoire récente
La confiance espagnole ne repose pas uniquement sur l'espoir. Plusieurs médias évoquent deux récentes victoires contre la France. Le Figaro et Courrier international détaillent tous deux le bilan : une victoire 2-1 à l'Euro 2024, et une victoire 5-4 dans la Ligue des nations 2025, lors de laquelle l'Espagne menait 5-1. Super Deporte publie une photo du but spectaculaire de Yamal lors de cette rencontre de l'Euro 2024, tandis qu'Estadio Deportivo titre « Refais-le », rappelant aux lecteurs que les hommes de Luis de la Fuente visent une troisième victoire consécutive face à l'équipe menée par Mbappé. La RTBF belge cite l'analyste Swann Borsellino, qui prévient que les deux victoires précédentes peuvent avoir « une valeur mentale », mais que les équipes ont évolué et que « les cartes sont véritablement rebattues et équilibrées » désormais.
Refais-le.
Un duel de styles et de vedettes
Le match est présenté comme un contraste d'approches. Borsellino de la RTBF note que l'Espagne « défend en ayant le ballon » tandis que la France s'appuie davantage sur la qualité défensive individuelle, soulignant la forme de Dayot Upamecano dans les duels. Mais le récit est dominé par les deux figures offensives. El País oppose une France « équipe complète et cohérente depuis le premier jour » à une Espagne qui « compte sur la magie de Yamal ». La revue de presse européenne du Figaro constate une attente généralisée selon laquelle « Kylian Mbappé est supérieur à Lamine Yamal » et que le match sera une « finale symbolique », bien que la propre rubrique « question du jour » du journal refuse de l'appeler une finale avant l'heure, qualifiant cette idée de « présomptueuse » et « irrespectueuse » envers les demi-finalistes Argentine-Angleterre.
L'équipe de Deschamps, finaliste des deux dernières Coupes du monde et championne en 2018, aborde son avant-dernier match comme l'équipe la plus redoutée grâce à son arsenal offensif.
Le fantôme de 2006 et une nation en pause
Un écho historique plane sur les discussions d'avant-match. Plusieurs médias espagnols rappellent qu'en 2006, la presse espagnole parlait de mettre Zinédine Zidane à la retraite, une stratégie qui s'est retournée contre elle lorsqu'une France motivée a battu l'Espagne. Borsellino confie à la RTBF qu'il est « partagé » par ce souvenir et n'est pas convaincu que la confiance actuelle de l'Espagne motivera davantage les joueurs français, qualifiant cela de « jeu équitable ». Courrier international capture l'atmosphère des deux côtés de la frontière en notant que le coup d'envoi à 21h00 est « l'un de ces rendez-vous qui mettent tout un pays à l'arrêt » d'un côté des Pyrénées à l'autre. Le vainqueur affrontera soit l'Argentine, soit l'Angleterre en finale cinq jours plus tard.


