
La Cour d’appel de Milan ordonne la fermeture de la zone à chaud de l’ex-Ilva de Tarente sous 90 jours, sauf retrait de l’amiante et réduction des poussières fines
La Cour d’appel de Milan a jugé que la zone à chaud de l’ancienne usine Ilva de Tarente doit cesser ses activités sous 90 jours, donnant aux entreprises jusqu’à fin octobre pour achever l’arrêt. La reprise est conditionnée au retrait de 2 000 kilogrammes d’amiante et à la réduction des émissions de particules PM10 et PM2,5 à des niveaux sûrs.
Décision de justice
Dix membres de l’association Genitori Tarantini et un enfant atteint d’une mutation génétique rare, représentés par les avocats Ascanio Amenduni et Maurizio Rizzo Striano, ont contesté la poursuite de l’exploitation de l’usine sidérurgique. La Cour d’appel de Milan, dans un décret signé par la juge Marianna Galioto, a accepté leur recours et ordonné la suspension de toutes les activités sidérurgiques dans la zone à chaud. La décision accorde aux sociétés Ilva SpA, Acciaierie d’Italia SpA et Acciaierie d’Italia Holding SpA (toutes en administration extraordinaire) un délai de 90 jours à compter de la dernière notification pour achever l’arrêt sous contrôle de l’autorité de surveillance.
L’acceptation des demandes des citoyens implique nécessairement la suspension des activités dans la zone à chaud de l’usine.
Risques sanitaires et amiante
Environ 2 000 kilogrammes d’amiante subsistent dans les installations. L’amiante est la seule cause connue du mésothéliome pleural malin, qui apparaît à un taux quatre fois supérieur aux attentes parmi les populations de Tarente et de Statte. La cour a relevé la détérioration progressive de l’usine et son danger persistant pour la santé publique. Elle a partiellement écarté l’Autorisation environnementale intégrée (AIA) de 2025, estimant que le permis ne prévoyait pas de protections suffisantes contre les poussières fines pour un scénario de production de 6 millions de tonnes par an et que, en l’absence d’obligations contraignantes de décarbonation, l’usine pourrait fonctionner pendant encore douze ans sans réduire ses émissions.
L’AIA dure douze ans et, en l’absence de lien contraignant entre les plans de décarbonation et la poursuite de l’activité à cycle complet, l’activité peut se poursuivre sans décarbonation pendant encore douze ans.
Précédent juridique et rejet partiel
La décision d’appel s’appuie sur une ordonnance de février 2026 du Tribunal de Milan qui avait fixé au 24 août la date limite pour cesser la production en raison de contrôles insuffisants des particules, mais ne traitait pas de l’amiante. L’arrêt d’aujourd’hui repose sur un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne du 25 juin 2024, qui a estimé que lorsqu’une usine sidérurgique crée des dangers graves pour l’environnement et la santé humaine, son exploitation doit être suspendue et les délais pour les mesures de protection ne peuvent être prolongés à plusieurs reprises. La cour a fait droit aux demandes des citoyens concernant l’amiante et les poussières fines, mais a rejeté leur requête relative aux réductions de gaz à effet de serre.
- La Cour de justice de l’Union européenne statue que l’exploitation d’une usine sidérurgique doit être suspendue si des risques graves pour la santé et l’environnement persistent.
- Le Tribunal de Milan ordonne la fermeture de la zone à chaud d’ici le 24 août 2026 si les conditions environnementales ne sont pas remplies.
- La Cour d’appel de Milan confirme la plainte des citoyens et ordonne la suspension de la zone à chaud sous 90 jours.
- Date limite pour l’achèvement de l’arrêt de la zone à chaud, sauf si l’amiante est retiré et les particules dans les limites.
Réaction politique et gouvernementale
Le verdict est tombé la veille d’une réunion du 28 juillet au Palazzo Chigi entre le gouvernement et les syndicats pour discuter de la situation du groupe Ilva et de la procédure de vente en cours. Un conseil des ministres est également prévu le 3 août avec des dispositions urgentes sur Ilva à l’ordre du jour. Mario Turco, vice-président du Mouvement Cinq Étoiles, a publié une déclaration critiquant la gestion du dossier par le gouvernement.
L’arrêt certifie l’échec de la stratégie menée jusqu’à présent par le gouvernement Meloni et le ministre Urso. La confirmation de la fermeture de la zone à chaud, motivée par la persistance de risques graves pour la santé et l’environnement des citoyens de Tarente, démontre que les mesures adoptées ces dernières années ont été totalement insuffisantes.
Prochaines étapes
Les trois entreprises concernées doivent désormais achever l’arrêt de la zone à chaud sous 90 jours, sous la supervision de l’autorité de contrôle. Ce n’est qu’après le retrait intégral de l’amiante et la réduction des émissions de poussières fines à des niveaux sûrs que l’usine sera autorisée à redémarrer. La décision durcit les conditions fixées par le tribunal de première instance et souligne l’insuffisance, selon les juges, de l’AIA de 2025 en tant que cadre protecteur pour la production d’acier à grande échelle à Tarente.

