
Felipe VI met en garde contre l'érosion des libertés lors de la remise du prix au journaliste Miguel Ángel Aguilar
Lors d'une cérémonie au Congrès des députés, Felipe VI a remis le prix du 15 juin pour les valeurs constitutionnelles au journaliste chevronné Miguel Ángel Aguilar, appelant les institutions à défendre les libertés acquises durant la transition démocratique espagnole.
Un chroniqueur chevronné de la démocratie espagnole
Miguel Ángel Aguilar, 83 ans, couvre la vie politique espagnole depuis près de six décennies, ayant fait ses débuts au sein des Cortes en 1966 sous la dictature franquiste. Au cours de 16 législatures, il a été témoin de changements de gouvernements, de votes et des moments marquants d'une démocratie qui approche de son 50e anniversaire. Lors de la cérémonie, le journaliste parlementaire et chroniqueur pour 20minutos a défendu son style fondé sur le « contact personnel et le témoignage direct », insistant sur le fait que l'indépendance d'un journaliste réside dans sa capacité à conserver ses propres critères.
L'indépendance d'un journaliste doit se mesurer à sa capacité à conserver ses propres critères.
L'avertissement du roi sur l'érosion des libertés
En remettant la sixième édition du prix du 15 juin, Felipe VI a repris la métaphore d'Aguilar selon laquelle les libertés « sont sujettes à l'érosion, oxydables comme les métaux ». Le monarque a déclaré qu'il est essentiel de continuer à lutter pour consolider, préserver et développer les libertés, et de ne pas les considérer comme acquises. Il a averti que l'oubli peut fragiliser les fondements de la société, affirmant que le renforcement des libertés est la responsabilité de tous les démocrates et de toutes les institutions de l'État, y compris la Couronne.
Ce qui compte, c'est de continuer à lutter (une fois les libertés acquises) pour les consolider, les préserver et les développer ; ne pas les considérer comme acquises ; ne pas laisser le temps les ternir et les couvrir de rouille. Je m'y engage pleinement.
Échos de la Transition
Le roi et Aguilar ont tous deux évoqué la transition démocratique qui a suivi la mort de Francisco Franco. Felipe VI l'a qualifiée d'« énorme exercice collectif de civisme », rappelant les premières élections libres du 15 juin 1977 (que le prix commémore) et la ratification de la Constitution le 6 décembre 1978. Il a souligné que la mémoire n'est pas un « répertoire factice de nostalgie » mais la racine de l'identité, et que l'oubli peut fragiliser ce que nous sommes.
L'oubli peut aussi fragiliser ce que nous sommes.
Le prix et ses promoteurs
Le prix est décerné par la plateforme civique España Juntos Sumamos, dirigée par Victoria Carvajal et l'ancien député José Ignacio Prendes. Parmi les précédents lauréats figurent le banquier Jaime Carvajal, l'ONG Taxis sin fronteras et l'ancien gouverneur de la Banque d'Espagne Pablo Hernández de Cos. La cérémonie, qui s'est tenue dans la salle constitutionnelle du Congrès des députés, a réuni la présidente du Congrès Francina Armengol, le ministre de la Transformation numérique Óscar López, ainsi que des porte-paroles parlementaires du PP, du PSOE et de Vox, parmi d'autres officiels et journalistes.
Un appel à la concorde perdue
Aguilar a profité de son discours pour rappeler l'esprit de la Transition, lorsque « le renoncement mutuel aux programmes maximalistes a rendu possible un chemin de compréhension civile, intellectuelle et cordiale ». Il a opposé cette époque à la situation actuelle, affirmant que de telles attitudes de concorde au-delà des désaccords « nous manquent désormais ». De son côté, Armengol a réclamé « liberté et vérité face à la manipulation », soulignant la pertinence actuelle de la défense des valeurs constitutionnelles.

