
La Cour suprême des États-Unis autorise le procès d'ExxonMobil contre Cuba pour les saisies de biens de l'ère Castro
La Cour suprême des États-Unis a statué par 6 voix contre 3 qu'ExxonMobil peut poursuivre les entreprises publiques cubaines pour des actifs confisqués après la révolution de Fidel Castro, écartant une défense d'immunité souveraine qui bloquait l'affaire.
La décision
Les six juges conservateurs de la Cour suprême ont formé la majorité, tandis que les trois juges libéraux ont émis une opinion dissidente. Le juge Brett Kavanaugh a rédigé l'avis, déclarant que la loi Helms-Burton de 1996 supprime l'immunité souveraine des agences et instruments cubains dans les procès concernant des biens confisqués.
La loi Helms-Burton autorise des actions privées contre les agences et instruments cubains – des actions qui seraient largement vouées à l'échec si elles étaient soumises aux exigences de la FSIA.
La juge Elena Kagan, rejointe par les deux autres membres libéraux de la cour, a soutenu que la loi ne prévoit pas clairement de déroger à la loi sur l'immunité des États étrangers.
Rien dans le texte ou « l'architecture » de la loi Helms-Burton ne suggère que le Congrès a abrogé l'immunité souveraine de ces défendeurs – encore moins qu'il l'a fait avec la clarté indubitable requise.
Les biens saisis
ExxonMobil, alors connue sous le nom de Standard Oil, a perdu sa raffinerie de pétrole cubaine, ses terminaux, ses usines d'embouteillage et plus de 100 stations-service lorsque le gouvernement de Fidel Castro a nationalisé les biens étrangers en 1960. La Commission américaine de règlement des réclamations étrangères a évalué les actifs à 71,6 millions de dollars en 1969, plus 6 % d'intérêts annuels à partir de 1960. Avec les intérêts et les éventuels dommages-intérêts triples, la réclamation se situe désormais entre 1 et 3 milliards de dollars, selon la source.
Exxon a poursuivi trois entités publiques cubaines, dont la Corporación CIMEX et l'Unión Cuba-Petróleo (CUPET), alléguant qu'elles continuent d'exploiter et de profiter des biens confisqués sans compensation.
Contexte juridique
La loi Helms-Burton, signée par le président Bill Clinton en 1996, était une réponse à l'abattage par Cuba d'avions civils pilotés par des exilés basés à Miami. Le titre III permet aux ressortissants américains de poursuivre quiconque trafique des biens confisqués par le gouvernement cubain après la révolution de 1959. Chaque président a suspendu cette disposition jusqu'à ce que Donald Trump lève la suspension en 2019. ExxonMobil a déposé sa plainte le même jour.
Un tribunal inférieur a statué en 2024 que CIMEX pouvait invoquer l'immunité souveraine, bloquant le procès. La décision de mardi annule cette décision et renvoie l'affaire pour la poursuite de la procédure sur le fond.
- Le gouvernement Castro saisit la raffinerie, les terminaux et plus de 100 stations-service d'Exxon à Cuba
- Signature de la loi Helms-Burton ; le titre III autorise les procès pour biens confisqués
- Trump lève la suspension du titre III ; ExxonMobil dépose une plainte contre CIMEX et CUPET
- Un tribunal inférieur juge CIMEX immunisé en vertu de la loi sur l'immunité des États étrangers
- La Cour suprême annule la décision du tribunal inférieur, permettant au procès de suivre son cours
Implications plus larges
Cette décision est la deuxième de ce mandat en faveur des propriétaires américains de biens confisqués à Cuba. En mai, les juges ont relancé les réclamations d'un exploitant de dock américain contre des compagnies de croisière qui utilisaient les quais confisqués de La Havane. Les deux décisions renforcent la campagne de pression de l'administration Trump contre Cuba, qui comprend déjà un embargo pétrolier et des sanctions contre les pays fournissant du carburant à l'île.
L'administration a soutenu la position d'Exxon, arguant que ces procès sont un outil diplomatique essentiel. La décision intervient dans un contexte de tensions accrues : les États-Unis ont récemment porté des accusations de meurtre contre l'ancien président cubain Raúl Castro, et l'île traverse sa pire crise économique depuis des décennies.

