
Erdogan prévoit une élection anticipée en avril 2028 pour contourner les limites de mandat en Turquie
Le président turc Recep Tayyip Erdogan entend se porter candidat à sa réélection le 16 avril 2028, avançant le scrutin d’un mois par rapport à la date prévue afin de contourner les limites constitutionnelles sur les mandats présidentiels consécutifs.
Proposition d'élection anticipée pour avril 2028
Le président turc Recep Tayyip Erdogan entend briguer un quatrième mandat en convoquant une élection anticipée le 16 avril 2028. Ce plan, confirmé jeudi par son conseiller juridique en chef Mehmet Ucum, avance le scrutin d’un mois exactement par rapport à la date prévue en mai 2028. Selon la Constitution turque, un président ne peut effectuer plus de deux mandats de cinq ans s’il achève son mandat complet. Cependant, les règles constitutionnelles permettent à un président en exercice de se représenter si le Parlement vote pour renouveler les élections avant la fin du mandat présidentiel.
Ucum a confirmé cette stratégie lors d'interviews accordées à des médias turcs, notamment la chaîne privée NTV et le journal Cumhuriyet :
Si 360 députés soutiennent une décision de convoquer une nouvelle élection, elle se tiendra le 16 avril 2028.
- Erdogan devient Premier ministre de la Turquie
- Erdogan est élu président de la Turquie pour la première fois
- Le référendum approuve le passage à un système présidentiel exécutif
- Erdogan remporte la réélection alors que la présidence exécutive entre en vigueur
- Erdogan remporte un troisième mandat présidentiel
- Date proposée pour l'élection présidentielle anticipée
Seuil parlementaire et calculs de coalition
Avancer la date de l'élection nécessite un vote à la majorité qualifiée à la Grande Assemblée nationale de Turquie. Selon la Constitution, au moins 360 des 600 députés de l'Assemblée doivent voter en faveur de la dissolution du Parlement et de la convocation d'élections anticipées. Le parti présidentiel, le Parti de la justice et du développement (AKP), et son allié nationaliste de coalition, le Parti d'action nationaliste (MHP), détiennent actuellement ensemble 326 sièges au Parlement.
Cette répartition laisse la coalition au pouvoir à 34 voix du seuil requis. Pour déclencher l'élection d'avril 2028, l'AKP doit obtenir le soutien de députés de l'opposition ou de députés indépendants. Ucum a évoqué la perspective de dissoudre le Parlement pour organiser des élections anticipées en juin, tandis que des analystes notent que le gouvernement pourrait également explorer un projet d'amendement constitutionnel distinct pour modifier directement les règles relatives aux mandats.
- Coalition AKP et MHP
- 326 sièges
- Seuil requis
- 360 sièges
- Total des sièges parlementaires
- 600 sièges
Bilan de la gouvernance et questions de succession
Le dirigeant turc de 72 ans gouverne le pays sans interruption depuis 2003. Erdogan a effectué trois mandats de Premier ministre entre 2003 et 2014 avant de remporter sa première élection présidentielle en 2014. La Turquie a adopté un système présidentiel exécutif à la suite d'un référendum constitutionnel en 2017, et Erdogan a été réélu sous la nouvelle structure en 2018. Il a été réélu pour un troisième mandat en mai 2023, après une campagne menée à la suite d'un tremblement de terre dévastateur.
Après sa victoire de mai 2023, Erdogan a déclaré que le mandat 2023-2028 serait son dernier mandat, promettant de confier l'avenir du pays à la jeunesse. Comme Erdogan n'a pas de successeur naturel désigné, des déclarations ultérieures ont suggéré son maintien en fonction. Lors d'une visite de week-end dans sa province natale de Rize, sur la mer Noire, Erdogan s'est adressé à ses partisans au sujet des prochaines campagnes électorales :
Dans cette unité et cette solidarité, je renouvelle ma conviction que nous réussirons, si Dieu le veut, à traverser les prochaines élections.
Prochaines étapes pour le parti au pouvoir
Les responsables gouvernementaux avaient maintenu à plusieurs reprises que les élections se dérouleraient strictement dans les délais prévus. Après le discours d'Erdogan à Rize, le porte-parole de l'AKP, Omer Celik, a rejeté les discussions sur une élection anticipée, affirmant qu'aucun vote n'était à l'ordre du jour du parti. L'annonce d'Ucum constitue la première confirmation officielle qu'Erdogan entend se présenter à sa réélection en 2028. La coalition au pouvoir doit maintenant décider quand introduire une motion d'élection anticipée au Parlement pour obtenir les 360 voix nécessaires pour valider le scrutin.

