
Le moine et écrivain Enzo Bianchi, fondateur de la communauté de Bose, meurt à Turin à 83 ans
Enzo Bianchi, bibliste italien et fondateur de la communauté monastique œcuménique de Bose, est mort le 1er septembre 2026 à l'hôpital Molinette de Turin des suites de complications rénales aiguës.
Décès à Turin
Enzo Bianchi, moine, bibliste et fondateur de la communauté monastique de Bose, est mort le matin du 1er septembre 2026 à l'âge de 83 ans. Il est décédé à l'hôpital Molinette de Turin des suites de complications liées à une décompensation rénale aiguë, qui l'avait plongé dans un coma métabolique lors de ses derniers jours. Bianchi suivait une dialyse régulière depuis plusieurs années, décrivant ce déclin physique comme une douleur insensée tout en poursuivant sa routine. Né le 3 mars 1943 à Castel Boglione, dans la province d'Asti, il sera inhumé dans son village natal. Après avoir perdu sa mère durant sa petite enfance, il fut élevé par son père, un athée et communiste qui lui apprit à prendre soin des plus pauvres de la société.
Fondation de Bose et contributions théologiques
Bianchi obtint un diplôme de comptabilité puis entreprit des études universitaires d'économie avant de quitter cette voie pour se consacrer à la prière solitaire. En 1965, il fonda la communauté monastique de Bose dans la région de Biella, dans le Piémont, créant une fraternité œcuménique intégrant des membres catholiques, protestants et orthodoxes. Parallèlement à la vie monastique, Bianchi fonda les Éditions Qiqajon, la maison d'édition par laquelle il publia de nombreux commentaires bibliques et essais spirituels. Tout au long de sa carrière, il fut consultant du pape Benoît XVI et fut nommé en 2014 par le pape François comme consulteur du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Il participa activement aux débats sur la messe traditionnelle en latin, défendant constamment les réformes du concile Vatican II. Ses écrits se concluent avec son volume "Raccontare l'amore", publié chez Rizzoli.
- Enzo Bianchi naît à Castel Boglione, Asti
- Fonde la communauté monastique de Bose dans la région de Biella
- Nommé consulteur du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
- Démissionne de son poste de prieur de la communauté de Bose
- Expulsé de Bose suite à un décret du Vatican
- Meurt à 83 ans à l'hôpital Molinette de Turin
Intervention vaticane et Casa della Madia
Bianchi quitta ses fonctions de prieur de Bose en 2017 après avoir dirigé la communauté pendant plus de cinq décennies. À la suite d'une visite apostolique du Vatican visant à résoudre les tensions et discordes internes au sein de la fraternité, le pape François publia un décret en 2020 ordonnant à Bianchi de quitter le monastère de Bose pour faciliter un transfert de gouvernance. Bianchi se conforma à la décision du Saint-Siège et s'installa à Albiano d'Ivrea, où il fonda une nouvelle communauté nommée Casa della Madia. Lors d'une conférence en 2019 à Repubblica delle Idee aux côtés d'Antonio Gnoli, Bianchi évoqua la nature exigeante du pardon religieux.
Le pardon est un aspect de la miséricorde, et malheur à ceux qui déclarent le pardon trop facilement.
Dialogue public et derniers mois
Durant ses dernières années, Bianchi tint des chroniques régulières dans des publications italiennes, notamment le quotidien turinois La Stampa. Au festival Torino Spiritualita 2024, il s'adressa à la politique européenne envers les migrants, exhortant le continent à retrouver la fraternité face à la régression. En mai 2026, il fit une présentation publique à Turin pour un livre du père Antonio Spadaro, secrétaire du Dicastère pour la Culture du Vatican. Il prit la parole à Mondovi le 31 mai 2026 lors d'un événement public avec l'auteur-compositeur-interprète Vinicio Capossela, et rendit visite à des moines bouddhistes à l'Institut Lama Tzong Khapa de Pomaia à la mi-juin. Le 3 août 2026, il assista aux funérailles de Don Antonio Mazzi, avant de retourner à sa cascina pour célébrer la Transfiguration le 6 août.
En regardant mon passé, je réalise que le chemin de l'apprentissage de la mort était le chemin de l'apprentissage de la vie.


