
L'effondrement d'un immeuble à Gaza fait au moins 20 morts, les secouristes fouillent les décombres à mains nues
Au moins 20 personnes sont mortes et des dizaines d'autres sont restées piégées lorsqu'un immeuble résidentiel endommagé par la guerre s'est effondré dans la ville de Gaza tôt mercredi matin, poussant les équipes de secours à fouiller les décombres à mains nues.
Effondrement à Tal al-Hawa
Aux alentours de 2 heures du matin mercredi, l'immeuble résidentiel Saada, dans le quartier de Tal al-Hawa à Gaza, s'est effondré sur les maisons voisines et les tentes de personnes déplacées. Ce bâtiment de plusieurs étages, qui comptait quatre appartements par niveau sur six ou sept étages, avait subi des dommages structurels lors de précédentes frappes israéliennes. Au moins dix familles déplacées s'étaient abritées à l'intérieur du complexe instable lorsqu'il s'est effondré, y étant retournées en raison d'une grave pénurie de tentes et d'autres logements dans toute la ville.
- L'immeuble résidentiel Saada s'effondre sur des tentes voisines à Gaza.
- Des responsables hospitaliers font état d'un premier bilan de 12 morts et 15 blessés.
- La Défense civile de Gaza confirme que le nombre de morts a atteint au moins 16.
- Les secours confirment que le bilan s'élève à au moins 20 morts.
Bilan humain en hausse et secours à mains nues
Mercredi après-midi, la Défense civile et les équipes médicales ont confirmé que le bilan s'élevait à au moins 20 morts, dont six enfants, tandis qu'entre 14 et 25 blessés ont été transportés vers des établissements médicaux, dont l'hôpital Shifa. Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Basal, a déclaré que près de 100 personnes étaient présumées piégées sous les décombres de béton. Les secouristes, assistés par du personnel de secours égyptien et le Comité international de la Croix-Rouge, ont déblayé les gravats à mains nues et avec de petits outils, faute d'engins de chantier lourds. Le directeur de la Défense civile de la ville de Gaza, Raed al-Dahshan, a confirmé que les équipes de recherche continuaient de détecter des signes de vie sous les ruines.
Nous entendons encore des voix sous les décombres, il y a donc encore de l'espoir de retrouver des gens.
Pénurie d'équipement et restrictions aux frontières
Des responsables palestiniens et des représentants des Nations Unies ont attribué l'absence de pelleteuses et d'équipements de secours lourds aux restrictions imposées par Israël aux frontières de la bande de Gaza. Le gouvernement israélien affirme que ces contrôles à l'importation visent à empêcher que des machines à double usage ne tombent entre les mains de groupes militants. Ce déficit d'équipement a contraint les secouristes à déblayer manuellement les gravats, compliquant les efforts pour retrouver les survivants et gérer environ 61 millions de tonnes de décombres de guerre dans l'ensemble de l'enclave. Le coordonnateur humanitaire de l'ONU, Ramiz Alakbarov, a appelé à un accès immédiat à des options de logement plus sûres pour les civils déplacés.
Personne ne devrait risquer sa vie simplement pour trouver un endroit sûr où s'abriter.
Structures vulnérables dans tout le territoire
Les services d'urgence locaux estiment qu'environ 2 000 bâtiments endommagés dans toute l'enclave restent occupés par des familles palestiniennes n'ayant nulle part ailleurs où se réfugier contre les intempéries. Dans la seule zone de la ville de Gaza, les autorités ont identifié environ 70 bâtiments présentant un risque de défaillance structurelle. Alessandro Mrakic, chef du bureau du Programme des Nations Unies pour le développement à Gaza, a averti que les pluies automnales et hivernales à venir menacent de déstabiliser des centaines de structures supplémentaires déjà compromises.
Il y a environ 400 bâtiments menacés d'effondrement. Et nous savons que ces bâtiments s'effondreront, surtout maintenant avec l'hiver qui approche.
- Zone de la ville de Gaza exposée à un risque d'effondrement
- 70 bâtiments
- Ensemble du territoire exposé à un risque d'effondrement
- 400 bâtiments
- Bâtiments endommagés habités dans toute la bande de Gaza
- 2000 bâtiments
Efforts de reconstruction au point mort
Les initiatives diplomatiques menées par les médiateurs régionaux et le Conseil pour la paix à la suite de l'accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre 2025 n'ont pas permis l'entrée à grande échelle de matériaux de construction. Des milliers de corps issus des premières phases de la guerre restent non retrouvés sous les décombres dans tout le territoire. Par ailleurs, les opérations militaires israéliennes dans la zone se poursuivent, notamment une frappe mardi qui a tué un agent de la Défense civile et un adolescent, un incident que l'armée israélienne a déclaré viser des militants du Hamas et qui fait l'objet d'un examen interne.


