
La Cour suprême du Brésil condamne Eduardo Bolsonaro pour avoir cherché des sanctions américaines afin de faire dérailler le procès pour coup d'État de son père
Le verdict unanime a établi que l'ancien député, vivant aux États-Unis, a fait pression sur Washington pour pénaliser des juges et imposer des tarifs douaniers afin d'interférer dans le procès de 2025 de Jair Bolsonaro.
La condamnation
Une formation de quatre juges de la Cour suprême à Brasília a condamné Eduardo Bolsonaro mardi pour coercition dans le cadre d'une procédure judiciaire. Il était le troisième fils de l'ancien président Jair Bolsonaro et avait déménagé aux États-Unis au début de l'année 2025. Le vote a été unanime : les juges Alexandre de Moraes, Cristiano Zanin, Cármen Lúcia et Flávio Dino ont tous soutenu le verdict de culpabilité.
Certains rapports indiquent que le tribunal l'a condamné à quatre ans de prison en régime semi-ouvert, huit ans d'inéligibilité et une amende. D'autres sources affirment que la peine était encore en cours de détermination à la fin de l'audience. Le procès s'est déroulé par contumace, un avocat commis d'office le représentant après qu'il n'ait pas désigné d'avocat et que sa demande de récusation du juge de Moraes ait été rejetée.
La recherche d'une ingérence américaine
Les procureurs ont déclaré qu'Eduardo Bolsonaro avait fait pression sur les autorités américaines, y compris l'administration Trump, pour imposer des sanctions aux juges de la Cour suprême et des tarifs douaniers sur les produits brésiliens. Le but était d'entraver le procès de son père pour un complot de coup d'État à la suite de la défaite électorale de 2022 face à Luiz Inácio Lula da Silva.
Il n'appartient pas à un parlementaire de faire pression contre son propre pays.
Le tribunal a appris que le jeune Bolsonaro avait admis dans des entretiens avoir déménagé aux États-Unis spécifiquement pour faire pression sur la Maison Blanche en faveur de sanctions contre des magistrats brésiliens. Le juge de Moraes a présenté des déclarations vidéo lors de l'audience.
Le contexte familial Bolsonaro
Jair Bolsonaro, l'ancien président d'extrême droite, a été condamné en septembre 2025 pour complot de coup d'État et condamné à 27 ans de prison. Eduardo Bolsonaro a perdu son siège à la Chambre des députés en décembre 2025 pour absence injustifiée, étant aux États-Unis depuis février ou mars de cette année-là. Son frère Flávio, sénateur, est désormais candidat à la présidence pour l'élection d'octobre 2026, visant à empêcher la réélection de Lula.
Je n'ai pas été dûment informé de la procédure judiciaire du tribunal.
Eduardo Bolsonaro a affirmé que son travail aux États-Unis ne visait pas à obtenir l'acquittement de son père, mais à contraindre la Cour suprême à punir des fonctionnaires qui, selon lui, violaient la constitution brésilienne.
Chronologie des événements clés
- Eduardo Bolsonaro s'installe dans la région de Washington, évoquant plus tard l'objectif de faire pression pour des sanctions américaines contre des juges brésiliens.
- Jair Bolsonaro est reconnu coupable de complot de coup d'État et condamné à 27 ans de prison.
- Eduardo Bolsonaro perd son siège à la Chambre des députés pour absence injustifiée.
- La formation de la Cour suprême condamne à l'unanimité Eduardo Bolsonaro pour coercition, la peine finale étant encore en cours de détermination.
Tensions politiques et commerciales
Le verdict intervient au début de la campagne électorale brésilienne, alors que Washington menace de nouveaux tarifs douaniers pour des pratiques commerciales prétendument déloyales. L'année dernière, les États-Unis ont imposé des sanctions à des juges brésiliens et annoncé des tarifs douaniers qui ont ensuite été annulés par leur propre Cour suprême. Cet épisode met en lumière l'intersection entre la justice politique brésilienne et les tactiques de pression commerciale de l'administration Trump.


