
Castlelake rend publique son offre de 4,74 milliards de livres sur easyJet après le rejet d'une troisième proposition par le conseil, et fait pression sur les actionnaires avant la date limite du 26 juin
Le fonds d'investissement américain a présenté lundi sa proposition de 6,25 livres par action directement aux actionnaires d'easyJet, après que le conseil d'administration a rejeté à l'unanimité une troisième approche non sollicitée, créant une confrontation avant la date limite de dépôt d'une offre formelle jeudi.
La pression publique
Castlelake a divulgué lundi les termes de sa troisième proposition non contraignante pour easyJet, valorisant la compagnie aérienne low-cost britannique à 4,74 milliards de livres en numéraire. La société basée à Minneapolis, qui gère environ 38 milliards de dollars d'actifs et a investi plus de 24 milliards de dollars dans l'aviation depuis 2005, a déclaré qu'elle rendait publique son offre « après le rejet de trois propositions » et le « refus du conseil de s'engager de manière constructive ». Cette démarche fait peser la pression sur les actionnaires avant la date limite du 26 juin, date à laquelle Castlelake doit, selon les règles britanniques sur les OPA, déposer une offre formelle ou se retirer.
Offres croissantes
Les trois offres de Castlelake sont passées de 5,60 livres par action (12 juin) à 6,00 livres (17 juin) et enfin 6,25 livres. La dernière offre représente une prime d'environ 57 % par rapport au cours de clôture d'easyJet de 3,94 livres le 29 mai, dernière séance avant que l'intérêt ne soit rendu public. Castlelake a également indiqué qu'il proposerait une alternative en actions partielles pour permettre aux actionnaires de rester investis dans la compagnie en tant qu'entreprise privée, sous réserve d'un plafond de participation.
- Les actions easyJet clôturent à 3,94 £ ; l'intérêt de Castlelake est rendu public le lendemain
- Première proposition non contraignante à 5,60 £ par action, rejetée par le conseil
- Deuxième proposition à 6,00 £ par action, rejetée
- Troisième proposition à 6,25 £ par action, rejetée à l'unanimité par le conseil dimanche
- Castlelake rend publique la troisième proposition ; les actions easyJet clôturent à 518p
- Date limite pour déposer une offre ferme ou se retirer
La défense d'easyJet
Le conseil a rejeté la troisième approche, la qualifiant de « hautement opportuniste » et estimant qu'elle ne reflétait pas les perspectives à moyen terme de la compagnie, son bilan solide et sa structure de capital. easyJet souligne un bénéfice avant impôt qui a progressé de 46 % au cours des deux dernières années et un objectif à moyen terme de plus d'un milliard de livres de bénéfice annuel avant impôt. La compagnie a transporté 93 millions de passagers au cours de l'exercice clos le 30 septembre 2025, générant un chiffre d'affaires d'un peu plus de 10 milliards de livres avec un bénéfice avant impôt de 665 millions de livres. Elle a enregistré une perte avant impôt de 552 millions de livres au premier semestre clos le 31 mars 2026, sur un chiffre d'affaires de 3,95 milliards de livres, transportant 42 millions de passagers, plombée par les chocs du coût du carburant liés à la guerre en Iran.
Les propositions ne reflètent pas les perspectives à moyen terme d'easyJet, son bilan solide ni sa structure de capital. Elles sont hautement opportunistes et sous-évaluent fondamentalement la société par rapport à un cours de bourse temporairement déprimé.
La question des actionnaires
L'attention se porte désormais sur le registre des actionnaires, où Stelios Haji-Ioannou, le fondateur de la compagnie, et sa famille contrôlent 15,3 % via la fondation EasyGroup. Il ne s'est exprimé publiquement ni pour ni contre. Les fonds d'investissement détiennent environ 70 % du capital. L'action easyJet a clôturé en hausse de 2,78 % à 518 pence lundi, après avoir touché un gain intraday de 5,3 %. Depuis le 29 mai, le titre a progressé d'environ 27 %, mais reste bien en dessous du prix d'offre de 625 pence, un écart que le marché interprète comme un scepticisme quant à une rébellion des actionnaires.
Structure de propriété et règles de l'UE
Pour se conformer aux règles européennes sur la propriété des compagnies aériennes exigeant une majorité de contrôle par des ressortissants de l'UE, Castlelake s'est associé à Peter Bellew, ancien PDG de Malaysia Airlines et ancien dirigeant de Ryanair et easyJet, et à Mark Breen, ancien dirigeant de la compagnie dominicaine Arajet. Le véhicule d'offre serait détenu à 51 % par des ressortissants de l'UE et d'autres investisseurs, Castlelake détenant 49 %, selon des rapports. Castlelake a déclaré que Goldman Sachs a confirmé sa capacité à organiser le financement par emprunt nécessaire. Le conseil d'easyJet a cependant émis des « réserves importantes » concernant l'endettement élevé et a qualifié la structure de propriété envisagée d'« opaque ».

