
Le vote au Sejm
Le mardi 20 octobre 2026, le Sejm a rejeté une motion de censure déposée par Droit et Justice (PiS) contre Andrzej Domański, ministre des Finances et de l'Économie. Les députés ont voté 234 contre la motion et 204 pour, sans aucune abstention. L'adoption de la motion nécessitait au moins 231 voix : Andrzej Domański reste donc en fonction. Au total, 438 députés ont pris part au vote.
- Contre la motion
- 234 voix
- Pour la motion
- 204 voix
- Abstentions
- 0 voix
Données tirées du texte de l’article
Le député PiS Zbigniew Kuźmiuk a présenté les motifs de la motion et accusé le ministre d'avoir provoqué une grave crise des finances publiques. Il a cité les déficits budgétaires record, la hausse de la dette publique et des recettes fiscales prévues qui ne se sont pas matérialisées. Zbigniew Kuźmiuk a aussi critiqué le projet de budget 2027, qui prévoit un déficit de 282 milliards de zlotys, et la promesse non tenue de porter l'abattement fiscal à 60 000 zlotys.
Tusk défend son ministre des Finances
Le Premier ministre Donald Tusk a défendu Andrzej Domański pendant le débat et annoncé qu'il demanderait au président Karol Nawrocki de nommer le ministre vice-Premier ministre. Il a fait valoir que si le PiS veut faire tomber un membre du gouvernement, c'est que cette personne est un très bon ministre, et il a affirmé que le succès de la Pologne reste en travers de la gorge des responsables du PiS. Donald Tusk a déclaré à l'opposition que le ministre n'avait pas besoin d'être défendu et que la Pologne se distinguait de tous les États européens sur les principaux indicateurs de croissance économique. Il a évoqué le travail du ministre en ces termes :
« Nous sommes une économie qui impressionne le monde entier, et je suis très fier du travail du ministre Andrzej Domański. »
Donald Tusk s'est également exprimé directement sur le déficit. Il a déclaré que la Pologne payait un prix sous la forme d'un déficit et d'une dette publique élevés, et que le gouvernement maintiendrait cette dette sous contrôle. Il a ajouté que toutes les grandes économies européennes portaient une dette plus élevée que la Pologne. Donald Tusk a chiffré les dépenses de défense à près de 5 %, ou 7 % en incluant les dépenses liées à la sécurité, ce qui, selon lui, équivaut à la taille du déficit.
Le palais présidentiel et les attaques de l'opposition
Zbigniew Bogucki, chef de la chancellerie du président, a déclaré sur Polsat News dans l'émission Gość Wydarzeń que les Polonais n'avaient pas à se féliciter d'un tel ministre des Finances. Il a critiqué la promotion annoncée en termes vifs :
« Donald Tusk veut aller trop vite et faire du pire ministre des Finances de l'histoire de la Troisième République un vice-Premier ministre. »
Zbigniew Bogucki a cité un déficit supérieur à 281 milliards de zlotys et comparé le coût du service de la dette, 70 milliards de zlotys, à 107 milliards de zlotys, montant selon lui applicable à 2027. Il a affirmé que tout le monde paie la dette que le gouvernement contracte. Zbigniew Konwiński, chef du groupe parlementaire KO, a rejeté ces critiques, estimant que le ministre qui a fait entrer la Pologne dans le G20 ne méritait pas d'être limogé. Il a aussi indiqué que l'inflation moyenne s'était établie à 11,4 % en 2023 sous le gouvernement précédent et que des dépenses hors budget de 88 milliards de zlotys s'ajoutaient à un déficit officiel de 85 milliards de zlotys.
Przemysław Czarnek, vice-président du PiS, a déclaré que Donald Tusk aurait dû limoger Andrzej Domański depuis longtemps. Il a énuméré des hausses de prix qu'il a liées à la dette : 30 % pour le charbon, 64 % pour les granulés de bois, 23 % pour l'électricité et 26 % pour le fioul de chauffage. Przemysław Czarnek a déclaré :
« Personne, dans aucun gouvernement ni pays civilisé, ne peut rester en fonction plus d'une journée s'il se trompe de 120 milliards de zlotys en seulement trois ans. »
La polémique des fleurs
Donald Tusk a également répondu à Janusz Kowalski, qui avait évoqué un article du Super Express sur des fleurs que le Premier ministre aurait offertes à son épouse pour sa fête prénominale. Donald Tusk a affirmé que le bouquet était en réalité destiné à l'anniversaire de sa fille et qu'il l'avait payé lui-même, sans qu'aucune entreprise publique ni aucun ministère n'y soit associé. Il a rappelé avoir déjà dit à Janusz Kowalski de ne pas lui apporter de fleurs et qu'il recevrait un autographe à la place. Donald Tusk s'est dit satisfait du bouquet et a profité de l'échange pour railler l'angle d'attaque de l'opposition.