
Le président tchèque et le Premier ministre s'affrontent au sommet de l'OTAN, les alliés mettent en garde contre une atteinte à la réputation due à un faible budget de défense
Le président Petr Pavel et le Premier ministre Andrej Babiš ont assisté au sommet de l'OTAN à Ankara en délégations séparées, se sont tenus loin l'un de l'autre lors de la photo de groupe et ont donné des récits contrastés du dîner informel, suscitant l'inquiétude des alliés quant à la fiabilité tchèque.
Une délégation divisée
La Tchéquie est arrivée au sommet de l'OTAN à Ankara avec ses deux plus hauts responsables à peine en bons termes. Le président Petr Pavel et le Premier ministre Andrej Babiš ont pris l'avion séparément, ont assisté au forum de l'industrie de défense à des heures différentes et se sont rendus au dîner informel dans des convois distincts depuis le même hôtel. Au dîner, organisé par le président turc Recep Erdoğan, ils étaient assis à des tables différentes et n'ont échangé qu'une brève poignée de main. Pavel a plus tard qualifié le manque de coordination de lacune et a exprimé l'espoir que la politique étrangère serait mieux alignée à l'avenir.
Je n'ai pas eu l'impression que la dispute s'est intensifiée ici à Ankara. J'ai essayé d'être accommodant et réservé. Nous nous sommes salués avec le Premier ministre et les ministres. Le fait que nous n'ayons pas coordonné, je considère cela comme une lacune.
Inquiétudes des alliés sur les dépenses de défense
À huis clos, les alliés ont exprimé leur malaise quant à l'engagement de la Tchéquie. Pavel a révélé que des expressions privées d'inquiétude concernant l'approche tchèque ont été entendues plus d'une fois, bien que certains aient bon espoir que le nouveau gouvernement puisse être convaincu d'agir comme un allié solide. Le Premier ministre avait déjà déclaré avant le sommet que la Tchéquie ne respecterait pas cette année l'objectif de 2 % du PIB pour les dépenses de défense, invoquant un déficit budgétaire hérité du précédent gouvernement. La Tchéquie reste parmi les trois plus faibles contributeurs de l'OTAN, aux côtés de l'Albanie et de la Slovénie.
Si nous étions à nouveau en queue de peloton lors du prochain sommet, cela aurait des conséquences très négatives pour la réputation de la République tchèque. Nos alliés européens commenceraient à nous percevoir comme peu fiables, comme quelqu'un qui profite de leurs contributions à la sécurité.
La photo devenue anecdote
Une photo de groupe des 32 dirigeants a capturé la fracture : Pavel et Babiš se tenaient aussi loin que possible. L'ancien Premier ministre Petr Nečas a déclaré que l'image avait transformé la Tchéquie en une anecdote, évoquant la querelle précédente entre le président polonais Lech Kaczyński et le Premier ministre Donald Tusk. Nečas a soutenu que la dispute n'avait que des perdants politiques et a exhorté les deux parties à rechercher un accord plutôt qu'une confrontation.
Je pense qu'on racontera longtemps notre histoire comme une anecdote — un pays où, même sur la photo de groupe, ses deux représentants exécutifs se tiennent à la distance maximale possible l'un de l'autre.
Deux dîners, deux réalités
Pavel et Babiš ont décrit le même dîner informel en termes très différents. Pavel a évoqué des discussions sur la défense européenne, les Balkans et les États baltes, et a répondu à des questions directes sur les dépenses de défense tchèques. Babiš, assis avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d'autres dirigeants, a parlé de football, des badges nominatifs pour Zelensky, et des raisons pour lesquelles la Première dame américaine Melania Trump n'était pas présente. Ces récits contrastés ont souligné le fossé entre les deux hommes.
En marge du sommet
Au-delà du drame tchèque, le sommet a produit plusieurs moments notables. Le président américain Donald Trump a déclaré la fin de la trêve avec l'Iran, qualifiant les Iraniens de menteurs et jugeant toute nouvelle discussion une perte de temps. Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a souligné que le sommet visait à mettre en œuvre des plans définis un an plus tôt et a noté des augmentations significatives des dépenses de défense des alliés européens et du Canada. Le président polonais Karol Nawrocki et le Premier ministre hongrois Péter Magyar ont chacun eu de brefs entretiens avec Zelensky, tandis que Babiš a réussi une brève poignée de main souriante avec Trump.
- Pavel et Babiš atterrissent à Ankara sur des avions gouvernementaux distincts.
- Les deux assistent au forum de l'industrie de défense de l'OTAN, mais à des heures différentes.
- Pavel et Babiš sont assis à des tables séparées ; Pavel discute de défense, Babiš parle de football et de Melania Trump.
- Les deux dirigeants tchèques se tiennent aussi loin que possible sur la photo officielle des 32 nations.
- Trump déclare la fin de la trêve entre les États-Unis et l'Iran ; Rutte souligne l'augmentation des dépenses de défense alliées.
- Pavel qualifie le manque de coordination de lacune et met en garde contre une atteinte à la réputation si les dépenses stagnent.


