
Les dirigeants des E5 tiennent leur premier dîner à Berlin pour élaborer une position commune avant le sommet de l'OTAN à Ankara
L'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et la Pologne se réunissent pour le premier dîner des dirigeants des E5, visant à s'accorder sur le soutien à l'Ukraine, le conflit iranien et le partage du fardeau transatlantique, deux semaines avant un sommet de l'OTAN en Turquie.
Un nouveau format répond aux anciennes critiques
Le chancelier Friedrich Merz a invité les dirigeants de quatre autres grands membres européens de l'OTAN à la Chancellerie ce mercredi soir, élargissant un précédent format E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) qui avait mécontenté l'Italie et la Pologne. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a clairement fait savoir que son pays devait être présent.
Ce dîner est la première réunion des E5 au niveau des chefs de gouvernement, bien que les ministres de la Défense des cinq mêmes nations se soient réunis huit fois depuis fin 2024, la dernière fois le 12 juin lors d'une vidéoconférence qui a produit une déclaration commune promettant un « transfert de charge en étroite coordination avec les États-Unis ».La Pologne est un maillon absolument indispensable pour discuter sérieusement de l'avenir de l'Ukraine et de la région.
La tension entre E3 et E5 autour de la diplomatie ukrainienne
La volonté d'élargir la table intervient alors qu'un groupe E3 plus restreint (Allemagne, France, Royaume-Uni) a mené la diplomatie européenne sur l'Ukraine, rencontrant le président Volodymyr Zelensky à Londres il y a environ deux semaines. L'Italie et la Pologne ont critiqué leur exclusion. La fracture s'est accentuée lors du sommet de l'UE à Bruxelles la semaine dernière, lorsque l'équipe du président du Conseil européen António Costa a pris contact avec la Russie sans coordination. L'Irlande et l'Autriche ont soutenu l'initiative, tandis que Berlin y a vu un affront aux E3.
Frictions autour de l'Iran et du partage du fardeau
Les discussions de Berlin se déroulent dans un contexte de tensions transatlantiques. Les États-Unis, qui ont déclenché une guerre aux côtés d'Israël contre l'Iran en février, sont mécontents du soutien jugé insuffisant de leurs alliés. Washington attend également des Européens qu'ils assument une plus grande part du fardeau de la défense de l'OTAN. L'article 4 note que les cinq gouvernements pourraient discuter de la manière d'« apaiser le président Donald Trump sur le plan transatlantique ou, si nécessaire, combler les lacunes militaires laissées par l'armée américaine plus tôt que prévu ».
Une option navale pour le détroit d'Ormuz
Pour compenser le déficit perçu d'aide liée à l'Iran, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont prêts à déployer des chasseurs de mines et des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz si un cessez-le-feu tient, contribuant ainsi à sécuriser ce point de passage vital entre l'Iran et Oman. Cette offre devrait être explorée lors du dîner de Berlin.
La construction de ponts par Rutte
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, participera à la réunion par vidéo depuis Washington, où il doit rencontrer le président Trump par la suite. Avant cette rencontre, Rutte a cherché à limiter les dégâts.
Le sommet d'Ankara des 7 et 8 juillet sera le prochain test pour le partenariat transatlantique, que des diplomates estiment avoir été partiellement réparé par le récent sommet du G7.En ce qui concerne l'OTAN, je sais qu'il y a de la déception, mais nous devrions aussi considérer qu'il s'agit de cas isolés.
- Les dirigeants des E3 rencontrent le président Zelensky à Londres, déclenchant les demandes d'inclusion de l'Italie et de la Pologne.
- Les ministres de la Défense des cinq nations tiennent leur huitième vidéoconférence, promettant un transfert de charge coordonné avec les États-Unis.
- Sommet de l'UE à Bruxelles ; l'équipe de Costa contacte la Russie sans coordination, suscitant les critiques de l'Allemagne.
- Premier dîner des dirigeants des E5 à Berlin, organisé par Merz ; Rutte se joint depuis Washington.
- Le sommet de l'OTAN commence à Ankara ; 32 dirigeants alliés attendus.


