
L'Autorité électorale de Roumanie propose de reprendre l'enregistrement des partis aux tribunaux, l'USR s'y oppose
L'Autorité électorale permanente a rédigé un projet de loi visant à transférer l'enregistrement et la dissolution des partis du Tribunal de Bucarest à ses propres commissions, en relevant le seuil de fondation de trois à cent membres.
Nouvelles règles pour l'enregistrement des partis
L'Autorité électorale permanente de Roumanie (AEP) a présenté un projet de loi modifiant le cadre juridique pour la création et la dissolution des partis politiques. Le projet de loi, publié pour consultation publique par le président de l'AEP, Adrian Țuțuianu, retire au Tribunal de Bucarest le processus d'enregistrement et transfère l'autorité directe à l'organe électoral. Dans le cadre actuel, les demandes d'enregistrement de partis sont entendues lors d'audiences publiques au Tribunal de Bucarest en présence d'un procureur. Le texte proposé confie plutôt l'examen des enregistrements à une commission interne de cinq employés de l'AEP, tandis que l'article 49 réserve la décision finale à la direction de l'institution. La mesure relève également le seuil légal pour fonder une formation politique de trois à cent membres fondateurs.
- Loi actuelle
- 3 membres
- Projet de loi proposé
- 100 membres
Réaction de l'opposition et contrôle politique
Le député de l'Union Sauvez la Roumanie (USR) Alexandru Dimitriu, avocat et ancien secrétaire d'État au ministère de la Justice, a critiqué le projet de loi le 23 août 2026. Dimitriu a déclaré que la législation donnerait au Parti social-démocrate (PSD) le contrôle sur la survie des organisations politiques rivales par le biais d'une institution dirigée par Țuțuianu, un ancien ministre du PSD.
La nouvelle loi sur les partis, écrite par l'Autorité électorale permanente elle-même, retire le pouvoir au juge et donne à une institution dirigée par un pur membre du PSD l'autorité de décider qui crée un parti, qui s'allie avec qui et qui disparaît.
Dimitriu a noté que l'article 54 permet à l'autorité électorale de déterminer les nominations aux commissions et la répartition des dossiers par ses propres décisions internes, supprimant ainsi le contrôle judiciaire du processus administratif.
Pouvoirs de dissolution et restrictions sur les alliances
Le projet de loi modifie également les procédures régissant les alliances politiques et les liquidations de partis. Selon la proposition, les alliances entre partis, comme un éventuel partenariat électoral entre l'USR et le Parti national libéral (PNL), doivent obtenir l'approbation de l'AEP. L'autorité acquiert la capacité de rejeter une alliance si les responsables estiment que son nom choisi crée une confusion, les modifications ne prenant effet juridique qu'après publication officielle par l'autorité.
Les procédures de dissolution des entités politiques changent considérablement dans le texte. Alors que la loi actuelle exige qu'un procureur saisisse un tribunal pour dissoudre un parti actif, le projet de loi permet à l'AEP d'ouvrir une procédure de dissolution de sa propre initiative. Les motifs de dissolution incluent la conduite d'activités contraires à l'ordre public ou la poursuite d'objectifs en dehors des statuts. Selon l'article 56, une organisation est passible de dissolution obligatoire si elle ne soumet pas les modifications de ses statuts à l'autorité ou si ces modifications sont rejetées.
Calendrier de mise en conformité de six mois
Le projet de loi introduit une obligation de mise en conformité pour toutes les formations politiques actuellement enregistrées en Roumanie. L'article 74 exige que tous les partis existants se soumettent à un examen de l'AEP dans les six mois suivant l'entrée en vigueur de la loi. Le texte introduit également une clause exigeant que les organisations politiques fassent campagne pour la souveraineté nationale et l'unité de l'État, laissant l'évaluation de la conformité à l'autorité.
- Le président de l'AEP, Adrian Țuțuianu, présente le projet de loi sur les partis politiques pour consultation publique.
- Le député de l'USR Alexandru Dimitriu publie des critiques du projet de loi et de ses pouvoirs institutionnels.
Le projet de loi reste en phase de consultation publique avant de passer à l'examen législatif formel au parlement.


