
Trump et Pezeshkian signent un accord préliminaire avec l'Iran, ouvrant le détroit d'Ormuz pour une trêve de 60 jours
Donald Trump et Masud Pezeshkian ont signé mercredi un protocole d'accord en 14 points, instaurant un cessez-le-feu de 60 jours et la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz sans péage. L'accord a suscité de vives critiques aux États-Unis et des mises en garde iraniennes en cas de violation.
Un accord signé à distance
Trump a signé depuis le palais de Versailles, entouré de dirigeants européens dont Emmanuel Macron. Pezeshkian a signé depuis Téhéran, et le Pakistan a finalisé le document en tant que médiateur à Islamabad. Une cérémonie conjointe prévue vendredi en Suisse a été annulée après que des responsables iraniens ont déclaré que rien n'était confirmé.
Beau travail.
Le soi-disant protocole d'accord d'Islamabad a été transmis par voie électronique et signé sans la traditionnelle poignée de main ni la salle pavoisée qui marquent habituellement la fin d'un conflit.
Cessez-le-feu et réouverture du détroit
Le protocole en 14 points ordonne un arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. L'Iran a ordonné la suppression des péages sur les navires marchands transitant par le détroit d'Ormuz pour 60 jours, la télévision d'État IRIB confirmant que le gouvernement couvrira les frais impayés durant cette période.
- Trump et Pezeshkian signent le protocole d'accord en 14 points ; le cessez-le-feu et la réouverture du détroit d'Ormuz entrent en vigueur.
- La cérémonie de signature en Suisse est annulée ; Vance annonce un plan de discussions techniques ; le CENTCOM autorise 12 navires à franchir le blocus, le méthanier Mraikh étant le premier.
- Fin de la période de négociation de 60 jours pour un accord final, incluant les conditions relatives au programme nucléaire iranien.
Le vice-président JD Vance a annoncé que le CENTCOM avait autorisé plus d'une douzaine de navires à franchir le blocus naval américain. Le méthanier français Mraikh, chargé de 76 535 tonnes de gaz pour QatarEnergy, a été le premier à passer, suivi du navire italien Grande Torino après plus de 100 jours d'ancrage dans le golfe Persique. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a publié une vidéo du passage, le qualifiant de l'un des premiers à traverser.
La question des 300 milliards de dollars
Le texte présente un plan pour un fonds de reconstruction et de développement d'au moins 300 milliards de dollars pour l'Iran, alimenté par des partenaires du Moyen-Orient, et non par les États-Unis. Le rôle de Washington se limite à assouplir les sanctions pour faciliter les transferts. L'accord débloque également 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés. Trump a qualifié les informations faisant état d'un paiement américain de « propagande démocrate ».
Il n'y a pas de versement de 300 milliards de dollars à l'Iran de la part des États-Unis. C'est une fausse information !
Vance a souligné que l'Iran ne bénéficierait d'avantages économiques qu'en cas de pleine conformité et de changement de comportement. Les États-Unis, a-t-il dit, ne verseraient pas un centime.
Les faucons s'insurgent, l'Iran prévient
Les militants républicains et les responsables israéliens ont réagi avec fureur, exhumant les tweets passés de Trump dans lesquels il qualifiait l'accord de 2015 conclu sous Obama de « mauvais accord » qui donnait des milliards à l'Iran. Les critiques ont qualifié le protocole d'accord d'apaisement, et le correspondant chevronné Guillermo Fesser l'a décrit comme « une capitulation en bonne et due forme, quelle que soit la manière dont il la présente ».
De Téhéran, le président du parlement, Mohamad Baqer Qalibaf, a prévenu que si l'autre partie manque à sa parole, commet une trahison ou outrepasse ses droits, la République islamique répondra « fermement à l'ennemi ». Il a ajouté que les États-Unis, ayant déjà reçu une gifle pendant la guerre, en recevraient une plus forte s'ils suivaient la même voie. Le guide suprême, Mojtaba Jamenei, a déclaré avoir approuvé l'accord bien qu'il ait un « avis différent ».
La voie à suivre
Soixante jours sont prévus pour négocier un accord final complet portant sur le programme nucléaire iranien. Vance a déclaré espérer se rendre en Suisse ce week-end pour lancer les discussions techniques. L'accord ne lie pas Israël ni le Hezbollah, et les frappes israéliennes sur le sud du Liban se sont poursuivies jeudi, un facteur que Washington reconnaît comme pouvant compromettre les progrès. Le protocole d'accord indique également que l'Iran n'obtiendra jamais d'armes nucléaires, mais les modalités exactes de la dilution de l'uranium restent à définir.


