Sécurité · Nice

Des streameurs français condamnés à des peines avec sursis et à une interdiction numérique pour violences ayant précédé la mort en direct de Raphaël Graven

Un tribunal de Nice a prononcé des peines de prison avec sursis, des amendes et la première 'interdiction numérique' de France à l'encontre de deux streameurs reconnus coupables de violences et d'humiliations envers Raphaël Graven, décédé lors d'un live sur Kick en 2025.

Texte IA fondé sur les articles de Le Monde.fr, Reuters, RFI et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Nice · France
Comment on en est arrivé là
  1. février 2026Enquête sur la mort close après qu'une autopsie attribue le décès à une mauvaise santé
  2. juillet 2026Procès tenu au tribunal correctionnel de Nice
  3. 5 aoûtVerdict : peines avec sursis, amendes et interdiction numérique de six mois pour les deux streameurs

Le verdict

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné mercredi 5 août 2026 deux streameurs français pour violences et humiliations infligées à Raphaël Graven, connu en ligne sous le nom de Jean Pormanove, et à Stéphane G., alias Coudoux, un homme sous tutelle, pendant des milliers d'heures de directs diffusés entre 2023 et 2025 sur Twitch puis Kick. Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, a écopé de deux ans de prison avec sursis et d'une amende de 15 000 €. Safine Hamadi, alias Safine, 24 ans, a écopé de 18 mois avec sursis et d'une amende de 5 000 €. Tous deux ont également reçu une 'interdiction numérique' de six mois leur interdisant de publier sur les plateformes en ligne.

Le procès, tenu début juillet à Nice, n'a pas abordé la mort de Graven. Le streameur de 46 ans est décédé dans son sommeil lors d'un long direct à l'été 2025, et l'enquête sur cet aspect a été close en février après qu'une autopsie a attribué le décès à une mauvaise santé et à un cœur fragile. Le tribunal a acquitté les deux accusés pour abus de la fragilité psychologique de Pormanove, car il avait déclaré à la police avant sa mort avoir consenti aux cascades.

Les violences

Les images montrées ou décrites lors du procès représentaient Pormanove et Coudoux recevant des gifles, des coups de pied, des coups de fouet, des coups de batte de baseball, et des cris dans les oreilles. La procureure Maud Marty avait requis 30 mois de prison dont un an d'assignation à résidence avec bracelet électronique pour Naruto, et 18 mois de mise à l'épreuve avec sursis pour Safine, ainsi que des amendes et une interdiction numérique à vie pour les deux.

« Un système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation. La violence est le programme, elle fait le scénario. »

Maud Marty

L'avocat de Naruto, Fabien Carles, a déclaré que la peine était 'largement inférieure aux réquisitions du parquet' mais toujours trop lourde.

« Ces personnes étaient des artistes qui allaient parfois trop loin, mais les juger comme des criminels est fortement exagéré. »

Fabien Carles

Coudoux, l'autre victime, a refusé de se considérer comme tel.

« On était une bande de potes, c'était notre truc. »

Stéphane G.

L'avocat de Hamadi, Tom Michel, a adopté un ton différent.

« La condamnation est surtout symbolique. Nous sommes satisfaits du jugement. Mon client a reconnu sa responsabilité et que cette partie du contenu qu'ils diffusaient n'était pas acceptable et ne pouvait être ni consentie ni scénarisée. »

Tom Michel
Peines et amendes pour les deux streameurs condamnés
Naruto (mois avec sursis)
24
Safine (mois avec sursis)
18
Amende de Naruto (€)
15000
Amende de Safine (€)
5000

Données tirées du texte de l’article

La plateforme et son audience

La chaîne attirait en moyenne 20 000 spectateurs par direct chaque soir de 21 h à minuit, ce qui en faisait la chaîne Kick la plus regardée en France. Des influenceurs, chanteurs et footballeurs y participaient, et ses protagonistes gagnaient jusqu'à 6 000 € par mois. Les procureurs ont déclaré que Pormanove avait gagné environ 265 000 € grâce à ses streams entre 2021 et 2025. Kick, la plateforme de streaming basée en Australie, fait l'objet d'une enquête formelle dans cette affaire, et un mandat d'arrêt a été émis contre certains de ses dirigeants. Le régulateur audiovisuel et numérique Arcom et le parquet de Paris ont ouvert des enquêtes distinctes sur Kick.

L'interdiction numérique

L'interdiction numérique de six mois découle de l'article 16 de la loi SREN (Sécuriser et réguler l'espace numérique), en vigueur depuis 2024. Elle exige un silence total sur les plateformes de médias sociaux, notamment X, Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Kick et Twitch, ainsi que sur des services comme Airbnb, Leboncoin et Blablacar. Même une présence indirecte, comme apparaître via le stream d'une autre personne, est interdite. Les plateformes qui ne respectent pas l'interdiction s'exposent à une amende de 75 000 €. La durée maximale est de six mois, extensible à un an en cas de récidive légale.

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Sources et contexte

Lieux
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