Des nations occidentales et arabes condamnent les appels d'offres israéliens pour 1 234 logements dans la zone E1 en Cisjordanie
Une coalition de gouvernements européens, occidentaux et arabes a condamné Israël pour avoir lancé des appels d'offres pour la construction de 1 234 logements dans le couloir contesté E1 à l'est de Jérusalem, avertissant que le projet rompt la continuité territoriale palestinienne.
Publication des appels d'offres pour le couloir E1
Le ministère israélien du Logement a lancé des appels d'offres pour la construction de 1 234 logements dans la zone contestée E1 de Cisjordanie, située entre Jérusalem et la colonie de Ma'ale Adumim. Cette parcelle de 12 kilomètres carrés a été initialement conçue pour être développée dans les années 1990 sous l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, mais est restée non approuvée par les gouvernements successifs jusqu'à ce que l'administration de Benjamin Netanyahu approuve le projet en août 2025. Les autorités israéliennes soutiennent que le projet crée une connectivité urbaine nécessaire entre Jérusalem et Ma'ale Adumim tout en offrant une valeur stratégique dans les futures négociations. Les responsables palestiniens et les diplomates internationaux rétorquent que le couloir coupe Jérusalem-Est de la Cisjordanie et rompt le lien géographique entre Bethléem et Ramallah. La date limite de soumission des offres était fixée aux jours précédant immédiatement les élections du 27 octobre.
Réaction coordonnée occidentale et européenne
Une déclaration conjointe du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada, des Pays-Bas et de la Norvège a condamné le lancement des appels d'offres, la Belgique, la Suède, l'Australie et la Nouvelle-Zélande se joignant à l'appel diplomatique. La coalition a averti les entités commerciales de ne pas soumissionner, citant les responsabilités juridiques et de réputation en vertu du droit international. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a émis une condamnation séparée, appelant Israël à revenir sur cette décision et à respecter ses engagements internationaux. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré l'opposition de longue date de l'Union européenne à ce développement.
La décision du gouvernement israélien de publier des appels d'offres pour la construction du projet de colonisation E1 est inacceptable. Nous nous opposons depuis longtemps à cette mesure.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a également affirmé le rejet de son gouvernement de cette initiative.
La Belgique se joint aux pays qui considèrent inacceptable que les autorités israéliennes aient adopté une décision contraire au droit international, une décision qui compromet l'espoir de paix entre Israéliens et Palestiniens.
- L'accord d'Oslo II place la zone C sous administration civile et sécuritaire israélienne
- Le gouvernement de Benjamin Netanyahu approuve le projet de colonisation E1
- Sept nations occidentales publient une déclaration conjointe condamnant le plan d'appels d'offres E1
- La Commission européenne et huit États arabes et musulmans émettent des condamnations séparées
- La date limite de soumission des appels d'offres de construction expire avant les élections
Condamnations régionales et avertissements concernant les violences des colons
Huit nations arabes et musulmanes, dont la Jordanie, les Émirats arabes unis, l'Indonésie, le Pakistan, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar et l'Égypte, ont publié une déclaration commune exigeant l'annulation immédiate du plan E1. Le groupe a déclaré que l'activité de colonisation modifie le caractère démographique et géographique du territoire occupé et menace la sécurité régionale. Parallèlement, le Service européen pour l'action extérieure a appelé les autorités israéliennes à mettre fin aux attaques des colons contre les résidents palestiniens en Cisjordanie. L'Union européenne a cité la situation à Qusra, où la violence des colons a maintenu plusieurs familles palestiniennes confinées chez elles pendant plus d'une semaine. Les responsables européens ont également censuré les remarques publiques et les images en ligne diffusées par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, concernant la bande de Gaza.
Démographie contestée dans la zone C
Le couloir E1 se trouve dans la zone C, qui constitue 60% de la Cisjordanie sous contrôle administratif et sécuritaire israélien complet depuis les accords d'Oslo II de 1995. Bien que l'accord intérimaire envisageait des transferts territoriaux progressifs à la juridiction palestinienne, le contrôle total est resté à Israël après l'arrêt des négociations sur le statut final. Les registres officiels israéliens font état de 500 000 résidents juifs dans plus de 150 colonies et avant-postes, ainsi que de 200 000 Palestiniens dans 530 villages. En revanche, les chiffres des Nations unies estiment à 340 000 le nombre de colons israéliens et à environ 300 000 le nombre de Palestiniens sur le même territoire. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a noté que l'avancement de la construction dans le secteur vise à anéantir la possibilité d'un État palestinien.
- Colons israéliens (données officielles israéliennes)
- 500000 personnes
- Résidents palestiniens (données officielles israéliennes)
- 200000 personnes
- Colons israéliens (données ONU)
- 340000 personnes
- Résidents palestiniens (données ONU)
- 300000 personnes


