
Plus de 1 000 juristes allemands exhortent le gouvernement et le Bundestag à engager une procédure d'interdiction de l'AfD
La lettre ouverte, signée par au moins 1 051 avocats, juges et procureurs, cite un avis juridique selon lequel les politiques du parti d'extrême droite violent les principes de dignité humaine et de démocratie de la Loi fondamentale.
La lettre ouverte et ses signataires
Plus de 1 000 professionnels du droit en Allemagne ont ajouté leur nom à une lettre ouverte exhortant le gouvernement fédéral et le Bundestag à engager une procédure d'interdiction du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD). L'Association des avocats républicains (RAV) a annoncé le 3 août 2026 qu'au moins 1 051 avocats, juges, procureurs, personnels juridiques de l'administration publique et du secteur privé, et stagiaires en droit avaient signé l'appel. La lettre a été publiée pour la première fois à la mi-juillet avec plus de 500 signataires ; le nombre a depuis doublé.
- Plus de 500 juristes signent une lettre ouverte exhortant à une procédure d'interdiction contre l'AfD
- Les signataires atteignent 1 051 ; l'Association des avocats républicains (RAV) annonce le chiffre à Berlin
- Élection régionale en Saxe-Anhalt, où l'AfD est en tête des sondages
Les signataires considèrent qu'il est de leur devoir de défendre la dignité humaine pour tous, a déclaré la RAV, ajoutant que s'opposer à un parti qui contredit les valeurs constitutionnelles fondamentales fait partie de ce devoir.
Fondement juridique et avis de la GFF
L'appel s'appuie sur un avis juridique préparé par la Société pour les droits et libertés (GFF). Huit experts juridiques ont conclu que les politiques de l'AfD violent la garantie de la dignité humaine et le principe de démocratie de la Loi fondamentale, rendant le parti inconstitutionnel. La RAV soutient que l'avis montre une forte probabilité de succès pour une demande d'interdiction devant la Cour constitutionnelle fédérale.
Demandes et avertissements de la RAV
Le Bundestag et le gouvernement fédéral sont invités à prendre des mesures immédiates pour déposer une demande visant à établir l'inconstitutionnalité de l'AfD et à obtenir une interdiction. La RAV a averti que de graves dommages à la démocratie et une menace pour de nombreuses personnes pourraient s'ensuivre si le parti parvenait à mettre en œuvre son programme anticonstitutionnel.
La Loi fondamentale nous donne un outil qui doit enfin être utilisé. Les politiciens doivent cesser de se cacher derrière des excuses irréalistes et agir avant qu'il ne soit trop tard.
Réactions politiques
La fondatrice du BSW, Sahra Wagenknecht, a vivement critiqué l'initiative. Elle a qualifié le débat lui-même de nuisible et a accusé ses partisans d'un nouvel autoritarisme qui, par incapacité à mener un débat de fond, réclame toujours plus effrontément des interdictions.
Le débat seul est nuisible. C'est un nouvel autoritarisme qui, par incapacité à mener un débat de fond, réclame toujours plus effrontément des interdictions.
La voie procédurale et le contexte électoral
En vertu de l'article 21 de la Loi fondamentale, seuls le gouvernement fédéral, le Bundestag ou le Bundesrat peuvent demander l'interdiction d'un parti à l'échelle nationale. La Cour constitutionnelle fédérale décide ensuite. L'agence de renseignement intérieure surveille actuellement l'AfD comme un cas présumé d'extrémisme ; plusieurs branches régionales sont classées comme extrémistes avérées. La pression juridique intervient alors que l'AfD est en tête des sondages nationaux et qu'une élection régionale en Saxe-Anhalt est prévue le 6 septembre 2026.


