
Le British Museum prête des fragments du Parthénon à Francfort, la Grèce refuse une exposition conjointe
Le British Museum a accepté de prêter deux fragments du Parthénon à la Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort, ce qui a conduit Athènes à refuser les demandes de prêt de neuf de ses propres artefacts.
Accord de prêt et détails de l'exposition
Le British Museum a accepté de prêter deux fragments de marbre des sculptures du Parthénon à la Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort pour une exposition à venir. Cette exposition temporaire, intitulée « Athéna, la scène est à vous : le puzzle du Parthénon » (également mentionnée sous le titre « La naissance des dieux »), se déroule du 18 novembre 2026 au 25 juillet 2027. Le projet allemand est centré sur les recherches menées par Vinzenz Brinkmann, chef du département des antiquités de la Liebieghaus, utilisant les technologies numériques pour reconstituer le fronton est du Parthénon représentant la naissance d'Athéna. Outre les deux fragments de marbre originaux, le British Museum fournira dix moulages.
- Le British Museum prête la statue de l'Ilissos au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg
- Le Conseil archéologique central de Grèce vote contre le prêt de fragments du Parthénon à Francfort
- Des détails émergent sur l'accord du British Museum de prêter deux fragments du Parthénon à la Liebieghaus
- Ouverture de l'exposition de Francfort à la Liebieghaus Skulpturensammlung
- Clôture prévue de l'exposition du Parthénon à Francfort
Refus grec de participation conjointe
Les organisateurs de Francfort ont demandé neuf fragments du Parthénon au musée de l'Acropole, ainsi que des pièces du musée archéologique national et du musée archéologique du Pirée. Le 1er septembre 2026, le Conseil archéologique central d'Athènes a voté à l'unanimité contre le prêt de tout artefact grec à l'exposition. Les responsables du Conseil ont noté que présenter des fragments athéniens aux côtés de ceux du British Museum sous-entendrait une reconnaissance des revendications légales de propriété de Londres. La ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, a réaffirmé qu'Athènes ne reconnaît pas la possession britannique des sculptures, soutenant que Lord Elgin les a enlevées par la force et a endommagé le monument.
Nous ne reconnaissons ni la possession, ni la propriété, ni la détention par le British Museum, par le côté anglais. Nous considérons que les sculptures se trouvent au British Museum comme le produit d'un vol, et d'un vol violent, avec une destruction directe du monument dont elles ont été retirées, en plus d'être le produit d'une transaction financière par Elgin.
Contexte diplomatique et politique londonienne
Le prêt à Francfort intervient alors que des négociations bilatérales entre la Grèce et le Royaume-Uni sur la réunification des sculptures sont en cours depuis quatre ans. Le Comité britannique pour la réunification des marbres du Parthénon a fait valoir que les pièces contestées ne devraient pas voyager vers des pays tiers alors que des discussions directes avec Athènes restent ouvertes. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis prévoit d'aborder la question directement avec le Premier ministre britannique Andy Burnham, qui a récemment délégué les décisions concernant les sculptures au British Museum. Le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, a précédemment cité l'accord de prêt anglo-français pour la tapisserie de Bayeux, prévu à Londres entre septembre 2026 et juillet 2027, comme un cadre potentiel pour de futurs partenariats entre musées.
Réactions et prêts antérieurs
Le prêt à Francfort est la deuxième fois que le British Museum envoie des sculptures du Parthénon à un pays tiers, après le prêt en 2014 de la statue du dieu fleuve Ilissos au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. L'écrivaine et militante britannique Victoria Hislop a critiqué l'arrangement avec Francfort, le décrivant comme une étape créant un précédent négatif pour les efforts de restitution. Hislop a cité des données de sondage montrant que près de 70 % du public britannique soutient le retour des sculptures en Grèce.
C'est une surprise pour nous tous. Je n'avais rien entendu avant aujourd'hui et la nouvelle que j'ai lue est un acte très provocateur. Je n'ai pas grand-chose à dire, à part un peu de choc, pour être honnête.


