
Premiers procès civils pour le cambriolage des coffres de Gelsenkirchen : 650 victimes réclament 51 millions d'euros
Deux clients attaquent la Sparkasse Gelsenkirchen pour un total de 440 000 euros, estimant que la banque n'a pas sécurisé son coffre. Leur avocat représente 650 plaignants réclamant au total plus de 51 millions d'euros.
Le tribunal
Les deux premières actions civiles contre la Sparkasse Gelsenkirchen ont été ouvertes jeudi après-midi devant le tribunal régional d'Essen. Une femme de 83 ans, Rita M., réclame 391 000 euros en espèces et bijoux qu'elle dit avoir conservés dans son coffre. Son avocat a déclaré que l'argent provenait de la vente d'un appartement et constituait la totalité de sa retraite. Une deuxième affaire, entendue immédiatement après, concerne un homme de 63 ans qui réclame près de 49 000 euros pour des pièces d'or et des objets de famille volés, dont les alliances de ses grands-parents.
Dans mon coffre se trouvaient ma retraite en or. Et la succession de ma mère, l'héritage familial. C'est très douloureux pour moi, car il y avait quelques pièces auxquelles mon cœur est très attaché.
Le juge président Stefan Ostheide devait interroger les deux parties sur leur volonté de transiger, comme c'est la coutume dans les procédures civiles. Les responsables du tribunal ont indiqué qu'un accord était peu probable.
L'argumentation des plaignants
L'avocat Daniel Kuhlmann, basé à Datteln, représente les deux plaignants et environ 650 victimes au total. Il évalue la perte globale pour ses seuls clients à 51,5 millions d'euros. Les deux affaires sont considérées comme des procès tests ; un jugement favorable pourrait contraindre la banque à reconnaître les demandes de ses autres clients.
Kuhlmann accuse la caisse d'épargne de graves manquements en matière de sécurité. Il a commandé un rapport d'expertise qui soutient que la pratique standard du secteur aurait exigé une surveillance vidéo des murs, des plafonds, de la salle des coffres et même du parking. Le rapport affirme également qu'une porte coupe-feu menant à la cage d'escalier aurait dû être vérifiée pour détecter une éventuelle effraction avant le week-end de Noël. Kuhlmann a noté que l'installation est la deuxième plus grande installation de coffres en Allemagne.
La défense de la banque
La Sparkasse Gelsenkirchen rejette toutes les allégations. Elle maintient que de nombreuses mesures de sécurité étaient en place et qu'elle n'a commis aucun manquement à son devoir. La banque invoque également un plafond d'assurance contractuel : les coffres étaient assurés pour un maximum de 10 300 euros, sauf si un montant plus élevé avait été explicitement convenu. La banque déclare n'avoir eu connaissance du contenu des coffres qu'elle louait et conteste que les plaignants puissent prouver qu'ils possédaient ce qu'ils ont déclaré volé.
Le cambriolage
Pendant le long week-end de Noël fin 2025, des inconnus sont entrés dans l'agence Sparkasse de Gelsenkirchen-Buer. Ils ont accédé à un parking souterrain, puis sont passés par une porte coupe-feu dans une cage d'escalier et dans une salle d'archives. De là, ils ont utilisé une grosse carotteuse pour percer un épais mur de béton menant au coffre. Pendant plusieurs heures, ils ont forcé près de 3 100 coffres et se sont enfuis avec de l'argent liquide, de l'or et des bijoux.
- Début du week-end de Noël ; l'agence bancaire ferme pour les vacances.
- Les voleurs entrent par le parking souterrain, passent par la porte coupe-feu et la salle d'archives, et percent le coffre.
- Alarme incendie déclenchée à l'agence de Gelsenkirchen-Buer ; les pompiers découvrent le coffre saccagé.
- Le personnel revient après les vacances et confirme qu'environ 3 100 coffres ont été forcés.
- Premier procès civil au tribunal régional d'Essen : Rita M. réclame 391 000 euros.
- Deuxième procès civil : Joachim Alfred Wagner réclame près de 49 000 euros.
- Huit autres affaires civiles programmées au tribunal d'Essen jusqu'en septembre.
Le personnel a découvert l'effraction le 29 décembre 2025, le premier jour ouvrable après les vacances. Une alarme incendie à l'agence s'était déclenchée à 3 h 58 ce matin-là, mais les pompiers intervenus ont trouvé une banque saccagée et non un incendie. La police a d'abord estimé la perte à plusieurs dizaines de millions d'euros, mais le total pourrait atteindre un montant à neuf chiffres (centaines de millions). Près de six mois plus tard, il n'y a pas de piste sérieuse sur les auteurs, qui auraient planifié l'opération avec minutie. Selon la Frankfurter Allgemeine, les enquêteurs suivent des pistes concrètes.
La suite
Huit autres affaires civiles liées au même cambriolage sont déjà programmées au tribunal d'Essen entre juillet et septembre. La bataille juridique sur les indemnisations devrait durer des années.


