
Des millions de personnes se rassemblent à Téhéran pour les funérailles de Khamenei, réclamant vengeance alors que les discussions américano-iraniennes sont en suspens
Quatre mois après qu'Ali Khamenei a été tué lors de frappes israélo-américaines, ses funérailles publiques ont débuté samedi à Téhéran, les autorités attendant jusqu'à 20 millions de personnes en deuil et des cris de « Mort à l'Amérique » résonnant dans la grande Mosalla.
Début des funérailles à la grande Mosalla
Des milliers de personnes en deuil, vêtues de noir pour la plupart, sont arrivées avant l'aube à la grande Mosalla de Téhéran, où le cercueil de l'ancien guide suprême Ali Khamenei a été placé sous l'immense dôme du complexe. La télévision d'État a annoncé le début de l'hommage public vers 6 heures, heure locale. Le cercueil, drapé du turban noir de Khamenei, était flanqué de rangées de drapeaux iraniens et entouré de grands portraits de différentes périodes de sa vie, y compris des images de la guerre Iran-Irak.
Nous voulons faire nos derniers adieux à notre guide, et c'est pourquoi l'attente n'est ni pénible ni difficile pour nous.
Chants de vengeance et d'hostilité à l'Occident
Les personnes en deuil agitaient des drapeaux chiites rouges portant l'inscription « martyr » et des étendards jaunes du Hezbollah. Un récitant d'éloge funèbre a crié : « Nous ne sommes pas ici pour des funérailles, mais pour la vengeance », tandis que la foule pleurait. Des chants de « Mort à l'Amérique, mort à Israël » et des banderoles avec le hashtag « #KillTrump » étaient visibles. Plusieurs participants ont directement accusé Israël de l'assassinat, tandis que d'autres accusaient les États-Unis d'être les principaux instigateurs.
Israël a tué le guide suprême, pas les États-Unis. Donc Israël doit être détruit.
Israël n'est rien d'autre que le chien enragé de l'Amérique. Nous savons d'où viennent les ordres. Les Américains leur fournissent l'équipement et les cibles militaires. Sans les Américains, ils ne peuvent rien faire.
Sécurité renforcée et contexte politique
Le centre-ville était transformé en forteresse avec de nombreux points de contrôle de police. Plus de 400 tentes du Croissant-Rouge iranien ont été installées dans un grand parc, ainsi que des camions-citernes d'eau pour rafraîchir les foules. Le régime a ouvert ses portes aux médias internationaux pour la première fois depuis le début de la guerre, visant à montrer les destructions causées par les bombardements et la dévotion de la population. Les funérailles surviennent six mois après d'importantes manifestations contre le coût de la vie et le gouvernement, et quelques semaines seulement après que les États-Unis et l'Iran ont signé un accord-cadre en juin pour mettre fin au conflit.
Succession et tragédie familiale
La présence de Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père comme guide suprême début mars, n'a pas été confirmée. Blessé lors des mêmes attaques qui ont tué son père, il n'a communiqué que par l'intermédiaire de déclarations attribuées et n'est pas apparu en public. Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, les autorités ont exposé les cercueils des membres de sa famille tués le premier jour de la guerre : une fille, un gendre, une belle-fille et une petite-fille de 14 mois.
- Ali Khamenei est tué lors de frappes aériennes israélo-américaines sur sa résidence de Téhéran.
- Mojtaba Khamenei lui succède comme guide suprême ; blessé lors des mêmes attaques, il n'apparaît pas en public.
- Les États-Unis et l'Iran signent un accord-cadre pour mettre fin à la guerre (date exacte non précisée, rapporté comme « le mois dernier »).
- Les funérailles publiques commencent à la grande Mosalla de Téhéran ; le cercueil est exposé.
- Le cercueil reste à la Mosalla pour l'exposition publique.
- Cortège funèbre dans les rues de Téhéran.
- Les funérailles de six jours se concluent après des cortèges dans d'autres villes iraniennes et deux sanctuaires chiites en Irak.
Voyage de six jours à travers l'Iran et l'Irak
Les cérémonies funéraires doivent durer six jours. Après être resté à la Mosalla jusqu'à dimanche, le corps sera paradé dans les rues de Téhéran lundi. Le cortège se rendra ensuite dans d'autres villes iraniennes et dans deux sanctuaires chiites en Irak voisin. Initialement prévu en mars mais reporté en raison de la guerre, l'événement devrait être le plus grand enterrement de l'histoire de l'Iran.


