
L'Iran entame six jours de funérailles pour Ali Khamenei alors que des millions de personnes se rassemblent à Téhéran le jour de l'Indépendance américaine
Des foules immenses ont rempli le complexe de la Grande Mosalla de Téhéran samedi pour le début des rites funéraires du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d'une frappe américano-israélienne en février. Les cérémonies, qui coïncident avec le 250e anniversaire de l'Indépendance américaine, sont présentées par les autorités comme une démonstration de force.
Un cortège funèbre de six jours
La télévision d'État a montré le cercueil d'Ali Khamenei, drapé d'un drapeau rouge sur lequel était inscrit « Ya Hussein », placé sur une estrade décorée de tulipes rouges dans la salle de prière de la Grande Mosalla. Les dépouilles resteront exposées jusqu'à lundi, date à laquelle une grande procession traversera Téhéran. Mardi, le cercueil se rendra au centre clérical de Qom, puis mercredi dans les villes saintes chiites de Najaf et Kerbala en Irak. L'inhumation est prévue le jeudi 9 juillet à Machhad, près du sanctuaire de l'imam Reza.
- Cercueil présenté aux responsables et dignitaires étrangers à la Grande Mosalla
- Début des cérémonies publiques ; le cercueil reste exposé jusqu'à lundi
- Grande procession dans les rues de Téhéran
- Le cercueil arrive à Qom, centre clérical iranien
- Procession dans les villes saintes chiites de Najaf et Kerbala en Irak
- Inhumation à Machhad, près du sanctuaire de l'imam Reza
Chants de vengeance le jour de l'Indépendance américaine
Des milliers de personnes en deuil, vêtues de noir et brandissant des drapeaux rouges symbolisant le martyre et la vengeance, ont scandé des slogans toute la matinée. La foule a crié « Mort à l'Amérique » et « vengeance, vengeance » alors que les cérémonies s'ouvraient le 4 juillet, 250e anniversaire de l'indépendance américaine. Certains participants ont parcouru plusieurs kilomètres pour atteindre le site.
Nous voulons dire un dernier adieu à notre guide.
Sécurité et dignitaires étrangers
Téhéran a été transformée en forteresse, avec des routes bloquées depuis vendredi, d'importants déploiements de police et de militaires, et des miliciens Bassidj patrouillant à moto. L'espace aérien iranien sera fermé pour toute la durée. Les autorités s'attendent à accueillir entre 15 et 20 millions de personnes rien qu'à Téhéran au cours des trois prochains jours. Plus de 400 tentes du Croissant-Rouge ont été installées dans un parc de la capitale, et les hôtels offrent des réductions de 50 % pour accueillir les pèlerins. Parmi les personnalités étrangères présentes figurent l'ancien président russe Dmitri Medvedev, le vice-président chinois He Wei, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le président irakien Nizar Amedi.
Au nom de la direction et du peuple de la Fédération de Russie, j'exprime mes plus sincères condoléances pour le martyre du guide suprême de la République islamique d'Iran, le grand ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Le successeur absent
Mojtaba Khamenei, nommé guide suprême une semaine après l'assassinat de son père, n'est pas apparu en public depuis qu'il a été blessé lors de la même attaque. Sa présence aux funérailles n'a pas été confirmée. Il ne communique que par des déclarations écrites. Les analystes guettent tout signe de sa présence durant les cérémonies.
Une démonstration de force au milieu des négociations
Les funérailles, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, sont organisées comme une démonstration de force « devant les ennemis » de la République islamique, selon l'AFP. Elles surviennent six mois après de grandes manifestations contre la hausse des prix et le pouvoir gouvernemental, et alors que des pourparlers diplomatiques se poursuivent après un accord-cadre signé le mois dernier visant à mettre fin au conflit. Le chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, a fait sa première apparition publique depuis le début de la guerre, rendant hommage au cercueil vendredi.


