
Le gouvernement espagnol fait face à une révolte régionale quasi unanime contre le nouveau modèle de financement, seule la Catalogne soutient le plan
Quatorze des quinze communautés autonomes de régime commun d'Espagne, dont deux dirigées par les socialistes au pouvoir, ont déclaré qu'elles voteraient contre le nouveau modèle de financement régional du gouvernement, laissant la Catalogne comme seul soutien avant un vote décisif le 29 juillet.
La volonté du gouvernement espagnol de réformer le système de financement autonome a déclenché une confrontation avec les régions, après que le Conseil des ministres a approuvé un modèle négocié avec le parti indépendantiste catalan ERC. Le vote au Conseil de politique fiscale et financière (CPFF) le 29 juillet ne nécessite le soutien que d'une seule communauté pour être adopté, et le gouvernement a obtenu celui de la Catalogne. Mais l'ampleur de l'opposition (14 des 15 communautés de régime commun) n'a pas d'équivalent dans l'histoire du financement régional espagnol.
Le modèle et son pacte politique
Le nouveau modèle de financement, approuvé par le cabinet mardi, découle d'un accord entre le Premier ministre Pedro Sánchez et le leader d'ERC Oriol Junqueras. En échange, ERC soutient la continuité du gouvernement central de Sánchez et de l'exécutif catalan de Salvador Illa. Le ministre des Finances Arcadi España fait désormais face à la perspective de devenir le premier ministre à imposer un modèle de financement contre la volonté de 94 % des membres du CPFF.
C'est une véritable indignation. Une aberration.
Les régions se rangent dans l'opposition
Les Asturies et la Castille-La Manche, toutes deux gouvernées par le PSOE, ont confirmé mardi qu'elles voteraient contre le modèle. Un porte-parole du département des finances des Asturies a déclaré que le système était « insuffisant » après un briefing du ministère. Le vice-président de Castille-La Manche a exhorté Sánchez à retirer le plan plutôt que de le faire adopter par une majorité hostile. Les régions dirigées par le PP avaient déjà rejeté la proposition, laissant la Catalogne isolée dans son soutien.
Le différend parallèle sur le déficit
Une dispute distincte mais connexe a éclaté lors de la réunion du CPFF lundi au sujet des objectifs de déficit. Le gouvernement a proposé une limite uniforme de 0,1 % du PIB pour le déficit pour 2027-2029, mais a également évoqué une distribution asymétrique qui permettrait à certaines régions (notamment la Catalogne) d'avoir des déficits plus élevés. La conseillère aux Finances d'Estrémadure, Elena Manzano, a déclaré que l'idée « personne ne s'y attendait » et a averti qu'elle pourrait permettre à la Catalogne d'atteindre un déficit de 0,6 à 0,8 % tandis que d'autres seraient plafonnées à 0,1 %.
Personne ne s'attendait à cette proposition. Cela ouvre la possibilité qu'en Catalogne, par exemple, un déficit de 0,6, 0,7, 0,8 puisse être autorisé, tandis que dans d'autres régions, nous serions limités à 0,1 ou à ce qui est estimé.
Le ministre des Finances Arcadi España a rétorqué que le plus grand bénéficiaire de l'objectif de 0,1 % serait Madrid, avec une marge fiscale de 5 849 millions d'euros, et a accusé le PP d'« anti-catalanisme viscéral » pour s'être opposé au plan. Le président de Murcie, Fernando López Miras, a rejeté catégoriquement le modèle asymétrique, le qualifiant d'« inégalité et injustice » et insistant sur le fait que « ce qui appartient à tous doit être décidé par tous ».
Nous rejetons une Espagne asymétrique, nous rejetons l'asymétrie car c'est l'inégalité et l'injustice. C'est le privilège de certains territoires sur d'autres.
La suite
Le vote du CPFF le 29 juillet sera le premier test pour savoir si le gouvernement peut faire passer un modèle avec un soutien aussi réduit. Bien que les règles du conseil permettent l'adoption avec le vote d'une seule communauté, le coût politique de passer outre 14 régions est élevé. Le porte-parole du PP pour les finances, Juan Bravo, a accusé le gouvernement de manquer de transparence et a déclaré que la proposition de déficit signifie simplement « plus de dettes ». Avec un parcours parlementaire également incertain sans le soutien de Junts, les semaines à venir détermineront si le modèle survit ou si le gouvernement est contraint de retourner à la table des négociations.
- La réunion du CPFF approuve les objectifs de déficit avec les votes du PSOE ; le PP s'y oppose ; l'idée de déficit asymétrique est évoquée pour la première fois.
- Le Conseil des ministres approuve le nouveau modèle de financement basé sur le pacte avec ERC.
- Les Asturies et la Castille-La Manche confirment qu'elles voteront contre le modèle, rejoignant 12 régions PP dans l'opposition.
- Vote du CPFF prévu sur le nouveau modèle de financement ; le gouvernement n'a besoin que du soutien de la Catalogne pour l'adopter.


