
La canicule en Italie atteint son pic avec 14 villes en alerte rouge tandis qu'un front froid scandinave apporte un répit et des orages
Après des semaines de chaleur extrême, un creux scandinave fera baisser les températures jusqu'à 10°C dans toute l'Italie à partir de lundi, déclenchant de violents orages et mettant fin à la troisième canicule de l'été.
Pic de la canicule avec 14 villes en alerte rouge
Le dimanche 19 juillet, la troisième grave canicule de l'été a atteint son pic en Italie, le ministère de la Santé ayant placé 14 villes sous l'alerte rouge de niveau maximum, signalant des risques sanitaires pour l'ensemble de la population. Les villes concernées incluent Rome, Florence, Naples, Bari, Palerme et d'autres dans le centre et le sud. Les températures ont grimpé à 41-42°C dans les Pouilles, la Basilicate, la Calabre, la Sardaigne et la Sicile, avec des pics isolés de 44-45°C dans l'est de la Basilicate et la côte ionienne de la Calabre. L'indice de chaleur à Messine a atteint 40°C, tandis que Rome et Reggio de Calabre ont atteint 39°C. Le bulletin du ministère pour le lundi 20 juillet montre l'alerte rouge s'étendant à 17 villes, Catane, Messine et Reggio de Calabre passant de l'orange au rouge. D'ici lundi, sept villes du nord dont Milan, Turin et Bologne reviendront à l'alerte verte, le niveau de risque le plus bas, tandis que le sud reste sous alerte rouge.
Un creux scandinave pour briser la chaleur
Un système dépressionnaire sur la Scandinavie s'apprête à pousser de l'air frais vers la Méditerranée, brisant l'anticyclone africain qui domine depuis des semaines. Le consortium Lamma du CNR et de la région Toscane explique que la haute pression ne cédera pas facilement, mais entre mardi et mercredi une impulsion froide venue du nord percera le dôme de chaleur. Le météorologue Mattia Gussoni d'iLMeteo.it confirme que le couvercle de chaleur est sur le point de céder, même si la transition sera turbulente.
Le couvercle de chaleur qui a oppressé l'Italie est sur le point de céder. Avant le changement, nous devrons faire face aux derniers vestiges d'air brûlant et aux premiers signes d'instabilité.
La baisse des températures sera brutale. Dans le nord et les régions adriatiques centrales, les températures maximales et minimales chuteront de 5 à 6°C le mardi 21 juillet. La Sardaigne, qui a le plus souffert de la chaleur africaine, connaîtra une baisse allant jusqu'à 10°C. L'extrême sud et la Sicile ressentiront le répit d'ici le mercredi 22 juillet, avec des températures en baisse de plusieurs degrés. Plus tard dans la semaine, l'anticyclone des Açores apportera des conditions stables et plus agréables, avec un retour des températures aux normales saisonnières.
- 14 villes en alerte rouge ; orages dans le nord
- 17 villes en alerte rouge ; les villes du nord repassent en alerte verte
- L'air frais atteint le centre ; baisse de 5-6°C dans le nord, 10°C en Sardaigne
- L'air frais atteint le sud ; les orages s'étendent aux régions du sud
Orages et risques de phénomènes violents
L'arrivée d'air frais déclenchera de violents orages, notamment dans le nord. Dimanche, la Protection civile a émis une alerte jaune pour la Lombardie et la Vénétie, des orages ayant déjà frappé Milan samedi soir avec des éclairs et de la grêle. La région du Triveneto, les Alpes centrales et les Apennins du nord sont exposés à un risque de fortes rafales descendantes et de grosse grêle en raison de la forte énergie thermique accumulée au cours du mois dernier. Les orages s'étendront ensuite au centre et au sud, touchant le Molise, les Pouilles, la Basilicate, la Calabre et la Sicile dans la seconde moitié de la semaine.
Bilan économique et sécheresse
La chaleur prolongée a imposé un lourd coût économique. Confesercenti, l'association des entreprises, estime que 30 à 60 jours de chaleur intense peuvent coûter à l'économie italienne entre 6 et 12 milliards d'euros par an, soit l'équivalent de 0,2 à 0,4 % du PIB, en raison de la hausse des coûts énergétiques, de la baisse de productivité et des pertes de chiffre d'affaires. La sécheresse est également sévère : le Pô et le Tessin sont à des niveaux bas, obligeant les agriculteurs à rationner l'irrigation. L'évêque de Pavie a demandé aux prêtres d'ajouter une prière pour la pluie à la messe dominicale.
30 à 60 jours de chaleur intense peuvent peser sur l'économie italienne à hauteur de 6 à 12 milliards, soit environ 0,2 à 0,4 % du PIB, entre des coûts énergétiques plus élevés, une baisse de productivité, des investissements obligatoires et une perte de chiffre d'affaires.
Critiques politiques et incendies
Alors que la canicule persiste, le porte-parole d'Europa Verde et député Avs Angelo Bonelli a accusé la Première ministre Giorgia Meloni de silence sur la crise climatique. Des incendies de forêt parsèment le pays, avec l'arrivée de pompiers français en Sardaigne pour prêter main-forte. La trêve fraîche ne devrait pas durer : l'Armée de l'air prévoit des températures supérieures à la normale pour la première moitié d'août.
Alors que l'Italie est en proie à la chaleur, avec la Méditerranée jusqu'à 6 degrés au-dessus de la moyenne, Giorgia Meloni continue de ne pas prononcer un mot sur la crise climatique.

