
Rachida Dati obtient un poste dans la magistrature avant son procès pour corruption à Paris dans l'affaire Renault
L'ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati a obtenu un poste dans l'administration centrale de la justice quelques jours avant de comparaître à Paris pour corruption présumée impliquant Renault.
Réintégration dans la magistrature
L'ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati a demandé et obtenu un retour dans la magistrature en tant que magistrate. La politicienne de 60 ans, actuellement maire du 7e arrondissement de Paris, a été désignée pour un poste de premier adjoint dans l'administration centrale de la justice au ministère de la Justice. Le ministère a indiqué que Dati avait demandé sa réintégration conformément à ses droits légaux en tant qu'ancienne magistrate. La nomination doit suivre la procédure standard de transparence judiciaire, en attendant un avis formel du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Le ministre de la Justice suivra l'évaluation du Conseil, attendue dans un délai de deux semaines à un mois après l'examen des éventuels recours d'autres candidats. Dati a quitté la magistrature il y a 23 ans pour exercer des mandats électifs.
Procès à venir pour corruption à Paris
La nomination administrative intervient peu avant que Dati ne comparaisse en tant que prévenue. Elle doit être jugée devant le tribunal correctionnel de Paris du 16 septembre au 28 septembre 2026 pour corruption passive et trafic d'influence passif. Les enquêteurs allèguent que Dati a reçu 900 000 euros entre 2009 et 2013 dans le cadre d'un contrat de conseil juridique à forfait signé le 28 octobre 2009 avec RNBV, une filiale de l'alliance Renault-Nissan. L'enquête affirme que ces fonds ont rémunéré un lobbying illégal au sein du Parlement européen, où Dati a siégé comme députée entre 2009 et 2019, pour le compte de Renault et de son alors directeur général Carlos Ghosn. Ghosn, qui vit actuellement au Liban, a également été renvoyé en procès.
- Nommée ministre de la Justice sous le président Nicolas Sarkozy
- Signe un contrat de conseil juridique avec la filiale RNBV de Renault-Nissan
- Quitte le ministère de la Culture pour se présenter à l'élection municipale de Paris
- Battue aux élections municipales de Paris
- Le ministère de la Justice confirme la demande de réintégration comme premier adjoint
- Début prévu du procès pour corruption au tribunal correctionnel de Paris
Arguments de la défense et peines encourues
Dati soutient qu'elle a effectué un travail légitime de conseil juridique dans le cadre du contrat et n'a commis aucune infraction. Si elle est reconnue coupable par le tribunal correctionnel de Paris, elle encourt une peine pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et une interdiction de se présenter à une fonction publique pendant cinq ans. La procédure judiciaire fait suite à plusieurs changements politiques pour Dati au cours de l'année écoulée. Elle a quitté son poste de ministre de la Culture en février pour se lancer dans la course à la mairie de Paris, une élection qu'elle a perdue en mars. Elle cherche à réintégrer son corps judiciaire d'origine depuis son départ du ministère de la Culture.
Réaction des syndicats de magistrats
La décision de la proposer pour un poste central de la justice a suscité des critiques de la part des organisations judiciaires. Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), principal syndicat représentant les magistrats français, a mis en doute le calendrier de cette réintégration.
L'institution judiciaire est vivement critiquée par les responsables politiques, notamment en matière d'éthique et de responsabilité des magistrats, mais aussi quant à la nécessité de préserver l'image de l'institution, pourtant ce projet de réintégration, quelques jours avant un procès pénal très médiatisé impliquant la personne concernée, envoie un message contradictoire.
Le Conseil supérieur de la magistrature doit examiner l'affectation et étudier les dossiers des candidats avant que le poste ne soit officiellement confirmé.


