
Nicușor Dan signe la loi sur l'intégrité de la Roumanie pour sécuriser 770 millions d'euros de fonds européens
Le président Nicușor Dan a signé vendredi la loi de réforme de l'intégrité pour sauvegarder 770 millions d'euros de fonds européens de relance avant la date limite du 31 août, malgré les objections à une clause qui destitue le maire de Timișoara, Dominic Fritz.
Approbation présidentielle dans les délais de financement européens
Le président Nicușor Dan a promulgué la loi modifiée sur l'intégrité de la Roumanie le 28 août 2026, choisissant de ne pas renvoyer la mesure au Parlement pour un réexamen. Le chef de l'État a expliqué que retarder ou opposer son veto au projet de loi aurait compromis 770 millions d'euros de financement de l'Union européenne liés au Plan national de relance et de résilience (PNRR). Avec la date limite de conformité institutionnelle fixée au 31 août 2026, Dan a signé le texte quelques heures après son arrivée au palais de Cotroceni, malgré le maintien d'objections juridiques précédemment soumises à la Cour constitutionnelle. Dans son recours antérieur, le président avait fait valoir que les mises à jour en matière d'intégrité ne peuvent justifier des dispositions arbitraires qui sabotent leur objectif législatif.
Dans un autre contexte, où il n'y aurait pas eu le risque de perdre les fonds PNRR en raison de la non-adoption de cette loi et où il y aurait eu le temps nécessaire pour le débat, j'aurais renvoyé le projet au Parlement pour un réexamen. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas accéder à ces fonds, et je ne peux pas non plus accepter un nouveau coup porté à la crédibilité externe de la Roumanie.
L'amendement Fritz et la cessation de mandat
La législation inclut une disposition contestée exigeant que les élus et les dignitaires publics abandonnent leur mandat dans les 30 jours s'ils font l'objet d'une constatation définitive d'incompatibilité ou de conflit d'intérêts. La règle s'applique rétroactivement aux jugements rendus avant l'entrée en vigueur de la loi, affectant directement Dominic Fritz, le maire de Timișoara et président de l'Union sauvez la Roumanie (USR). Fritz a perdu un procès définitif contre l'Agence nationale d'intégrité (ANI) devant la Haute Cour de cassation et de justice en juin 2026, qui a établi un conflit d'intérêts. Le 17 août 2026, la Cour constitutionnelle, présidée par Simina Tănăsescu, a confirmé la clause suite aux appels de l'USR et du Parti national libéral (PNL), tout en rejetant un amendement de l'Alliance pour l'union des Roumains (AUR) sur les déclarations de patrimoine des conjoints. Fritz a prévenu qu'il entend faire appel de la décision devant la Cour européenne des droits de l'homme.
- La Haute Cour de cassation et de justice statue que Dominic Fritz est en conflit d'intérêts
- La Cour constitutionnelle confirme l'amendement sur la perte de mandat et invalide l'amendement AUR
- Le Sénat adopte la loi sur l'intégrité en tant que chambre décisive avec 106 voix pour et 19 contre
- Le président Nicușor Dan signe la loi sur l'intégrité au palais de Cotroceni
- Date limite pour que la Roumanie remplisse l'étape d'intégrité du PNRR pour le financement de l'Union européenne
- La session parlementaire d'automne s'ouvre suite à la demande présidentielle de réexaminer la loi
Adoption au Sénat et normes de déclaration révisées
Le Sénat a adopté la réforme mercredi 26 août 2026, en tant que chambre de décision décisive. Les parlementaires ont approuvé le texte législatif par 106 voix pour et 19 contre. Au-delà des pertes de mandat, la loi remplace les déclarations détaillées de patrimoine et d'intérêts publiées avant mai 2025 par des fiches d'intérêts financiers publics. Dans le nouveau cadre, l'Agence nationale d'intégrité affichera les valeurs cumulées des actifs regroupées en fourchettes financières allant de 1 000 à 25 000 euros jusqu'à des tranches dépassant 500 000 euros. Les formulaires de déclaration n'énuméreront plus d'éléments spécifiques, tels que le nombre de véhicules individuels, d'appartements ou de parcelles de terrain, ni n'identifieront les noms d'entreprises, les pays de siège social ou les méthodes d'acquisition d'actions.
- Pour
- 106 votes
- Contre
- 19 votes
Examen parlementaire d'automne demandé
Après la promulgation, Dan a officiellement appelé les parlementaires à rouvrir et approfondir les débats sur le cadre juridique de l'intégrité lors de la session parlementaire d'automne, qui commence le 1er septembre 2026. Le président a noté que les cadres anticorruption et d'intégrité nécessitent un libellé législatif précis qui supprime les ambiguïtés et les controverses politiques. La législation est maintenant publiée au Journal officiel de la Roumanie, déclenchant le compte à rebours de 30 jours pour les cessations de mandat.
L'intégrité est un sujet bien trop important pour la société et doit se traduire par une loi qui soit au-delà de tout soupçon et de toute interprétation.

