
La Coupe du monde 2026 s'ouvre entre visas refusés et craintes carbone
Le tournoi élargi à 48 équipes, réparti entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, débute avec des refus d'entrée pour des supporters et des officiels, des projections carbone record et des alertes sécuritaires en France.
Un tournoi de tous les superlatifs
La Coupe du monde 2026 de la FIFA débute le 11 juin, la première à s'étendre sur trois nations et à réunir 48 équipes disputant 104 matchs. Les organisateurs prévoient 13 milliards de dollars de recettes, ce qui en fait l'édition la plus lucrative jamais organisée. Pourtant, les préparatifs ont été émaillés de barrières à l'entrée, de chaos visés et de signaux d'alarme environnementaux.
Les obstacles à l'entrée se multiplient
Le supporter écossais Ivan Ralph fait partie des centaines de personnes dont l'autorisation ESTA a été soudainement révoquée. « Ils ne donnent pas de raison. Ils disent simplement que vous n'êtes pas autorisé à voyager aux États-Unis », explique-t-il. Ralph, qui s'était rendu aux États-Unis trois fois au cours de l'année écoulée sans incident, a obtenu un rendez-vous d'urgence à l'ambassade de Belfast pendant que son fils et sa fille prenaient déjà leur vol. D'autres supporters ont signalé avoir reçu des courriels d'annulation quelques heures seulement avant le départ. Le Premier ministre écossais John Swinney a demandé au consulat américain d'accélérer les examens.
Le monde entier est le bienvenu.
Omar Artan, considéré comme l'un des meilleurs arbitres d'Afrique, a été refoulé à la frontière américaine malgré un visa valide. Des journalistes iraniens et irakiens ont également rencontré des difficultés d'accès. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait à plusieurs reprises mis en avant sa relation avec Donald Trump comme une garantie d'ouverture, mais la réalité pré-tournoi impose une exclusion à grande échelle.
L'empreinte carbone explose
Le dossier de candidature promettait la Coupe du monde la plus propre de l'histoire. Au lieu de cela, le groupe militant SGR calcule que cette édition émettra 92 % de gaz à effet de serre de plus que la moyenne des décennies précédentes, en raison des distances considérables entre les villes hôtes et du nombre accru d'équipes.
Les supporters français prennent la route tandis que la police se prépare chez eux
Environ 600 membres de l'association des Irrésistibles Français ont décroché des packs « Follow My Team » qui garantissent des billets pour tous les matchs de l'équipe de France – finale comprise – pour 480 €. Matthias, qui suit Les Bleus depuis 2014, espère une revanche contre l'Argentine en finale. « On veut une finale contre l'Argentine parce que j'ai encore celle de 2022 en travers de la gorge », confie-t-il. Fabrice, qui voyage avec son fils adolescent, économise depuis deux ans et s'attend à des coûts locaux élevés, ce qui, selon lui, risque de compromettre l'ambiance dans les tribunes.
Parallèlement, les autorités françaises de sécurité publique ont émis une alerte nationale, avertissant que les matchs impliquant la Tunisie, le Maroc, l'Algérie, le Sénégal, le Portugal, la Turquie ou l'Iran pourraient provoquer des troubles dans tout le pays.
- Les autorisations ESTA de supporters écossais annulées sans explication
- Alerte de la police française sur d'éventuels troubles lors de certains matchs
- L'arbitre africain Omar Artan aurait été refoulé à l'entrée des États-Unis
- Début de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada
Une célébration sous tension
Le fardeau économique pour les supporters est lourd : le voyage avorté d'Ivan Ralph lui a déjà coûté près de 10 000 £. Avec 16 stades répartis sur un continent, les supporters sont confrontés à des voyages aériens incessants et à des budgets serrés. Alors que des voix éditoriales en France se demandent si l'on peut vraiment apprécier un tournoi dont « les paramètres sont tous dans le rouge », le fossé se creuse entre le discours fédérateur de la FIFA et l'expérience vécue par les supporters, les officiels et les communautés hôtes.


