
La police bolivienne arrête le conseiller présidentiel Fernando Cerimedo après la fusillade de l'avocate Nadia Beller
La police bolivienne a arrêté le consultant politique Fernando Cerimedo à l'aéroport de Viru Viru mardi à la suite de la fusillade de l'avocate Nadia Beller, 33 ans, devant un hôtel de Santa Cruz.
Agression armée devant un hôtel de Santa Cruz
Lundi soir, 17 août 2026, deux hommes armés déguisés en livreurs de repas ont attaqué l'avocate et militante politique bolivienne Nadia Beller, 33 ans, devant un hôtel de Santa Cruz de la Sierra. Les images de vidéosurveillance montrent les agresseurs s'approcher de Beller sur les marches de l'hôtel, tirer trois coups de feu à bout portant, puis lui dérober son téléphone portable et son sac à main avant de prendre la fuite. Les agresseurs ont d'abord tenté de s'enfuir à moto, mais celle-ci n'a pas démarré, les obligeant à s'emparer d'un autre véhicule à proximité. Beller a survécu à la fusillade en faisant le mort, et les médecins de l'hôpital ont indiqué que les balles avaient manqué ses organes vitaux. Elle a été admise dans une unité de soins intensifs d'une clinique privée de Santa Cruz, où le personnel médical a confirmé qu'elle restait consciente, orientée et sous stricte observation.
Arrestation à l'aéroport de Viru Viru
La police bolivienne a interpellé le stratège politique argentin Fernando Cerimedo mardi 18 août 2026 à l'aéroport international Viru Viru de Santa Cruz. Le commandant départemental de la police, David Gómez, a déclaré que les agents avaient placé Cerimedo en garde à vue suite à des informations faisant état d'un récent différend personnel entre lui et Beller. Selon des rapports, Cerimedo était arrivé par un vol intérieur en provenance de La Paz, tandis que des médias locaux ont également noté qu'il prévoyait de partir pour Buenos Aires. Cerimedo, cofondateur du média La Derecha Diario, sert de conseiller personnel au président bolivien Rodrigo Paz depuis l'entrée en fonction de ce dernier en novembre, et a précédemment travaillé sur les campagnes politiques du président argentin Javier Milei et de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro.
- Des hommes armés déguisés en livreurs tirent trois fois sur Nadia Beller devant un hôtel de Santa Cruz.
- La police arrête le conseiller politique Fernando Cerimedo à l'aéroport Viru Viru de Santa Cruz.
- Le procureur général Roger Mariaca confirme que les procureurs demanderont une détention provisoire pour Cerimedo.
Accusations depuis le lit d'hôpital
Depuis son lit d'hôpital, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision locale DTV, Beller a directement accusé Cerimedo d'avoir orchestré l'attentat contre sa vie. Beller, qui a déclaré être enceinte de quatre semaines de l'enfant de Cerimedo, a affirmé avoir été attirée à l'hôtel par un message anonyme promettant des preuves concernant une accusation contre l'ancien président de gauche Evo Morales. Elle a indiqué que Cerimedo l'avait encouragée à se rendre à cette réunion en lui assurant que des gardes du corps la protégeraient. Beller a déclaré que le téléphone portable volé contenait des documents sur des violences physiques et une tentative antérieure de fémicide, ainsi que des preuves d'affaires gouvernementales.
Tant que je ne parlerai pas directement au peuple bolivien, ils vont finir ce qu'ils ont tenté de faire. Ils finiront par prendre ma vie.
Motifs et contexte politique
Beller, ancienne candidate parlementaire pour le Mouvement vers le socialisme (MAS) de Morales en 2019, qui a ensuite travaillé avec l'administration Paz pour examiner des propositions législatives, a déclaré qu'elle pensait que l'attaque était liée à son opposition au décret 5503. Ce décret introduit des réformes économiques de libre marché, notamment la suppression des subventions publiques aux carburants instaurées sous les précédentes administrations socialistes. Beller a affirmé que Cerimedo et le gouvernement avaient préparé ces mesures, et a soutenu qu'elle détenait des informations sur une corruption au plus haut niveau.
Procédures judiciaires et réactions officielles
Après l'arrestation, le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, a confirmé que le ministère public avait ouvert une enquête formelle contre Cerimedo pour tentative de fémicide et a indiqué que les procureurs demanderont une ordonnance de détention provisoire. L'affaire a été transférée à la Force spéciale de lutte contre la criminalité (FELCC), où les enquêteurs examinent également d'éventuelles accusations de conspiration criminelle. Le vice-président bolivien Edmand Lara a déclaré que l'attaque armée menaçait la vie, la démocratie et la liberté d'expression, exigeant une enquête sans favoritisme. Le ministre bolivien du gouvernement, Marco Antonio Oviedo, a réitéré que les autorités de l'État poursuivraient l'affaire par les voies judiciaires normales.
Actuellement, M. Cerimedo est à la disposition des autorités compétentes et aujourd'hui l'enquête relève du ministère public. En Bolivie, personne n'est au-dessus de la loi et nous appelons à une enquête sérieuse et approfondie sur cette affaire.


